Magazine Le Mensuel

Nº 2915 du vendredi 20 septembre 2013

Cinéma en Salles

Haines et Passions. Plongée au cœur du cinéma d’Almodóvar

Du 24 au 29 septembre, Cinéma Métropolis à l’Empire Sofil accueille un cycle dédié aux premières œuvres du cinéaste espagnol Pedro Almodóvar. Un cycle de six films sous l’intitulé Haines et Passions à l’image de sa filmographie.
 

A la fin des années 90, voire plutôt au début du millénaire, les cinéphiles de tout poil tombent sous le charme d’un film coup de poing venu tout droit d’Espagne: le célèbre Tout sur ma mère de Pedro Almodóvar, qui a notamment remporté l’Oscar 1999 du meilleur film en langue étrangère, ainsi que le prix de la mise en scène au Festival de Cannes 1999, sans oublier ses multiples Goya. Et, depuis, le succès du cinéaste espagnol ne fait que croître auprès d’un public de plus en plus fidèle. Certes, il avait avant réalisé d’autres importants longs métrages, tout aussi détonants, salués internationalement, à l’instar de Femmes au bord de la crise de nerfs et Talons aiguilles, mais c’est surtout Tout sur ma mère qui le propulsera définitivement au-devant de la scène, peut-être plus particulièrement au Liban où les cinéphiles se mettent alors à guetter toute sa cinématographie.
L’association Métropolis, l’institut Cervantes de Beyrouth et l’ambassade d’Espagne au Liban, en collaboration avec l’Institut français du Liban, présentent au public un cycle hommage à Pedro Almodóvar: Odios Y Passiones (Haines et Passions) du 24 au 29 septembre. La particularité de ce cycle est de mettre en avant les premières œuvres du cinéaste, celles qui ont précédé la réalisation de Tout sur ma mère, qui sera d’ailleurs projeté en ouverture, le mardi 24 du mois. «Notre but à travers ce cycle est de nous pencher sur la décennie formatrice des années 80, qui, bien que n’étant pas la plus connue, nous permet de suivre ses progrès et les prémices de sa production».
Membre du mouvement culturel La Movida, qui appelle à la recherche de la liberté, fruit de la transition de la dictature à un modèle démocratique après la mort de Franco en 1975, Almodóvar introduit dès son premier film, Pepi, Luci, Bom y otras chicas del montón, sa touche particulière: un univers hybride de l’esthétique punk et un certain naturalisme à la fois populaire et urbain, qu’il développera et étoffera plus tard. Principale référence dans le panorama cinématographique mondial, il se distingue par les thèmes qu’il aborde; le lumpen de la banlieue, soit donc les prolétaires n’ayant pas de conscience de classe, la réalité marginale de personnages complexes et apparemment provocateurs qui s’articulent entre haines et passions. Autant de thèmes qui lui permettent de transmettre l’ambiguïté de l’être humain à travers un langage universel et une remise en question de la morale bourgeoise. 


Nayla Rached

Au programme
Mardi 24
Todo sobre mi madre (Tout sur ma mère)- 1999.
Mercredi 25
Qué he hecho yo para merecer esto? (Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça?) – 1984.
Jeudi 26
La ley del deseo (La loi du désir) – 1987.
Vendredi 27
Mujeres al borde de un ataque de nervios (Femmes au bord de la crise de nerfs) -1988.
Samedi 28
Tacones lejanos (Talons aiguilles) – 1991.
Dimanche 29
Kika -1993.
Tous les films sont en espagnol, sous-titrés français.
Toutes les projections débutent à 20h.
Prix du billet: 6 000 L.L.
www.metropoliscinema.net

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