Magazine Le Mensuel

Nº 3028 du vendredi 20 novembre 2015

general

Un «Doha libanais». La solution globale de Nasrallah

Sayyed Hassan Nasrallah a appelé, à maintes reprises, les forces politiques libanaises à ne pas compter sur l’étranger qui «ne se soucie pas de nous»…  ni sur des changements régionaux ou sur des guerres ou des compromis sans fin. Il propose, cette fois, un «règlement national global» et non au détail.

Le secrétaire général ne s’est pas contenté de proposer un «règlement national global», il en a aussi défini le cadre. Le plan de Hassan Nasrallah comprend les éléments suivants:

La présidence de la République.

Le prochain gouvernement.

La présidence du Conseil des ministres.

La composition du gouvernement.

L’activation de la Chambre des députés.

La loi électorale.

Ce serait une sorte de «Doha libanais» axé sur la présidence, le gouvernement et la loi électorale… mais avec trois particularités:

La négociation se ferait sur le territoire libanais, «nul dans le monde arabe n’ayant la capacité de rassembler tout le monde dans un avion et de les emmener à Riyad, au Caire, à Damas, à Bagdad ou n’importe où ailleurs».

A Doha, en 2008, un accord avait été conclu sur la personne du président de la République (le général Michel Sleiman). Le général Michel Aoun avait obtenu une compensation à travers le gouvernement. Mais le scénario de Doha ne peut se répéter, car l’accord sur la présidence de la République est conditionné par la loi électorale. Là est le problème et sa solution.

Le Doha libanais ne sera pas précédé d’un 7 mai. Sayyed Nasrallah explique que ce serait une erreur de compter sur un événement interne, sur un nouveau 7 mai qui n’avait pas pour objectif la remise en question de l’Etat, mais était une riposte aux décisions du gouvernement Siniora de démanteler le réseau de communication de la Résistance, ainsi qu’une protection des armes de cette Résistance. Doha n’était pas un but mais une conséquence. Par ses propos rassurants, sayyed Nasrallah ne cherche pas à écarter le spectre d’un nouveau 7 mai mais à promouvoir une constituante. C’est à un second Doha qu’il appelle et non à un autre Taëf. Il insiste sur la nécessité de combler les vides dans tous les secteurs et, surtout, dans celui des autorités constitutionnelles et juridiques censées traiter les divergences et les crises du pays.

 

Dialogue inefficace
Le sayyed n’est pas convaincu d’une table de dialogue style place de l’Etoile. Il évoque d’autres formes plus efficaces: des rencontres bilatérales, tripartites ou quadripartites. La table du dialogue est une perte de temps, sans résultats, dit-il. Ceux-là ne peuvent être obtenus que par des dialogues et des négociations en coulisse et à huis clos.
Le plus remarquable dans la déclaration de Nasrallah est sa proposition de s’entendre sur la présidence de la République dans le cadre d’un projet complet. Cette évolution dans la position du Hezbollah est l’indice d’une possible ouverture sur le dossier présidentiel et d’un passage possible à la négociation d’un président «consensuel». La position n’est plus Michel Aoun candidat… ou le vide. Ce n’est toutefois pas un abandon du général, mais l’évocation d’une possible contrepartie politique avec le Futur et le 14 mars. Nasrallah laisse la possibilité au Futur, s’il le souhaite, de proposer un autre candidat. L’accès de Michel Aoun au palais de Baabda serait accompagné du retour de Saad Hariri au Grand sérail, alors que l’élection d’un président consensuel imposerait un consensus sur la personne du chef du gouvernement.
Pour le sayyed, la loi électorale est plus importante que la présidence de la République et sera plus dure à négocier. Il s’agit, pour lui, de poser la première pierre pour la reconstruction de l’autorité dont le pays a besoin. La loi électorale trace le destin de chaque citoyen, protège son existence, son avenir et la souveraineté du pays. Elle requiert un débat en profondeur. Ce n’est pas une affaire marginale pouvant être traitée par des périphrases, des surenchères ou des pressions.
De toute évidence, pour Hassan Nasrallah, l’élection d’un président de la République ne peut précéder l’accord sur une nouvelle loi électorale.

Chaouki Achkouti

 

Ni loi électorale ni législation
Plusieurs participants aux pourparlers entre Riyad et Beyrouth affirment que le dossier de la loi électorale est trop important pour être présenté en un mois ou deux devant la Chambre. Même si les commissions s’entendent pour soumettre l’un des projets à l’Assemblée générale, il ne passera pas. L’étude d’une loi électorale, disent les connaisseurs, impose des circonstances politiques, peut-être de nouvelles alliances et un changement de situation politique et sera autrement très difficile à passer au Parlement. Le compromis, qualifié de victoire par les Forces libanaises (FL) et le Courant patriotique libre (CPL), n’a aucun effet sur la loi électorale. La Chambre des députés achèvera dans deux mois son mandat, Nabih Berry renverra alors la balle dans le camp chrétien en faisant le pari sur son incapacité à s’entendre.   

 

 

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