Magazine Le Mensuel

Nº 2864 du vendredi 28 septembre 2012

Santé

Infos santé

L’huile de coco
Bonne pour les dents

La noix de coco et l’huile qui en dérive sont déjà parées de nombreuses vertus. On vient de découvrir une nouvelle qualité de l’huile de coco. Elle aurait des propriétés antibactériennes notamment contre les bactéries qui s’attaquent aux dents. La version modifiée de l’huile de coco inhibe fortement la plupart des souches de streptocoques, y compris une bactérie produisant des molécules acides très dommageables pour les dents.

 

 

Imagerie médicale
Gare à la radioactivité

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) met en garde contre l’augmentation des doses de radioactivité délivrées aux patientes par imagerie médicale, en particulier par les scanners. Les scanners représentaient seulement 10% des examens mais 58% des doses reçues. A titre de comparaison, les radios dentaires constituaient près de 25% des actes, mais seulement 0,2% de la dose moyenne reçue par les patients. Les doses délivrées aux patients ont progressé de 47%. Il est donc nécessaire de maîtriser les doses de radioactivité délivrées dans un cadre médical.

 

 

La ménopause
Plus tôt chez les fumeuses

Tabac et fertilité ne font pas bon ménage. Chez la femme, le tabagisme avancerait l’âge de la ménopause d’environ deux à trois ans. Le tabagisme induit un phénomène quasi permanent d’oxydation. Ce stress oxydatif est responsable d’une baisse de la qualité des œstrogènes, l’hormone féminine. Ce processus altère donc le fonctionnement ovarien par son effet anti-œstrogène. C’est pourquoi les fumeuses sont ménopausées, en moyenne, un à deux ans avant les non-fumeuses. Mais le simple fait d’arrêter de fumer facilite, en quelque sorte, le retour à la situation antérieure et permet d’éviter l’apparition d’une ménopause précoce.

 

 

Le bio
Pas meilleur pour la santé

Une étude américaine n’a pas décelé d’avantages nutritionnels ou sanitaires significatifs à manger bio. Les aliments issus de l’agriculture biologique ne sont pas nécessairement meilleurs pour la santé que ceux produits par l’agriculture conventionnelle ou chimique. Une comparaison entre des aliments biologiques et conventionnels montre qu’il n’y a pas de différence significative entre les deux catégories de produits, que ce soit sur le plan des apports nutritionnels ou de la réduction des risques sanitaires.

 

 

Le ginkgo biloba
Inutile contre l’Alzheimer

L’effet protecteur de l’extrait actif du ginkgo biloba contre les démences liées au vieillissement n’a pas été confirmé, contrairement aux conclusions de plusieurs travaux scientifiques. Une étude conduite pendant cinq ans invalide cette propriété et estime que ce produit ne prévient pas le développement de la maladie d’Alzheimer ou freine sa progression. En cinq ans, 61 participants du groupe ayant pris le complément alimentaire ont été diagnostiqués comme souffrant probablement d’un Alzheimer contre 73 dans le groupe placebo. Une différence pas assez significative.

 

 

 

 

 

 

Les cigarettes électroniques
Non sans risque

Les cigarettes électroniques causent une résistance immédiate des voies aériennes. Les effets à très court terme seraient même manifestes. Les cigarettes électroniques sont présentées comme étant une alternative aux cigarettes classiques. Il s’agit d’un tube en plastique diffusant de la vapeur et équipé d’une diode rouge et qui pourrait potentiellement aider à arrêter la consommation de tabac. Les résultats de l’étude ont démontré que les participants qui avaient utilisé les cigarettes électroniques ont tous présenté cette augmentation immédiate de la résistance des voies aériennes après dix minutes d’utilisation.

NADA JUREIDINI

 

 


 

Une première mondiale
Greffe d’utérus entre mère et fille

Cette incroyable greffe a été réalisée en Suède. Deux jeunes femmes viennent chacune de bénéficier d’une greffe de l’utérus de leur propre mère. Avec pour objectif, celui de donner naissance à des enfants sains.

S’agit-il d’un nouvel espoir pour les femmes en mal de procréation de pouvoir un jour donner naissance à un enfant sain? L’avenir nous le dira. Pour l’heure, en tout cas, la performance mérite d’être saluée.
Des médecins suédois ont en effet annoncé avoir effectué une greffe chez deux patientes, des utérus de leurs mères respectives. L’annonce du succès de la transplantation a été faite via un communiqué de l’Université de Göteborg et de l’Hôpital universitaire Sahlgrenska, en Suède.
Comme pour toute greffe, les deux patientes, âgées d’une trentaine d’années, répondaient à des critères bien particuliers. Ainsi, l’une des deux jeunes femmes avait dû se faire retirer l’utérus après un traitement contre le cancer du col de l’utérus. Quant à la seconde, elle est née sans utérus.
Pour réaliser cette greffe, plus de dix chirurgiens ont participé aux opérations, sans aucune complication.
Les patientes receveuses vont bien, selon les médecins, mais sont fatiguées. Quant aux donneuses, leurs mères, elles sont déjà debout et devraient pouvoir rentrer à leurs domiciles respectifs.
Le directeur de l’équipe de recherche et professeur de gynécologie-obstétrique de l’Université de Göteborg, Mats Brännström précise tout de même que malgré le succès immédiat de ces deux greffes, rien n’est encore fait.
Les jeunes femmes devront attendre encore un an, avant de pouvoir entamer une procédure de fécondation in vitro avec leurs propres embryons congelés. Un délai qui permettra de savoir si l’utérus greffé est fonctionnel ou pas. Le succès de ces greffes dépendra de la naissance d’un enfant sain.
Car, pour l’heure, aucune grossesse n’a pu être menée à son terme sur un utérus greffé. Il y a quelques années, en 2002 puis en 2011, des greffes d’utérus avaient été effectuées en Arabie saoudite et en Turquie, sans succès.
Autre problème concernant la possibilité de donner naissance à un enfant sain et mené à terme, les traitements antirejet. Ceux-ci sont indispensables à la réussite d’une greffe, quelle qu’elle soit. Le Pr Israel Nizand, chef du pôle gynécologie-obstétrique au CHU de Strasbourg, en France, confie dans les colonnes du Figaro, qu’un tel traitement peut avoir «des conséquences non négligeables sur le fœtus en cas de grossesse». Toutefois, les risques de rejet de la greffe pourraient être moindres quand le greffon provient de la propre mère du patient. Les mères des deux patientes ont été choisies comme donneuses à cause de l’avantage immunitaire qu’offre la proximité familiale en cas de transplantation. Cela a déjà été prouvé avec les dons interfamiliaux de reins par exemple.
Autre difficulté dans la perspective d’une grossesse réussie, le développement du placenta. Faute d’un bon développement placentaire, l’enfant à naître est exposé à une venue prématurée et à un petit poids.

Greffe temporaire
Un autre paramètre à prendre en compte dans cette transplantation, c’est que la greffe, en l’état, n’est que temporaire. Les médecins suédois ont prévu d’explanter les deux utérus greffés, après que les deux patientes eurent eu, chacune, deux enfants au maximum. Car ils préfèrent ne pas exposer plus longtemps que nécessaire les patientes au traitement immunosuppresseur antirejet. Ce traitement ne se justifie que pour des greffes vitales et peut s’accompagner de lourds effets secondaires. Cette première sera, en tout cas, suivie avec attention, jusqu’à son épilogue, dans un an.

J.S.

 

Et l’éthique dans tout ça ?
Dans son parcours vers la greffe d’utérus de mère à fille, l’équipe de médecins suédois s’est frottée, outre les obstacles médicaux, à des questions d’éthique.
Qu’en est-il des risques consécutifs au prélèvement d’organes chez une personne vivante pour une greffe qui n’a rien de vital? On est loin ici de la question de vie et de mort, comme c’est le cas dans les greffes de rein, de foie ou de poumon, où les receveurs sont confrontés à une mort certaine faute de greffe.
En Suède, la question s’est posée et l’autorisation d’une telle transplantation n’a été délivrée par les autorités éthiques du pays que lorsque les chirurgiens ont assuré que leur but était uniquement thérapeutique. L’objectif affiché est de soigner les stérilités dont souffrent des patientes privées d’utérus depuis leur naissance ou pour raisons médicales.
Se pose également le problème de «la location d’utérus» ou encore de «la gestation pour autrui», si d’aventure, l’expérience suédoise réussissait avec la mise au monde d’enfants sains. Sur le plan émotionnel et psychologique, aussi, cette greffe interroge. Quels seront par exemple, les liens entre l’enfant à naître, sa mère et sa grand-mère ? Voilà une des questions, parmi bien d’autres, qui risque de se poser, en cas de succès.

 

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