Magazine Le Mensuel

Nº 2892 du vendredi 12 avril 2013

Presse étrangère

Questions sur l’avenir

Si la presse internationale s’est particulièrement intéressée à la nomination de Tammam Salam, elle rappelle surtout que le Liban reste un terrain d’étalonnage des grandes forces régionales.

La Croix
La sortie du nouveau livre de Tracy Chamoun Le sang de la paix fait l’objet de nombreux articles dans la presse française comme dans La Croix. Extraits de l’ouvrage.
«Les chrétiens du Liban doivent reprendre un rôle de médiateur, de lien entre les communautés du pays. Un nouveau leadership doit émerger qui les conduise à se recentrer. Par rapport aux coalitions politiques actuelles, il faut privilégier des solutions plus libanaises, moins confessionnelles, plus nationales». «Un scrutin proportionnel sur une base nationale nous serait plus favorable que le système actuel, car le vote est réparti sur tout le territoire et dans toutes les communautés». «Au Liban, les gens n’ont pas l’habitude de personnages qui viennent à l’heure, qui répondent aux questions pendant deux heures. J’essaie d’écouter, d’être disponible, de me mettre à leur service, de pratiquer la compassion et d’avoir un esprit de service public. Ce type d’attitude manque au Liban, où les politiciens ont l’habitude d’acheter les votes. Or, quand on achète un vote, on ne doit plus rien à l’électeur. Au contraire, c’est ce dernier qui se met à votre service».

 

The Financial Times
The Financial Times titre sans ambages: Le Liban est à nouveau la girouette du Moyen-Orient. Le Hezbollah a probablement compris que la Syrie pourrait le laisser du mauvais côté de l’Histoire. Etat soi-disant souverain, le Liban reste un champ de bataille pour les grandes puissances régionales. Démêler les menaces qui pèsent sur le Liban, entre la Syrie et Israël, et entre l’Iran et l’Arabie saoudite, est toujours difficile. Le dernier changement du gouvernement n’en est que le dernier soubresaut.
La démission du gouvernement rouvre les pages noires de la guerre civile et communautaire du Liban. Une guerre ne serait pas seulement une tragédie nationale, mais aussi une bombe régionale. La lutte entre le régime alaouite de Bachar el-Assad et l’insurrection sunnite fait de la Syrie la nouvelle ligne de front de la guerre fratricide entre sunnites et chiites, ravivée par l’invasion anglo-américaine de l’Irak il y a une décennie.
Dans ce contexte, le comportement récent du Hezbollah paraît déconcertant. Il semble que le parti se soit résigné à abandonner Najib Mikati, dont le gouvernement pourtant semblait avoir ses bonnes grâces. Pourquoi le Hezbollah aurait permis l’arrivée au pouvoir de Tammam Salam, proche de l’opposition et de l’Arabie saoudite? Peut-être parce que l’Iran a entériné la chute du régime syrien, et que la priorité du Hezbollah devient libanaise.

Le Monde
Dans le journal Le Monde, Laure Stéphan s’inquiète de la multiplication des enlèvements entre chiites et sunnites.
Barrages renforcés, soldats en sentinelle: l’Armée libanaise est sur le qui-vive dans le nord-est de la plaine de la Békaa, une région frontalière de la Syrie classée en zone rouge par plusieurs ambassades occidentales. Depuis quelques jours, même les habitants évitent de se déplacer à la nuit tombée. Dans cette région délaissée de longue date par l’Etat, où les enlèvements crapuleux se multiplient depuis plus d’un an, cette affaire a attisé les tensions confessionnelles. Car le nord-est de la Békaa est en ébullition, alors que la guerre civile syrienne se déroule à quelques kilomètres de là et que les deux camps recrutent parmi les Libanais.
Le chaos règne désormais dans la zone frontalière. «Depuis près de deux mois, les trajets vers la Syrie sont plus dangereux. L’armée syrienne, à laquelle on payait un bakchich pour passer, a quitté ses positions dans la montagne. Elle a été remplacée par les rebelles et les gangsters pullulent», témoigne Abou Jawad, un contrebandier de Ersal qui livre du mazout en Syrie. Et alors que le moral des habitants de Ersal est gonflé par les succès récents de la rébellion syrienne, le doute s’installe à Laboué. Le Hezbollah, principal parti de la communauté chiite, reste perçu comme un rempart.

Julien Abi Ramia
 

The New York Times

La vitrine libanaise de Brooklyn
Cette semaine, The New York Times s’est intéressé à un restaurant libanais de New York. Les grands-parents, puis les parents du barbu de 46 ans Roger Salem et de sa sœur de 60 ans Nalie, étaient les propriétaires d’une petite boulangerie du village grec-orthodoxe de Btourram, dans le Koura. «Nous aurions pu la reprendre», explique Roger. Mais la guerre civile en a décidé autrement. Roger avait 17 ans lorsqu’il s’est installé dans le quartier bohème de Park Slope.

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