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Nº 3000 du vendredi 8 mai 2015

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Nagi Gharios, député de Baabda. Présidentielle: l’erreur de Doha ne se répétera pas

La rencontre qui a eu lieu entre le général Michel Aoun et sayyed Hassan Nasrallah, ainsi que l’actualité politique, la présidentielle et les nominations sécuritaires ont fait l’objet d’un entretien avec le député Nagi Gharios, membre du Bloc du Changement et de la Réforme.  
 

Que pouvez-vous nous dire au sujet de la rencontre qui a eu lieu entre le général Michel Aoun et sayyed Hassan Nasrallah?
Cette rencontre a été motivée par la situation actuelle et les tensions provoquées par la question de la législation d’exception et les incidents du Qalamoun. Le général Aoun et sayyed Nasrallah ont également évoqué la présidentielle et les nominations sécuritaires. Nasrallah a assuré encore une fois Aoun de son total appui et de son support pour la présidence.

Le Hezbollah va-t-il appuyer la nomination du général Chamel Roukoz à la tête de l’armée?
Bien que le général Chamel Roukoz soit le gendre du général Aoun, ceci n’ôte rien à ses qualités et ses compétences. Le Hezbollah n’est pas contre Roukoz et le général Aoun n’a jamais demandé qu’il soit nommé à la tête de l’armée, car il est son gendre. Tout ce qu’il réclame c’est l’application de la loi et la nomination de la personne la plus qualifiée à ce poste. Le dossier de Chamel Roukoz parle de lui-même. Aoun n’a pas été voir Nasrallah pour parler de la nomination de celui-ci. Ce n’est pas le genre d’homme à demander ce type de requête. Pourquoi la Chambre vote-t-elle des lois si celles-ci ne sont pas appliquées? La loi de la défense est très claire. Les nominations se font sur la base de l’ancienneté et des qualifications. On choisit par ordre d’ancienneté et, en cas d’égalité, on procède à l’étude des dossiers et on choisit le plus qualifié. Le Conseil des ministres est tout à fait habilité à procéder à ces nominations. Si certains ministres sont incapables de nommer quelqu’un, qu’on examine son dossier. La politique n’intervient pas dans cette affaire. Pourquoi se quereller si la loi est claire? A quoi sert alors une loi si elle n’est pas applicable? Nous n’avons pas de différend avec le président Nabih Berry ou avec quiconque. Les nominations sont permises et elles sont du ressort du Conseil des ministres. Si le gouvernement est incapable de prendre une décision, qu’il aille à la maison.

Mais vous faites partie de ce gouvernement…
Même si on en fait partie. Ceci vaut pour tout le monde lorsque les ministres sont incapables de prendre des décisions.

Où en sommes-nous dans la question de la présidentielle?
L’erreur commise à Doha et qui a mené à l’élection de Michel Sleiman à la présidence ne se répétera pas. Malheureusement, ce qui se passe aujourd’hui est un pari sur le facteur âge. Ce procédé est appliqué par les Américains et les Français et ceci n’a rien à voir avec la politique. J’appelle cela de la «prostitution». Comme l’a déjà dit le général Aoun, ceux qui misent sur le facteur temps seront perdants.

Où en sont les négociations entre le CPL et les FL?
Elles continuent et sont sur la bonne voie. Nous avons jeté les bases d’une entente avec les Forces libanaises sur plusieurs questions et nous verrons à l’avenir si elles seront appliquées. Les personnes lésées par un rapprochement entre le CPL et les FL lancent des rumeurs de toutes sortes. Il y aura d’ailleurs bientôt une déclaration d’intentions. Nous n’avons de différends avec personne. C’est d’une différence d’opinion dont il s’agit. S’il n’y a pas de différence d’opinion, on se fondrait l’un dans l’autre. C’est cette divergence qui crée le dialogue et qui mène à une entente. C’est l’essence même de toute démocratie. Chaque parti qui ne travaille pas en fonction de l’édification d’un Etat, d’une patrie, n’en est pas un. La patrie n’est pas un hôtel qu’on quitte à la première difficulté. Aujourd’hui, il faut travailler pour la récupération par les émigrés de leur nationalité libanaise et voter les lois adéquates. Si nous appuyons ce projet, ce n’est pas pour des questions confessionnelles étroites, mais pour exaucer le vœu des émigrés, qui veulent retrouver leur nationalité libanaise. C’est le meilleur moyen d’établir une forte relation entre les Libanais résidants et ceux de la diaspora.
 

Propos recueillis par Joëlle Seif

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