Magazine Le Mensuel

Nº 2900 du vendredi 7 juin 2013

Economie & Finances

Commission de supervision de la campagne électorale. Un gaspillage des deniers publics «scandaleux»

Lors d’une réunion tenue le 27 mai, le gouvernement démissionnaire a approuvé en un quart de tour la formation de la Commission de supervision de la campagne électorale, ainsi que l’autorisation d’allouer les crédits nécessaires au fonctionnement de cet organisme. «Un fait de plus inutile», comme l’a qualifié un ministre, puisque le report des législatives était déjà convenu entre les forces politiques. La commission a été formée de huit membres au lieu de neuf comme prévu par l’annexe de la loi électorale de 1960. Il a été impossible de trouver un président de Chambre des comptes retraité avec un titre honorifique à vie, choisi parmi les trois présidents de Chambre désignés candidats par la Cour des comptes. Mais le gros pavé jeté dans la mare par le gouvernement s’est traduit au niveau des caisses du Trésor par une mensualité de huit millions de livres attribuée au président de la commission et de six millions de livres à chacun de ses membres. Conformément aux dispositions de la loi, le comble de «l’hérésie» réside dans le fait que le mandat des membres débute au jour de la parution du décret de nomination sur décision du Conseil des ministres et prend fin six mois après la tenue des élections parlementaires. Les six mois des salaires mentionnés seraient considérés comme «des indemnités de fin de service». En un calcul rapide, le montant des dépenses se limiterait à 17 mois de salaires en plus des six mois d’indemnités, soit au total et jusqu’à nouvel ordre 23 mois. A ces sommes il faudrait ajouter le montant du loyer qui serait affecté aux réunions de cette commission et des budgets annexes qui seraient approuvés ultérieurement par le ministre de l’Intérieur, qui est en fait le ministre de tutelle de cette commission, pour le recrutement d’une ou de plusieurs équipes afin de l’assister dans sa mission.
Dans un premier temps, on est en droit de s’interroger sur la capacité de cette commission à accomplir sa tâche qui consiste principalement en une supervision des dépenses électorales dans les médias ou autres propagandes directes ou indirectes. Si on prend en compte simplement l’échec des gouvernements successifs depuis 1994 à mettre en œuvre la loi sur l’organisation de l’audiovisuel au moins pour ce qui a trait aux dispositions de l’article 13 du chapitre 4, qui stipulent que toutes les actions de la société médiatique soient des actions nominales et que chaque actionnaire, qu’il soit une entité morale ou physique, ne peut détenir d’une manière directe ou indirecte plus de 10% des actions de la société. La loi considère par ailleurs les conjoints, leurs ascendants et descendants comme une même personne. La quasi-unanimité des chaînes de télévision sont des sociétés familiales qui représentent un courant politique ou sont le porte-parole d’un parti. Mis à part ce fait, tous les membres de la commission ne sont pas des retraités. Certains d’entre eux sont même des salariés dans le secteur des médias. De quoi mettre en doute dans une certaine mesure leur impartialité. Lors d’une conversation informelle avec un ancien ministre, ce dernier a qualifié de «scandaleux» l’approbation de la formation de la commission de contrôle de la campagne électorale. L’ancien responsable a tout dit, il devient inutile d’en rajouter…  

Télécommunications. La 4G est arrivée
Bien qu’elle ne soit pas aussi rapide qu’annoncé (sept fois plus que la 3G, soit 150 megabytes), la 4G est désormais disponible au Liban. Dans une première étape, seule la majeure partie de la capitale est couverte, mais le service devrait s’étendre à la totalité de Beyrouth d’ici à fin 2013 et aux autres régions l’année prochaine. Entre-temps, Dbayé, Jounié et le Kesrouan seront couverts en novembre, tandis que les grandes villes comme Tripoli, Saïda et Zahlé accéderont à ce service en 2014.
Le déploiement de la 4G dépend de l’infrastructure et de l’équipement du pays en smartphones de la dernière génération qui sont les seuls à pouvoir fonctionner avec une carte SIM spéciale compatible. Ce service est accessible sur clés informatiques, tablettes, routeurs, routeurs sans fil et pour les appels et messages sur mobile d’ici fin juin.
Les forfaits mensuels s’échelonnent entre 99 dollars pour le plus petit forfait à 10 gigabytes, à 249 dollars pour le plus gros forfait à 100 gigabytes.
 
Immobilier. La niche syrienne   
Le P.-D.G. d’une holding qui regroupe 14 compagnies opérant dans 5 pays dans les secteurs des médias et de l’immobilier, a pris l’initiative de regrouper autour d’un dîner deux cents hommes d’affaires syriens et familles syriennes présents en ce moment au Liban. L’objectif était de leur présenter un état des lieux des projets résidentiels en cours dans diverses régions du pays. L’organisation du dîner-débat n’a pas été particulièrement difficile d’autant que la holding a des sociétés opérant à Damas, Alep et Lattaquié. La plupart des personnes qui ont répondu à l’invitation sont originaires d’Alep. Il y a un potentiel réel dans cette niche d’autant que les pères de famille planifient d’installer leurs familles au Liban et de monter une entreprise soit au Liban soit à Chypre. Une demande soutenue sur un projet à Sin el-Fil, moyen de gamme, comprenant des appartements résidentiels dont la superficie varie entre 80 m2 et 150 m2, a été sensiblement perceptible au sein de l’audience. En ce qui concerne un immeuble résidentiel haut de gamme, situé face à l’immeuble Lazariyé au centre-ville, l’appétit était plutôt modeste, cinq clients ont demandé d’avoir des détails supplémentaires sur le chantier en cours. Mais le détail le plus croustillant est celui de la disposition d’un nombre non négligeable d’hommes d’affaires syriens à investir dans des projets immobiliers au Liban dans le cadre de la formule Equity Investment ou prise de participation au capital de l’entreprise, ajoute le P.-D.G. qui ne cache pas son enthousiasme pour l’idée. Il s’inscrit par ailleurs en faux contre certains promoteurs et constructeurs qui affirment que depuis 2008, 80% des transactions immobilières ont été conclues avec des expatriés libanais. «Les expatriés représentent une réelle masse d’acheteurs sérieux et il n’y a pas lieu de paniquer si les acquéreurs arabes sont moins nombreux. Le phénomène ne date pas d’hier mais depuis cinq ans déjà», ajoute-t-il. Le promoteur ne semble pas inquiet pour l’avenir du secteur, mettant l’accent sur le prix de l’immobilier qui n’a jamais baissé depuis une trentaine d’années au Liban. La croissance démographique est de 1,8 en rythme annuel, alors que le parc de terrains constructibles diminue d’une part, en raison de la surface du Liban relativement petite et d’autre part, de l’interdiction récemment de la destruction des anciens immeubles à Achrafié, par exemple. Il souligne néanmoins que l’industrie de l’immobilier est devenue un secteur difficile à gérer, d’autant plus que les agents ont besoin de trouver de nouveaux moyens pour attirer les potentiels acheteurs. Il est loin le temps où un simple spot publicitaire flashy sur un bus ou une insertion dans un journal suffisait «pour faire l’affaire». Aujourd’hui, les acheteurs potentiels sont des technophiles. Il est impératif pour une promotion efficace de combiner les médias traditionnels et les médias numériques.

LILIANE MOKBEL

Related

Investissement Où en sont les placements du groupe Kharafi au Liban?

Alimentation. Le sandwich de shawarma attire les franchiseurs

Ministère de la Santé. Abou Faour pourrait-il éradiquer la corruption?

Laisser un commentaire


The reCAPTCHA verification period has expired. Please reload the page.