Magazine Le Mensuel

Nº 3091 du vendredi 6 juillet 2018

à la Une Banque

Inclusion financière. Choisir sa banque un impératif

Un compte bancaire est nécessaire pour le quotidien: il permet la domiciliation de factures, du salaire, de l’épargne, l’obtention de cartes de crédit et de débit, l’émission de chèque et ou la perception de prestations sociales. Les banques traditionnelles proposent des services payants car elles doivent rentabiliser un important réseau d’agences et de conseillers. La culture bancaire devient un must dans un cadre mondial d’inclusion financière.

A 18 ans, la majorité nous offre pas mal de devoirs bien entendu mais aussi le droit d’ouvrir seul son premier compte bancaire. Celui-ci est par définition le compte qui servira à gérer l’argent tous les jours. Il portera le nom de «compte à vue» ou bien de «compte de dépôt». Plus couramment, on retrouvera ce compte sous le nom plus global de «compte courant» auquel les banques associent une offre globale présentant des privilèges pratiques et attirants pour le titulaire. A ce stade, il s’agit des jeunes ayant atteint la majorité qui sont encore à la charge de leurs parents. Ces comptes sont ouverts en général par les parents auprès de la banque avec laquelle ils traitent déjà leurs opérations et transactions financières. L’autre catégorie de clientèle, moins privilégiée par la vie que la précédente, est celle qui ouvre son premier compte bancaire après 22 ans c’est-dire-dire dès qu’elle décroche son premier emploi. De toute façon, il s’agira de «petits» comptes. Néanmoins, ces derniers pourraient évoluer dans le temps pour devenir des comptes de plus en plus consistants avec des détenteurs de plus en plus exigeants au niveau des moyens de financement. Ce parcours positif à tracer dépendra de la flexibilité de la banque à évaluer les risques du marché, de taux d’intérêt et de conversion des devises étrangères ainsi que de la créativité de son département au niveau des produits d’investissements qui répondront le mieux aux attentes des souscripteurs potentiels et de l’agressivité de son service marketing.   

Marketing agressif
Le souscripteur à son premier compte bancaire s’attend à un traitement de faveur de part de la banque qu’il aura choisie, sachant que celle-ci est en quête d’une nouvelle clientèle jeune. De leur côté, les établissements de crédits font beaucoup de marketing mais peinent globalement à adapter réellement leur offre puisque les statistiques montrent que le souscripteur d’un premier compte bancaire n’est pas fidèle et se montre disposé à changer de cap dès lors que n’importe quelle valeur ajoutée lui est consentie. Aujourd’hui plus que jamais auparavant, il faut savoir que grâce à l’aide à la mobilité bancaire, transférer son compte d’une banque à une autre se fait en quelques clics. Pour bien se placer par rapport à la concurrence, la banque pourrait offrir un premier compte bancaire «sans condition». En proposant par exemple qu’il n’y ait pas de dépôt minimum ou encore une exemption de frais d’ouverture et de transfert de fonds. De même, l’établissement pourrait appliquer la gratuité sur la quasi-totalité des produits et des services qu’il propose durant une certaine période. Une offre pas si évidente que ça à assurer dans les circonstances actuelles que traverse le Liban vu l’environnement difficile de faire des affaires.

Bon à savoir
Exception faite de très peu de banques, l’argent que l’on dépose sur un premier compte bancaire ne génèrera pas d’intérêts. Reste à mentionner a priori dans un tableau comparatif précédant le choix de l’établissement les conditions autorisant la banque à clôturer un compte sans justification, au retrait d’une carte bancaire et plus largement des moyens de paiements en possession du client, ou encore l’autorisation d’un découvert. Il faut savoir que l’ouverture du premier compte bancaire est un acte impliquant et formel. Il faut en avoir la capacité juridique et pouvoir fournir des informations personnelles. Aussi, il ne faut pas être victime d’un marketing agressif en restant conscient que la meilleure banque n’est pas toujours celle qui permet au client de ne pas vous engager dans des frais élevés mais plutôt celle qui répond à vos besoins propres.

L’inclusion financière au Liban
Les chiffres de la Banque mondiale ont révélé que 45% des adultes au Liban détenaient en 2017 un compte bancaire ou un compte chez un fournisseur de services de paiement à travers les smartphones (an account at a mobile money provider, ndlr). Dans le même temps, il est bon de savoir, selon la même source, que le Liban occupe la quatrième place en termes du plus large fossé entre hommes et femmes détenteurs d’un compte bancaire (24%) et entre riches et pauvres (25%). L’expansion a été principalement facilitée par la diffusion de l’Internet et de la téléphonie mobile.
La Banque mondiale a dévoilé que 3,8 milliards d’adultes détenaient un compte bancaire ou un compte auprès d’un fournisseur d’argent mobile à la fin de l’année 2017, ce qui représente 69% des adultes au niveau mondial, contre 62% en 2014 et 51% en 2011 (les seules éditions publiées à ce jour). Parmi les titulaires de compte susmentionnés, 76% ont envoyé et/ou reçu des paiements numériquement l’année dernière, contre 67% en 2014. Le rapport de l’institution financière a mentionné que 1,7 milliard d’adultes ne sont toujours pas bancarisés, alors que les deux tiers possèdent, paradoxalement, un téléphone portable. Sur une base de pays par pays, 100% de la population adulte en Australie, au Canada, au Danemark et la Finlande a détenu un compte bancaire ou un compte auprès d’un fournisseur d’argent mobile sur l’année couverte. Ce ratio était de 99% en Belgique, en Allemagne et au Luxembourg, et de 98% en Autriche, en Estonie et au Japon. Selon le même rapport, aucun écart entre les sexes ou entre riches et pauvres n’a été observé dans ces pays en termes de propriété de compte.

Liliane Mokbel

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