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Nº 3050 du vendredi 22 avril 2016

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Santé

La pollinose au Liban. Effets du changement climatique sur le pollen

Le réchauffement climatique n’est pas sans répercussions au niveau du pollen, ce dernier constituant une source d’allergie considérable pour une grande majorité de personnes. Pourquoi un tel phénomène? Comment prévenir ces allergies? Quelles mesures à prendre? Les réponses de l’allergologue, le Dr Elias Khairallah.

La prévalence des maladies allergiques, telles que l’asthme et la rhinite (terme médical décrivant l’irritation et l’inflammation des muqueuses de la cavité nasale), a considérablement augmenté dans le monde, et ce, dans des proportions quasi épidémiques.
Selon l’étude internationale sur l’asthme et les allergies de l’enfance (ISAAC), la prévalence de la rhinite allergique auto-déclarée chez les enfants âgés de 13 à 14 ans est de 22,1% à travers le monde. Elle diffère selon les pays: 29,5% en Afrique, 23,9% en Asie, 20,1% en Méditerranée orientale, 15,8% en sous-continent indien, 23,7% en Amérique latine, 33,3% en Amérique du Nord, 12,3% dans l’Europe du Nord et de l’Est, 39,8% en Océanie et 21,2% en Europe occidentale. Occupant, dans ce sens, la 4e place parmi les maladies chroniques dans le monde, l’allergie atteint bon nombre de personnes. Etroitement liée au réchauffement climatique, qui a augmenté de 0,7% au cours des dernières décennies, la pollinose (allergie au pollen) est sans merci. «Le réchauffement climatique serait considéré cofacteur de l’allergie, puisqu’il entraîne une augmentation du dioxyde de carbone qui constitue l’un des quatre éléments fondamentaux nécessaires à la croissance des plantes avec l’eau, les nutriments et la lumière», explique le Dr Elias Khairallah. D’après lui, une augmentation de la température, de l’humidité et de la concentration en CO2 dans l’atmosphère favorise la croissance des plantes et, par conséquent, une surproduction de pollens. Ce qui fait qu’un climat plus chaud anticipe indubitablement les dates de floraison, allonge la saison pollinique et augmente les concentrations de pollen dans l’air, d’où une exposition accrue des patients aux pollens anémophiles (disséminés par le vent), ce qui peut affecter la prévalence et la sévérité des symptômes allergiques.
«Par ailleurs, la pollution atmosphérique, aggravée par le changement climatique, affecte indirectement les pollinoses, notamment en augmentant le pouvoir allergisant des petits grains de pollen», affirme le Dr Khairallah. Plus encore, la pollution à l’ozone, favorisée par l’augmentation de l’ensoleillement et de la température, contribue aussi à exacerber les symptômes des allergies respiratoires en provoquant irritations du nez et de la gorge, toux, essoufflement et gêne respiratoire. Il est à préciser que, contrairement à l’information que la plupart des médias répandent aujourd’hui, la crise des déchets au Liban n’a rien à voir avec les allergies.
 

Manifestation de l’allergie au pollen
L’allergie au pollen, souvent appelée «rhume des foins» ou «pollinose», est un état allergique affectant les muqueuses nasales et oculaires chez le sujet prédisposé, considéré atopique (l’atopie étant la prédisposition génétique au développement cumulé d’allergies courantes elles-mêmes dites «atopiques»). Cet état se caractérise par une irritation, des picotements du nez, des yeux larmoyants et rouges, des crises d’éternuements, un écoulement, ainsi qu’une obstruction nasale. Ces symptômes sont causés par une hypersensibilité aux pollens en suspension dans l’air: les pollens des arbres, des graminées (généralement des plantes herbacées, plus rarement ligneuses), des mauvaises herbes et des moisissures. «Le contact du pollen avec les tissus de la conjonctive et de la muqueuse nasale entraîne une réaction immunologique avec libération de médiateurs qui induisent des symptômes allergiques gênants», souligne le Dr Khairallah.

 

Mesures à prendre
La pollinose perturbe fortement la qualité de vie de l’allergique. Elle affecte les capacités physiques de ce dernier (restriction des activités courantes avec absentéisme scolaire ou professionnel), psychologiques (irritabilité, anxiété, dépression, frustration) et sociales (troubles du sommeil, donc somnolence diurne avec altération de la vigilance et de l’apprentissage). Il est donc essentiel que les patients bénéficient d’un diagnostic précis et d’un traitement approprié. D’un point de vue national, une préoccupation majeure de santé publique devrait se faire, avec une mise en œuvre sans délai de stratégies appropriées d’adaptation.

Natasha Metni

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