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Nº 3021 du vendredi 2 octobre 2015

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Pour plus de concertations avec l’Iran. Pourquoi Hollande ne vient plus au Liban

La visite du président français François Hollande au Liban, prévue pour la deuxième moitié du mois d’octobre, serait reportée à novembre sans qu’une date précise ne soit fixée. A l’origine de ce report, l’absence de progrès concernant la présidentielle.

De New York, où il participe à l’Assemblée générale des Nations unies, le Premier ministre Tammam Salam a déclaré que le président François Hollande n’a jamais interrompu ses contacts concernant le dossier libanais et qu’il suit la situation de très près. Le chef d’Etat français a décidé de reporter sa visite à Beyrouth à novembre prochain, de sorte que les circonstances du succès de sa visite soient assurées.
A l’ombre du nouvel équilibre des forces au Moyen-Orient, la France serait à la recherche d’un rôle à jouer sur la scène régionale. C’est dans ce cadre qu’il faut placer la visite au Liban initialement prévue en octobre du président François Hollande, même si le pays se trouve depuis presque un an et demi sans président de la République. Nombreux étaient ceux qui avaient fondé de grands espoirs sur cette visite, espérant qu’elle serait porteuse d’une nouvelle initiative pour l’élection d’un président. Le dossier des réfugiés syriens était censé occuper une grande partie de l’ordre du jour de ce voyage.
C’est au cours de sa sixième conférence de presse, depuis le début de son mandat, que François Hollande a annoncé qu’il effectuerait une visite au Liban après la réunion de l’Assemblée générale des Nations unies, sans donner de précision sur la date de son séjour à Beyrouth. Cette visite était évoquée pour la première fois. «J’irai au Liban visiter les camps de réfugiés pour que nous puissions justement les aider à rester tout près du lieu où ils vivaient il y a encore quelques mois», a affirmé Hollande.
 

Rencontre Hollande-Rohani
Le président français a ajouté que la situation en Syrie a de grandes répercussions sur le Liban, qui connaît une crise politique grave, du fait qu’il n’y a pas eu d’élection présidentielle et que le Parlement a des difficultés à se réunir.
«Nous nous devons de nous tenir aux côtés des Libanais», a encore dit Hollande, qui a précisé qu’il rencontrera au cours de son séjour au Liban les différentes personnalités politiques du pays.
La rencontre, qui a eu lieu entre le chef d’Etat français François Hollande et le Premier ministre Tammam Salam, était de haute importance car elle a été précédée d’une autre entre le président français et son homologue iranien Hassan Rohani, au cours de laquelle le dossier libanais fut évoqué. Les deux chefs d’Etat auraient discuté de l’importance de l’élection d’un président libanais et de la réactivation du rôle des institutions, notamment le gouvernement et le Parlement. Hollande a invité Rohani à visiter Paris au milieu du mois de novembre. Le président iranien aurait déclaré que le dossier libanais avait besoin de plus d’études et que sa visite à Paris serait tout à fait indiquée pour poursuivre les concertations sur ce dossier. Des sources libanaises ont expliqué ce report comme une manière détournée des Iraniens de reporter encore l’élection présidentielle, qui ne serait pas pour bientôt.
Au cours de la rencontre Salam-Hollande, plusieurs sujets ont été évoqués, notamment la poursuite des efforts français pour appuyer les institutions libanaises, le soutien à l’armée, l’élection présidentielle, l’augmentation des aides dans le dossier des réfugiés, la visite de Hollande à Beyrouth sans toutefois en préciser la date, indiquant qu’elle devrait être utile. Le chef d’Etat français a souligné qu’il poursuivait ses contacts avec les Russes et les Américains. Pourtant, il est clair que le dossier libanais demeure dans l’attente du dénouement des crises de la région d’autant plus qu’un rapprochement entre l’Iran et l’Arabie saoudite semble peu probable dans un proche avenir en raison de la crise entre les deux pays, aggravée par le drame du pèlerinage de La Mecque et les accusations réciproques échangées entre les deux pays.

Joëlle Seif

Sleiman à l’Elysée
Reçu à l’Elysée par le président François Hollande à titre privé, l’ancien président de la République libanaise, Michel Sleiman, a confié ne pas avoir encouragé le chef d’Etat français à visiter le Liban. «Ces entretiens avec les grands de ce monde deviennent embarrassants, dans la mesure où ils nous demandent toujours ce qu’ils peuvent faire pour le Liban, et que nous évitons de dire que nous sommes incapables de parvenir à une entente minimale sur les questions essentielles», a-t-il confié devant un groupe de journalistes à l’hôtel Prince de Galles à Paris.

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