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Nº 3011 du vendredi 24 juillet 2015

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Relation CPL-Futur. Une seule position, deux interprétations

Le regard porté sur l’ancien Premier ministre, Saad Hariri, et ses dernières prises de position sont lus de manière opposée dans les milieux de Rabié.
 

Il y a ceux, dont le général Michel Aoun fait partie, qui lui accordent des excuses et qui ne veulent pas rompre les liens avec lui. Ceux-là considèrent qu’il est sincère, mais incapable de tenir ses engagements pour des raisons indépendantes de sa volonté et parce qu’il ne détient pas le pouvoir de décision. Il y a d’autres, dont les proches et l’équipe du général Aoun, qui estiment que Hariri n’est pas sincère, bien au contraire, qu’il est rusé, trompeur et ne tient pas ses promesses.
Les réactions au dernier discours de Saad Hariri au Biel sont, elles aussi, interprétées de manières différentes. Certains y ont vu qu’il a manifesté une grande intelligence politique, qui l’a poussé à se plier devant la tempête aouniste au lieu de l’affronter, sachant que dans ce cas-là, il aurait renforcé la popularité de Aoun et embarrassé ses propres alliés chrétiens. D’autres y ont vu, au contraire, une tentative d’absorber d’abord l’effet boule de neige de la rue chrétienne, qui a commencé à naître avec la mobilisation du Courant patriotique libre. S’agissant de l’élection présidentielle et de la nomination d’un commandant en chef de l’armée, Hariri est apparu sur la défensive en présentant des arguments pour justifier son refus, sans pour autant utiliser des propos clairs et précis dans sa défense.
A l’intérieur du Courant du futur, les avis sont également partagés sur l’approche et l’avenir de la relation avec le général Michel Aoun. Des sources proches du président Saad Hariri révèlent que deux points de vue sont apparus clairement dans les dernières réunions à Riyad entre Hariri et les principales figures du Courant du futur. Le premier, représenté par Fouad Siniora, estime qu’«il faut profiter des circonstances difficiles que connaît Aoun pour le briser, en particulier du fait de l’isolement politique qu’il traverse, après avoir été lâché par ses alliés, le Hezbollah qui ne l’a pas suffisamment appuyé, ainsi que son échec à mobiliser la rue chrétienne». Le deuxième point de vue, représenté par le ministre de l’Intérieur Nouhad Machnouk, Nader Hariri, le conseiller Hani Hammoud et même Bassem Sabeh «préfère dialoguer avec Aoun et le rencontrer à mi-chemin».
Selon les observateurs du Courant du futur, dans le dernier discours de Saad Hariri c’est le deuxième camp, formé par les quatre personnes mentionnées ci-dessus qui sont, depuis plus d’un an, les artisans de l’ouverture et de la relation avec le leader du CPL, qui l’a emporté. D’ailleurs, la différence de position et de langage entre Machnouk et Achraf Rifi est flagrante s’agissant du général Michel Aoun. Rifi a lancé une attaque virulente contre Aoun, l’accusant d’être l’outil d’un projet iranien, affirmant de manière catégorique qu’il ne sera jamais président. Quant à Nouhad Machnouk, il a appelé à une solution intermédiaire qui protégerait le pays, gardant la main tendue en direction de Rabié.

Joëlle Seif

Médiation du Hezbollah
Des sources informées ont dévoilé une médiation entreprise par le Hezbollah entre ses deux alliés: le général Michel Aoun et le président Nabih Berry. Le parti de Dieu souhaiterait lancer son initiative dans les prochains jours afin de rapprocher les points de vue, surtout en ce qui concerne la situation du gouvernement et l’ouverture d’une session parlementaire extraordinaire. Bien qu’il eut déclaré son opposition aux décisions du chef du Bloc du Changement et de la Réforme, Berry a assuré que les ministres Amal au sein du gouvernement ne seront pas les premiers à s’opposer aux propositions des ministres de Aoun. Des sources proches du Hezbollah révèlent que cette médiation a eu lieu après avoir constaté une intention réelle chez Aoun et Berry d’apaiser les relations entre eux. Aoun est convaincu que son différend avec Berry ne lui profite pas dans sa grande bataille contre ceux qu’il qualifie de «voleurs des droits». Le général Aoun affirme que ce combat a bel et bien commencé et qu’il ne prendra fin qu’avec la récupération entière des droits. Il a également réalisé qu’il a besoin de l’appui de ses alliés dans cette bataille existentielle. De son côté, le président de la Chambre voudrait résoudre ce litige pour ne pas apparaître dans le rôle de l’opposant aux revendications de Aoun, qui sont tout à fait justifiables, même s’il rejette les procédés utilisés dans cette période cruciale. Il voudrait réactiver le rôle de la Chambre par l’ouverture d’une session parlementaire exceptionnelle. Son conflit avec Aoun pourrait pousser ce dernier à refuser toute médiation en vue de participer à une telle séance, ce que Berry ne voudrait pas.

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