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Nº 2889 du vendredi 22 mars 2013

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Santé

La Santé, usage du «sage». «Je suis un personnage, donc un mythe»

A l’occasion de la Fête des mères, l’Université La Sagesse a organisé, le 23 mars dernier, un séminaire portant sur la santé des femmes et de leurs enfants, en collaboration avec la revue al-Ghiza’ el-sehhi (L’alimentation saine).

Selon la Charte des Nations unies, «être en bonne santé est un des droits fondamentaux de tout être humain, sans distinction de race, idées politiques ou conditions socioéconomiques et sociales». La notion de santé a évolué au fil des ans. A titre d’exemple, dans la Rome antique, Cicéron disait que «la santé procure l’absence de douleurs et la possibilité d’accomplir les fonctions du corps». Confondu avec l’élégance sophistiquée, le dandysme, un mode de vie, un état d’esprit et de bien-être, a, lui aussi, traité de la notion de santé. «Le corps [n’est pas] le tombeau de l’âme». Il a ses besoins et ses désirs et il nous les réclame. C’est ainsi, qu’apparu au XIXe siècle, le dandysme, «se maintient dans le défi» et se veut «une utopie incarnée» répondant aux appels de corps en détresse. Au début du XXe siècle, Claude Bernard, maître à penser de la médecine expérimentale, affirmait que «c’est par l’activité normale des éléments organiques que la vie se manifeste à l’état de santé». Dans le même sens, Leriche précisait, en 1936, que «la santé, c’est la vie dans le silence des organes». C’est dans ce cadre que le séminaire fut introduit par Virginie Farah Bchouty à l’Université La Sagesse. Après avoir brièvement présenté la revue et son contenu, ce fut au tour d’Antoine Sayegh, directeur général, d’exposer les enjeux sanitaires et d’insister sur l’importance de ce genre de journalisme spécialisé puisque le thème de santé concerne chaque individu dans son vécu quotidien. Les problèmes écologiques et la nécessité de préserver l’environnement ont été les deux questions fondamentales sur lesquelles s’est attardé Maître Antoine Chakhtoura, maire de Dekouané. Le respect de la nature exigeant d’abord un respect de soi et du corps, la diététicienne Lina Rahhal a précisé, pour sa part, qu’une alimentation équilibrée assurerait un certain confort physique et intellectuel, précisant que les problèmes d’anorexie et d’obésité deviennent de plus en plus fréquents de nos jours. Dans le même ordre d’idées, le Dr Rafqa Abou Habib et le Dr Assaad Makdessi ont tous deux souligné les risques du cancer du sein et du col de l’utérus, ainsi que les dangers dus aux fluctuations du poids.

Natasha Metni
 

Trois questions à Nathalie Khoury
La rédactrice en chef d’al-Ghiza’ el-sehhi répond aux questions de Magazine.

 

Quelle est votre spécialité dans la santé? En quoi consiste votre travail?
Je ne suis pas spécialiste en matière de santé, je suis rédactrice en chef de la revue al-Ghiza’ el-sehhi. J’ai toujours aimé la biologie, vu que c’est un domaine à la portée de tous, et je rédige des articles à ce propos.

 

Quelle est votre définition de la santé et d’une vie saine?
La santé, à mon avis, est un état de bien-être physique, mental et social. Elle ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. La santé, c’est aussi la prévention, la nutrition, le mode de vie, l’hygiène, etc. Il s’agit toutefois de ne pas tomber dans les excès.

 

Bonheur et santé ont-ils beaucoup en commun? Quelle est la part de mythe dans cette relation?
La relation est très étroite entre les deux. La santé affecte la psychologie de tout être. Une bonne hygiène de vie est souvent liée au ressenti heureux ou malheureux de la personne. Eviter le stress en aimant, en étant heureux, en éprouvant du plaisir, en pratiquant une activité physique régulière, contribue à maintenir une bonne santé. Les progrès considérables de la médecine et la surveillance sérieuse de sa nourriture peuvent nous permettre de mener une vie saine sans fatigues inutiles et ce jusqu’à un âge avancé.

Propos recueillis par Natasha Metni

 


 

L’atrophie vaginale
Ne laissez pas votre douleur muette

L’atrophie vaginale touche une femme ménopausée sur deux. Cette condition chronique, mieux connue sous le nom de sécheresse vaginale, est largement négligée par les femmes, et un grand nombre d’entre elles hésitent à en parler avec leur médecin en raison de leur embarras ou des tabous culturels.

Les symptômes d’une atrophie vaginale affectent la vie quotidienne des femmes touchées. Ils influencent la santé générale de la femme, son intimité sexuelle, ses relations interpersonnelles et sa confiance en soi. Caractérisée par l’amincissement et l’inflammation des muqueuses vaginales en raison d’une baisse des taux d’œstrogènes, l’atrophie vaginale apparaît généralement vers l’âge de 45-55 ans.
Les femmes au Liban savent très peu sur l’atrophie vaginale et hésitent à soulever ce problème avec un professionnel de la santé. Selon les spécialistes, elles doivent s’exprimer plus ouvertement sur ce qu’elles vivent, particulièrement dans le cas de l’atrophie vaginale, puisqu’il s’agit d’une pathologie qui ne disparaîtra pas spontanément mais, bien au contraire, a tendance à s’aggraver avec le temps, contrairement à d’autres symptômes de la ménopause comme les bouffées de chaleur. Si elle n’est pas traitée à temps, cette maladie peut provoquer des changements urogénitaux irréversibles pouvant aller jusqu’à l’incontinence urinaire chez certaines femmes. «Les médecins doivent, pour leur part, soulever systématiquement la question de la santé vaginale avec leurs patientes ménopausées, afin de discuter des options de traitement appropriées pour améliorer leur qualité de vie», déclare le Dr Fayçal el-Kak, président de la Société libanaise d’obstétrique et de gynécologie. Selon lui, les symptômes de l’atrophie vaginale comprennent la sécheresse vaginale, une sensation de brûlure, des démangeaisons et des douleurs au niveau du vagin, des rapports sexuels douloureux, de légers saignements au cours des rapports sexuels, un besoin urgent d’uriner, une incontinence urinaire et des infections urinaires à répétition.
L’atrophie vaginale provoque donc de la douleur et de l’inconfort à cause des changements physiologiques importants qui résultent d’une baisse prolongée du taux d’œstrogènes: la paroi vaginale devient plus mince, moins élastique et plus sèche, et les secrétions lubrifiantes diminuent. Une carence en œstrogènes entraîne également une diminution de l’acidité des sécrétions vaginales, ce qui prédispose aux infections.

Une solution efficace
Près de 120000 femmes libanaises de 45 à 60 ans souffriraient d’atrophie vaginale. La plupart d’entre elles restent à ce jour non traitées. A long terme, l’atrophie vaginale peut entraîner des complications sérieuses chez certaines femmes. Selon les spécialistes, des traitements sûrs et efficaces permettent de soulager les symptômes de l’atrophie vaginale, et ce, en réduisant ou même en inversant les changements physiologiques provoqués par la perte d’œstrogènes, ce qui permet d’améliorer la qualité de vie de la femme. Il s’agit de l’administration locale de très faibles doses d’œstrogènes qui n’atteindront la circulation sanguine qu’en quantités très minimes, ne dépassant pas les taux sanguins physiologiques d’une femme à l’âge de la ménopause. Une enquête internationale menée sur 3520 femmes post-ménopausées démontre que près de la moitié d’entre elles souffrent des symptômes d’atrophie vaginale, et que 63% ne reconnaissent pas en l’atrophie vaginale, un état chronique nécessitant un traitement continu de la cause sous-jacente, et finalement, que plus de 90% des femmes attribuent ces symptômes à d’autres causes telles que les champignons vaginaux ou les infections de la vessie.

NADA JUREIDINI
 

Briser le silence
Des actrices du célèbre film Et maintenant on va où? ont participé à une campagne de sensibilisation organisée par Novo Nordisk conseillant les femmes en âge de ménopause de ne pas souffrir en silence des symptômes urinaires/génitaux. Un documentaire réalisé par Zoya Awky, responsable académique à la NDU (Université Notre-Dame de Louaizé), a démontré l’impact de la ménopause sur la vie des femmes.

 

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