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Nº 3011 du vendredi 24 juillet 2015

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Geagea reçu en grande pompe à Riyad. Les dessous d’une visite

La visite du chef des Forces libanaises, Samir Geagea, en Arabie saoudite, n’a pas manqué de susciter quelques points d’interrogation. Bien qu’elle ait eu lieu à l’occasion de la fête du Fitr, elle intervient à un moment où la situation locale et régionale connaît de grands bouleversements, avec la signature de l’accord nucléaire iranien.  

Le roi Salmane d’Arabie saoudite a reçu dimanche dernier le docteur Samir Geagea au palais Salam à Jeddah, en présence des hauts responsables du royaume, notamment du second vice-Premier ministre et ministre de la Défense, le prince Mohammad Ben Salmane Ben Abdel-Aziz, le ministre d’Etat et membre du Conseil des ministres, Mossaed Ben Mohammad el-Ayban, le ministre de la Culture et de l’Information, Adel Ben Zeyd el-Tarifi, le ministre d’Etat aux Affaires étrangères, Nizar Ben Adib Madani, et le directeur des services de renseignements, Khaled Ben Ali Hmeydan. Toujours dans le cadre de cette visite, Samir Geagea a rencontré l’ancien Premier ministre Saad Hariri. On croit savoir que la discussion entre les deux hommes a porté sur la loi électorale et les modalités de fonctionnement du gouvernement et de la Chambre.
L’importance de l’accueil réservé à Samir Geagea montre l’intérêt accordé par le royaume wahhabite au chef des Forces libanaises au moment où la signature de l’accord nucléaire laisse toujours incrédules l’Arabie et ses partisans au Liban. D’ailleurs, la relation entre l’Arabie et Samir Geagea n’est pas récente. Rappelons que selon les dépêches WikiLeaks, le leader des FL aurait sollicité, en 2012, l’aide de l’Arabie, alors qu’il traversait une crise financière aiguë. Selon le communiqué publié par le bureau de presse des Forces libanaises, Samir Geagea a tenu à exprimer sa gratitude au royaume d’Arabie pour «son appui au Liban et son souci pour la sécurité et la stabilité du pays, quelles que soient les circonstances».
Depuis l’arrivée du roi Salmane sur le trône, c’est la première visite que le chef des Forces libanaises effectue en Arabie surtout que les milieux politiques rapportent que celle-ci a vu d’un mauvais œil le rapprochement entre Geagea et le général Michel Aoun et la signature d’une déclaration d’intentions entre eux. Il faut rappeler que, lors de sa première visite en Arabie, Samir Geagea était contre la prorogation du mandat de la Chambre. Il en était revenu avec un changement radical dans sa position et avait accepté finalement de voter pour la prorogation. Raison pour laquelle nombreux sont ceux qui s’interrogent sur le résultat de cette visite et les répercussions qu’elle aura sur la scène chrétienne et locale après le rapprochement entre le Courant patriotique libre (CPL) et les FL. Il ne fait pas de doute que les Saoudiens ont voulu savoir de Geagea la teneur de la déclaration d’intentions avec le CPL et quelles en seront les conséquences. Alors que Geagea s’est déclaré à maintes reprises contre l’ouverture d’une session parlementaire extraordinaire et contre toute législation en l’absence d’un président de la République, pourrait-il adopter une autre position à la suite de cette visite? Selon des sources bien informées, il semble que l’Arabie ne voudrait pas d’un rapprochement chrétien et s’apprêtait à discuter avec Geagea de sa relation avec Aoun et lui demanderait de se rétracter de la déclaration d’intentions. Elle souhaiterait également que Geagea défende l’accord de Taëf et n’appuie pas Aoun dans les pressions exercées sur Tammam Salam.
 

Duel irano-saoudien au Liban?
Autre élément qui suscite des interrogations quant au timing de ces rencontres, c’est qu’elles interviennent après les visites effectuées par les principales figures du Courant du futur (Fouad Siniora, Achraf Rifi, Nouhad Machnouk et d’autres) auprès de Saad Hariri en Arabie. Il est clair que cette activité tend vers une réévaluation de la situation à l’ombre de la signature du fameux accord nucléaire. Toutes ces concertations montrent qu’il s’agit de la mise en œuvre d’une nouvelle stratégie en vue d’affronter la prochaine étape. Des sources informées rapportent que Samir Geagea serait revenu avec l’impression d’une éventuelle élection présidentielle pour le mois de septembre. Quoi qu’il en soit, il semble que l’Arabie soit prête à la poursuite de son duel avec l’Iran sur le sol libanais. Le pays se dirige-t-il vers une escalade ou, au contraire, une détente sur la scène locale?

Joëlle Seif

Les Joumblatt à l’Elysée
Le président François Hollande a reçu le lundi 20 juillet, dans l’après-midi à l’Elysée, Walid Joumblatt et son fils Taymour qui vient de prendre la tête du Parti socialiste progressiste (PSP). L’entretien a porté sur la situation au Liban et dans la région à la lumière de l’accord sur le nucléaire. Entre les entretiens de Jeddah et ceux de Paris, le Liban pourrait connaître de brusques développements. Les jours qui viennent apporteront une réponse à ces questions.

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