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Nº 3053 du vendredi 13 mai 2016

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Nicolas Hulot. «Le Liban manque de gouvernance et de vision politique»

Quels sont, aujourd’hui, les enjeux en matière d’écologie et de développement durable?
Il ne s’agit pas simplement d’enjeux environnementaux, mais plutôt d’enjeux de guerre et de paix. Les enjeux écologiques ne consistent pas uniquement en la protection de quelques espèces en voie de disparition. La crise écologique c’est la raréfaction de l’eau, avec la disparition des ressources naturelles, la disparition des terres agricoles, le grand déséquilibre climatique qui poussera des milliers de personnes à se déplacer… La crise écologique est une crise profondément humanitaire.

 

Pensez-vous que le monde, et plus précisément le Liban, soit prêt pour une mutation écologique?
C’est encore un peu tôt pour l’affirmer, tant pour le Liban que pour le reste du monde. Mais à Paris, le Liban comme les 196 partis qui y étaient affirmaient leur détermination. Nous verrons donc si les mots seront suivis des faits. Le Liban a pris sa part d’engagement.

 

Le changement viendra-t-il de la société civile ou des politiques?
Le changement viendra d’une connexion entre l’imagination de la société civile et la coordination des responsables politiques.


Comment le Liban pourrait-il sortir de sa crise actuelle?
La crise des déchets au Liban ne consiste pas en un problème de technologie, de pratique ou de comportement, mais tire sa source du manque d’organisation politique et de gouvernance. Eléments par le biais desquels se fait la gestion des déchets, des ressources naturelles et énergétiques. En effet, la faiblesse de la gouvernance et de l’autorité de l’Etat sur ces sujets fait que les difficultés en matière d’écologie se font de plus en plus accrues. Tout devrait passer par une réappropriation de l’autorité gouvernementale en la matière. Il est impératif de se fixer un certain nombre de règles, de coordonner les différents acteurs, notamment les acteurs locaux, et de donner aux collectivités locales les moyens de prendre en charge la gestion des déchets. Les solutions ne peuvent provenir de l’extérieur, contrairement aux technologies. D’ailleurs, une ville comme San Francisco peut apporter beaucoup d’idées à un pays comme le Liban, ayant fait passer la problématique des déchets de la «colonne dépenses» à la «colonne recettes», puisqu’avec la gestion des ordures, beaucoup d’emplois ont été créés. D’où la nécessité de mettre en place une forme d’autorité et de vision politique.

Propos recueillis par Natasha Metni

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