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Nº 3069 du vendredi 2 septembre 2016

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Santé

Le cancer colorectal. Le dépistage précoce sauve des vies

La plupart des personnes qui reçoivent un diagnostic de cancer colorectal ont généralement plus de 50 ans. Les symptômes apparaissent souvent aux stades avancés de la maladie. Mais la détection précoce permet une meilleure guérison.

«Le cancer colorectal affecte soit le côlon soit le rectum, avec 40% des cas malheureusement découverts à un stade avancé, lorsque le traitement devient plus difficile», affirme, à Magazine, le Pr Georges Chahine, médecin oncologue à l’Hôtel-Dieu de France. Il ajoute que le traitement a progressé de manière significative durant les quinze dernières années, mais les stades très avancés demeurent incurables. Le dépistage précoce du cancer colorectal et la sensibilisation à la maladie sont donc importants notamment auprès des personnes âgées de plus de 50 ans, ou de celles qui ont des antécédents personnels et familiaux. Selon le Pr Chahine, le cancer colorectal est le troisième type de cancer le plus commun parmi les hommes et les femmes à l’échelle mondiale. Au Liban, il s’agit du deuxième cancer le plus commun chez les femmes, et du quatrième chez les hommes. Plusieurs facteurs de risque influencent le développement du cancer colorectal comme le fait d’avoir plus de 40 ans, d’avoir une histoire familiale de cette maladie, des facteurs génétiques et certaines maladies inflammatoires intestinales. Les personnes atteintes de maladie inflammatoire de l’intestin (MII) risquent, en effet, d’avoir un cancer colorectal. Leur risque augmente selon la durée de la MII et son étendue dans le côlon. La prévention de la maladie peut être assurée à travers un apport calorifique réduit, une faible consommation de matières grasses, une alimentation riche en fibres, la non-consommation de tabac ou d’alcool, l’entraînement physique, ainsi que l’apport en aspirine, en calcium et en vitamine D. Les symptômes sont rares durant les stades précoces, mais tout changement du mouvement intestinal, tels la diarrhée ou la constipation, le malaise ou la douleur abdominale persistante, ou encore la perte de poids injustifiable ou la présence de sang dans les selles, doit être pris en considération pour une éventuelle consultation.
 

Les facteurs de risque
Selon le Pr Chahine, le cancer colorectal survient plus souvent chez les personnes ayant un surpoids ou qui sont obèses. Un indice de masse corporelle élevé fait augmenter le risque à la fois chez l’homme et chez la femme. Les personnes qui ne sont pas actives physiquement présentent un risque plus élevé de cancer colorectal. La présence d’antécédents personnels ou familiaux de polypes dans le côlon, le rectum ou les deux, augmente aussi le risque de cancer colorectal. Les adénomes sont des polypes qui peuvent devenir cancéreux. Le risque qu’un cancer colorectal prenne naissance dans des polypes adénomateux est lié au type, à la taille et au nombre de polypes. Dans les familles où le cancer colorectal est présent, le risque est élevé lorsqu’un parent au premier degré comme le père ou la mère, un frère ou une sœur a déjà eu un cancer colorectal. Ce risque s’accroît davantage si le membre de la famille au premier degré a été atteint d’un cancer de côlon avant 50 ans. Le stade est le facteur pronostique le plus important du cancer colorectal. Moins le stade est élevé lors du diagnostic, meilleur est le pronostic. Selon le Pr Chahine, la coloscopie est l’examen le plus fiable pour le diagnostic de cancer du côlon. Cet examen permet de visualiser les parois internes de l’intestin, de repérer les éventuelles lésions qui s’y trouvent, de les retirer lorsque c’est possible ou d’en prélever un fragment pour analyse (biopsie). Il est indiqué pour les personnes à risque élevé. Les tests immunologiques sont également efficaces pour la détection du cancer colorectal. Avec un seul prélèvement de selles, ils contribuent à un meilleur dépistage. Dans le cas où le test immunologique est positif, le médecin prescrit une coloscopie pour confirmer ou infirmer la suspicion de lésion cancéreuse. Les thérapies ciblées sont enfin efficaces pour le traitement du cancer colorectal.

Nada Jureidini

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