Magazine Le Mensuel

Nº 2868 du vendredi 26 octobre 2012

Confidences Liban

Confidences Liban

Mikati à Washington… en 2013
Le Premier ministre, Najib Mikati, mettra le cap sur Washington au cours du premier trimestre 2013, rapporte-t-on de source gouvernementale. Une visite qui interviendra après la présidentielle américaine et qui portera sur les aides que les Etats-Unis comptent accorder à l’Armée libanaise, l’Administration américaine ayant pris la décision de lever l’embargo qui frappait la troupe en lui consacrant un budget assorti à un plan clair. Le président Mikati avait rencontré, en marge des réunions de l’Assemblée générale fin septembre, le président Barack Obama et la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton. Les trois responsables s’étaient promis de se réunir à nouveau après la présidentielle. Mme Clinton avait fait l’éloge de la politique de distanciation adoptée par le gouvernement pour éviter l’extension de la crise syrienne sur le territoire libanais, sachant que les Etats-Unis sont attachés à la stabilité du Liban et considèrent que la sécurité est une ligne rouge.

 

 


Nabih Berry ne sort plus
Le chef de l’Assemblée nationale, Nabih Berry, ne quitte plus Aïn el-Tiné depuis qu’il a été prévenu que sa vie était menacée. Non seulement il évite de se déplacer, mais aussi il ne se rend plus à sa demeure de Msayleh pour y passer le week-end. Même raison invoquée pour expliquer la suspension de ses visites au palais de Baabda où il avait l’habitude de se rendre tous les mercredis. Il compense son absence par des contacts intensifs avec le chef de l’Etat portant sur les dossiers de l’heure. Par ailleurs, Berry qui faisait une marche quotidienne dans les jardins entourant le siège de la deuxième présidence, a pris le pli de marche à l’intérieur de la grande salle avec ses visiteurs, avant le début des visites.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cap sur Athènes
C’est pour le début de l’année prochaine que le président Michel Sleiman a programmé une visite officielle en Grèce à la tête d’une délégation ministérielle, en réponse à une invitation qui lui a été adressée par les responsables grecs. Les pourparlers avec le président et les autorités grecs focaliseront sur les développements régionaux à la lumière des événements en Syrie, ainsi que sur des dossiers économiques. Egalement au programme, la signature d’accords bilatéraux de coopération dans plusieurs domaines.

TL aura son président
Le dossier de la désignation du P.-D.G. de Télé-Liban a été mis à feu vif à l’ombre du climat d’entente qui règne entre Baabda et Rabié au sujet des nominations administratives. Entente qui s’est reflétée sur les nominations judiciaires. Il semble que les veto qui frappaient le futur président de Télé-Liban soient tombés, c’est pourquoi le ministre de l’Information, Walid Daouk, s’attelle  à mener des consultations à ce sujet, en examinant les plans de redressement de la chaîne télévisée officielle préparés par les divers candidats. L’idée étant de remettre sur pied cette chaîne qui doit être le porte-parole de l’Etat et de sa politique axée sur la modération et l’union nationale.

 

 

ZEE: toujours pas d’issue
Les responsables de l’Administration américaine reprochent au Liban de ne pas avoir adopté le règlement proposé par l’ambassadeur Frederick Hoff concernant le conflit libano-israélien sur le tracé des frontières de la zone économique exclusive en Méditerranée (ZEE). La formule consensuelle avancée par le diplomate américain n’avait pas été agréée par le Liban qui s’est insurgé contre le comportement d’Israël et réclamé la libération des 850 km2 de surface maritime sous mainmise de Tel-Aviv. Le plan Hoff incite le Liban à entamer les travaux d’extraction du gaz dans l’espace non controversé, quitte à régler la question des 850 km2 ultérieurement.

 

 

Des aires de stationnement
Nombre de conseils municipaux ont décidé de contribuer à l’allègement du trafic routier et du chaos des stationnements interdits. Ils implanteront des parkings dans leur région via des expropriations de terrains inaptes à la construction ou délaissés par leurs propriétaires immigrés et non réclamés depuis des années par les héritiers. Le ministre de l’Intérieur a demandé à ces municipalités de soumettre leurs demandes d’expropriation afin de les examiner et d’éviter tout abus ou malversation. Les organes de sécurité ont d’ailleurs entamé l’étude des dossiers et les inspections sur le terrain, alors que les municipalités concernées envisagent de construire des parkings à plusieurs étages comme cela se fait partout dans le monde, capables de contenir un nombre plus grand de voitures.

 

 

 

Deal or no deal
Un responsable, qui suit de près le dossier des nominations à la Fonction publique, révèle l’existence d’un échange de bons procédés entre un leader du 8 mars et l’évêque grec-orthodoxe de Beyrouth, Mgr Elias Audi. Le leader s’engage à soutenir le candidat de l’évêque au poste de mohafez de Beyrouth en contrepartie, le prélat grec-orthodoxe appuiera le candidat de ce leader aux prochaines législatives. Sans confirmer l’existence de ce «deal», des sources informées signalent que ce pôle de la majorité tente de relier les nominations administratives notamment celles du mohafazat de Beyrouth aux législatives dans la première circonscription. Le ministre de l’Intérieur dément ces informations et affirme qu’il a lui-même supervisé, de concert avec le président du Conseil de la Fonction civile et le ministère du Développement administratif, les entrevues avec les candidats à ce poste pour lequel 3 des 22 postulants ont été sélectionnés.

 

 

 


Chaos au port
Scandale au port de Beyrouth où règne le chaos à divers niveaux administratifs. L’affaire révélée par une chaîne de télé locale a amené le ministre des Transports, Ghazi Aridi à annoncer, mercredi passé à partir de Baabda où devait se tenir un Conseil des ministres, que les pertes enregistrées par le Trésor à cause des malversations au port s’élevaient à 1 milliard 600 millions de dollars. Ainsi a-t-on découvert que les frais de douane ont reculé alors que les importations augmentaient. Le gouvernement a demandé à la justice de se saisir du dossier et a décidé d’accélérer la nomination d’un directeur général des Douanes, ainsi que du président et des membres du Conseil supérieur, pour activer les mécanismes d’inspection du contenu des containers.

 

 

Le mufti Kabbani indésirable
Si le Moustaqbal a déclaré le mufti de la République, Mohammad Rachid Kabbani, indésirable aux funérailles du général Wissam el-Hassan, c’est que la tension entre Dar el-Fatwa et l’ex-président Saad Hariri n’a cessé de s’amplifier ces deux dernières semaines. Des sources informées estiment que le différend est dû à la décision du mufti d’organiser les élections du Conseil supérieur islamique chérié, en accord avec le président Mikati, alors que Saad Hariri en avait réclamé l’ajournement jusqu’à son retour au Sérail, histoire de consolider son leadership sunnite. Sachant que le mufti avait consenti à proroger le mandat du Conseil actuel et à reporter les élections une première fois à la demande des leaders sunnites dont Saad Hariri. Cheikh Mohammad Kabbani avait tenté d’obtenir un consensus sunnite pour amender le décret 18 portant sur l’organisation de Dar el-Fatwa, mais la commission chargée d’examiner les amendements à apporter à ce décret n’a pas achevé ses travaux. Le mandat prolongé du Conseil islamique chérié prend fin le 31 décembre 2012. La Direction générale des Awkafs islamiques, rattachée à Dar el-Fatwa, aurait déjà entamé les préparatifs des candidatures.

 

 

Les camps en mutation
On parle d’un recul d’influence des organisations palestiniennes dans les camps de réfugiés au Liban, en faveur de mouvements islamistes, tels le «Conseil des imams et des prédicateurs » ou le Comité islamique des ulémas qui, pendant longtemps, ont rendu des services sociaux importants à la population. Ces «associations» se sont converties à l’action jihadiste politico-militaire. Les tiraillements entre les organisations armées traditionnelles et ces comités islamistes s’intensifient, chacun aspirant à étendre son hégémonie sur les camps, surtout après le déclenchement de la rébellion en Syrie et la dissociation du Hamas de l’axe Damas-Téhéran pour rejoindre l’axe turco-arabe. Les milieux palestiniens qui rapportent ces infos constatent un changement dans la carte politique des camps sans savoir si ces modifications sont dues à Hamas ou à l’argent des Emiratis et des Turcs. Les résultats de cette mutation se manifestent par la «sortie» de combattants islamistes palestiniens des camps pour mener le jihad en Syrie et ailleurs. L’islamisme politique palestinien, lui, encourage la mise sur pied de camps d’entraînement secrets -comme cela s’est produit à al-Rafid dans la Békaa- Ouest- ainsi que l’engagement dans les combats qui se déroulent à Beyrouth et à Tripoli, et le passage de jihadistes syriens et autres arabes vers le territoire syrien. Les organisations palestiniennes ont démenti leur implication dans les incidents sécuritaires à Beyrouth, surtout à Tariq Jdidé, et affirmé leur neutralité et leur souci de sauvegarder la sécurité dans le pays.

 

La portée d’une visite
La visite de Najib Mikati au Qatar a revêtu une importance particulière. Le financement par Doha d’une cité sportive à Ansar au Sud et sa contribution à la construction de l’école libanaise dans cette localité ne sont pas l’essentiel. Mikati, dit-on, aurait donné un coup de pouce diplomatique au Qatar pour consolider son rôle régional via la portière libanaise. Ils doutent que le numéro trois libanais ait abordé avec l’émir Khalifa Ben Thani la question d’une nouvelle loi électorale garante de l’équilibre au sein du prochain parlement, de la coexistence après les législatives de 2013, et respectueuse des accords de Doha. Le Qatar, qui a essuyé un échec en Syrie, profiterait du coup de pouce proposé par Mikati. Tout cela reste tributaire du positionnement de l’Arabie saoudite qui souhaiterait, comme le disent certains voir un nouveau gouvernement présidé par Tammam Salam ou une autre personnalité sunnite modérée superviser les législatives sur la base de la loi de 1960.

Redistribution sunnite
La crise financière chronique du Moustaqbal et des institutions du président Saad Hariri a amenuisé quelque peu l’influence de ce courant à Beyrouth et dans les régions. Une source, proche du parti, indique que celui-ci a perdu la moitié de sa force structurelle à Beyrouth au cours des deux dernières années. Ainsi les partisans du Moustaqbal sont désormais concentrés à Tarik Jdidé, seul quartier quasi exclusivement sunnite de Beyrouth. Des dizaines de jeunes de Khaldé, Aramoun, Nahmé jusqu’à Saadiyate auraient renoncé à leur engagement dans le courant haririen pour des raisons d’ordre financier, ayant été séduits idéologiquement et financièrement par les organisations islamistes fondamentalistes. Ainsi, à Haret Naamé, les lieux de culte des salafistes extrémistes ont atteint le nombre de quatre. Quant au problème à Tarik Jdidé, ajoute la source, il serait lié au manque de charisme d’Ahmad Hariri, à son expérience quasi nulle en matière d’organisation et à la priorité qu’il donne à ses préoccupations politiques et électorales à Saïda.

 

Les condoléances éclair du Hezbollah
Quelques heures après l’attentat d’Achrafié, le responsable du département de liaison et coordination du Hezbollah, Wafic Safa, s’est rendu à la Direction générale des FSI pour présenter les condoléances de son parti au général Achraf Rifi. Les connaisseurs savent bien que le général Hassan avait tenu à garder le contact avec le Hezbollah.

 

 

 

 


 

Bkerké à égale distance dans le Kesrouan
«Bkerké n’a pas l’intention d’intervenir dans les élections du Kesrouan ni dans n’importe quel autre district chrétien. La seule chose qui lui importe est que les élections se déroulent dans un climat sain et selon une loi produisant une représentation équitable». Après ces déclarations, Mgr Samir Mazloum a souhaité que chaque courant ou parti expose son programme et que le meilleur gagne.

 

 

 

 

 

Proposition alléchante
Les «Khalil» des deux courants chiites des forces du 8 mars, Ali Hassan et Hussein, auraient proposé au député Walid Joumblatt, en contrepartie de son soutien à la proportionnelle,  un avantage sur les sièges revenant à sa communauté (y compris l’actuel occupé par un député d’Amal). Seule une place serait réservée dans l’hémicycle au député Talal Arslan. Walid Bey n’a pas encore accordé d’importance à cette offre.

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