Confidences Moyen-Orient
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Nº 2895 du vendredi 03 Mai 2013

Confidences Moyen-Orient

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Une visite très productive
Contrairement aux visites effectuées au Moyen-Orient par le président américain Barack Obama et son secrétaire d’Etat John Kerry, celle du nouvel homme fort du Pentagone, Chuck Hagel, semble avoir porté ses fruits. Sa visite au Caire n’est pas passée inaperçue, Hagel ayant renouvelé sa confiance dans l’armée égyptienne, tout en assurant son soutien au président Mohammad Morsi. A Abou Dhabi, l’ancien conseiller de la Maison-Blanche a réussi à conclure un accord avec le vice-président des forces armées, Mohammad Ben Zayed Al Nahyan, portant sur un montant de cinq milliards de dollars. Une très bonne affaire pour l’industrie militaire américaine qui voyait avec inquiétude la montée en puissance de nouveaux pays producteurs d’armes, telle la Chine.  

 

L’armée sous contrôle en Egypte
Les temps ont bien changé en Egypte, où l’armée, qui, jusqu’il y a peu de temps, était considérée indépendante du pouvoir politique et gérait ses affaires sans rendre de comptes à personne, doit désormais respecter les nouvelles lois en place. La présidence a annoncé que les dépenses des forces armées seraient placées sous le contrôle de l’Exécutif qui doit donner son feu vert au budget annuel préparé par les généraux. C’est une première, car depuis 1952, date de la révolution des
Officiers libres, les généraux n’ont jamais eu à consulter quiconque sur ce sujet. Vu la mainmise des islamistes sur le pouvoir, il n’est pas sûr que ce soit la meilleure chose.

 

A la guerre comme à la guerre!
Depuis le déclenchement de la révolte syrienne qui s’est transformée en conflit armé, des centaines, voire des milliers de jihadistes tunisiens, ont pris le chemin du Pays des Omeyades. Des dizaines d’entre eux ont péri sans que leurs familles ne soient informées de leur sort, alors que ceux qui continuent la bataille ont trouvé des moyens pour le moins surprenants de se divertir. Des cheikhs salafistes ont émis des fatwas autorisant les combattants «au nom de Dieu» d’avoir des rapports sexuels avec des jeunes filles pour une période déterminée. Ces mêmes «victimes» auront l’obligation d’en faire de même avec d’autres jihadistes puisque, selon les salafistes, les combattants satisfaits sexuellement «contribuent mieux à l’effort de guerre car leur moral est d’acier». Malheureusement, cette vision très excentrique de l’islam a conduit à des centaines de viols. Vive la révolution!   

 

Mahmoud el-Zahhar l’un des chefs les plus controversés du Hamas palestinien, vient d’être nommé membre du bureau politique du mouvement islamiste, bien qu’il ait perdu ce titre lors des dernières élections internes. Mais Khaled Mechaal en a décidé autrement puisqu’il a insisté pour que Zahhar et son allié, Ezzat el-Rachak, soient reconduits à leurs postes pour des considérations internes. Ainsi, l’homme que tout le monde pensait dépassé, a refait surface au grand dam de ses opposants. La démocratie au sein du Hamas? Pas pour bientôt.    

Hussein Eid procureur de la province égyptienne d’al-Menya, âgé seulement de 24 ans, et connu pour être proche des Frères musulmans, a ordonné qu’un homme soit fouetté pour avoir osé consommer de l’alcool. L’accusé, un dénommé Mohammad Eid, avait été arrêté lors d’un contrôle routier pour conduite en état d’ivresse et aurait dû être relâché le lendemain comme cela était le cas depuis des dizaines d’années au Pays des Pharaons. Mais le procureur avait un avis différent car, selon lui, la charia devait être appliquée. Il aurait donc ordonné à la police de lui infliger 80 coups de fouet. Une décision absurde et rejetée sur-le-champ par l’officier de service qui, à son tour, est accusé par ce même procureur d’être un infidèle. Vive la loi!  


En pointillé…
Face à la colère de la rue qui ne cesse de monter au Koweït, le Premier ministre, cheikh Jaber al Moubarak Al Sabah, a tenté de calmer le jeu. C’est ce qui explique sa décision de suspendre l’application de la nouvelle loi, très controversée, qui réglemente le travail des médias. Depuis plusieurs semaines, tous les journaux s’étaient indignés contre cette proposition qui, selon eux, ramenait le pays trente ans en arrière. Les Koweïtiens, qui jouissent de la liberté d’action et d’expression, contrairement aux autres pays du Golfe, ne sont pas habitués à la censure. C’est sans doute ce qui a poussé l’émir Sabah Al Ahmad Jaber Al Sabah à ordonner à son Premier ministre de faire marche arrière. Résultat, les journalistes sont rassurés sur l’avenir de leur métier malgré les tentatives du régime de les mettre sous contrôle.             

Le Qatar peu apprécié en Tunisie
Depuis quelques mois, les observateurs ont noté une montée du sentiment anti-qatari au Maghreb en général, et en Tunisie en particulier, face à ce que les Tunisiens qualifient d’ingérence inacceptable de la part de l’émirat pétrolier dans leurs affaires internes. Les opposants notent ainsi que deux ministres actuels étaient des employés du Qatar, puisqu’ils travaillaient pour la chaîne al-Jazeera. Chaque semaine, des manifestations sont organisées et le drapeau qatari est brûlé. Pendant que la rue se révolte, le président et le Premier ministre menacent les opposants des pires gémonies s’ils ne font pas marche arrière. C’est d’ailleurs la position du mouvement au pouvoir Ennahda et de son chef, cheikh Rached el-Ghannouchi, qui appellent le peuple tunisien à remercier le Qatar pour toute son aide au lieu de critiquer «ses gestes d’amitié envers notre pays».      


Un palais à 380 millions de dollars
Un richissime émir arabe a réussi à inscrire son nom dans le livre Guinness des records non pour ses prouesses mais plutôt parce qu’il a vendu une de ses propriétés à Londres à un prix record. Son palais situé à Carlton House a été évalué à plus de 381 millions de dollars. Mais il ne faut pas s’en étonner, puisque la propriété en question, qui s’étale sur 4500 mètres carrés, est deux fois plus grande que le palais de la reine d’Angleterre. La demeure, construite durant la première moitié du XIXe siècle, avait été rénovée par l’émir, qui n’a pas révélé son identité à la presse. Cette discrétion est compréhensible, car pendant que son compte en banque gonflera de quelques centaines de millions de dollars, la pauvreté dans son pays ne cesse d’augmenter. 

             

La Jordanie a-t-elle changé sa position?
Le royaume jordanien se trouve dans une position très délicate face à la montée de la violence en Syrie et aux pressions exercées sur le roi Abdallah II pour ouvrir ses frontières au trafic d’armes au profit de la rébellion syrienne. Selon les médias britanniques, le palais hachémite aurait cédé aux pressions des pays arabes et occidentaux, en échange d’une aide financière qui dépasserait les deux milliards de dollars. Vu l’état de l’économie jordanienne, il aurait été presque impossible pour le roi de maintenir sa position, surtout s’il voulait éviter de subir le même sort que le président syrien Bachar el-Assad. Mais le roi a exigé que cette opération soit menée en toute discrétion, contrairement au scénario turc où les médias suivent de près l’acheminement d’armes et d’hommes au profit de l’opposition syrienne.          

Quelle Algérie après Bouteflika?
Depuis de longs mois, le petit émirat du Qatar déploie d’énormes moyens pour convaincre l’Algérie de changer sa position sur le conflit syrien, voire de changer ses alliances au Sahara dans le conflit entre la France et Aqmi. C’est ce qui expliquerait les promesses d’aide économique faites par Doha, surtout en ce qui concerne le souhait supposé des Qataris d’investir en masse dans les régions sud du pays qui sont les plus frappées par la crise et le chômage. Des analystes à Alger ont remarqué que les visites répétées de l’émir Hamad Ben Khalifa Al Thani étaient liées à ce projet. Ces mêmes analystes considèrent qu’en fin de compte, les Qataris seraient peut-être tirés d’affaire, puisque l’état de santé du président Abdel-Aziz Bouteflika, traité en urgence dans un hôpital parisien, ne cesse de se détériorer et qu’il pourrait ne pas tenir le coup pendant longtemps. Ceci signifierait le retrait du rôle de l’Algérie à travers le monde arabe et plus précisément au Maghreb.         

25 milliards d’euros, c’est le montant des pertes subies par l’économie syrienne durant les deux dernières années. C’est du moins ce qu’assure le gouverneur de la Banque centrale syrienne, Adib Mayala, qui a demandé l’aide des «pays alliés». Selon le gouverneur, si la Russie et l’Iran ne viennent pas en aide à son régime, la Banque centrale ne sera plus capable d’assurer les salaires des fonctionnaires de l’Etat. Mais il a ajouté que ce scénario catastrophe n’était toujours pas d’actualité, puisque les réserves en monnaies étrangères sont toujours très importantes. Les observateurs notent pourtant que l’économie syrienne, qui dépendait de l’exportation du pétrole, est dans une situation très délicate, étant donné que les régions qui produisent l’or noir sont désormais sous le contrôle des groupes armés, qui ont même obtenu le droit d’exporter ces ressources vers l’Union européenne. Quant à l’autre source principale de revenus, l’agriculture, elle serait au point mort puisque les champs ont depuis longtemps été désertés par les agriculteurs, laissant place aux chars et aux hommes armés qui ont tout ravagé sur leur passage.      

35000 rials iraniens pour un dollar américain. Ce chiffre astronomique est dû à l’écroulement de la monnaie nationale suite aux sanctions internationales imposées au pays à cause de son programme nucléaire. Alors que le régime assure qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter, certains députés lancent des cris d’alarme face à cette situation catastrophique. Le président Mahmoud Ahmadinejad n’est cependant pas très attentif à ces appels, puisqu’avec ses ministres, il prétend que les sanctions occidentales n’ont eu aucun effet sur l’économie et que la situation est toujours sous contrôle. Difficile de le croire au vu de l’augmentation vertigineuse de 60% du prix de la viande, alors que celui du sucre a doublé en un an. Avec une inflation de 35%, les dirigeants à Téhéran devraient imaginer des solutions à leurs multiples problèmes.

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Éditorial
Libérez les deux évêques!

L’enlèvement de Youhanna Ibrahim, évêque syriaque orthodoxe d’Alep, et Boulos Yazigi, évêque de l’Eglise grecque-orthodoxe de la même ville, le 22 avril, est un crime répréhensible à tous les égards. Sur un plan général, la privation de liberté, pour des motifs injustifiés, par des groupes ne disposant d’aucun mandat pour le faire est un retour à la loi de la jungle. Humainement, ces deux prélats, de par leur fonction et leur vocation, sont des messagers de paix, d’amour et de dialogue, ils ne méritent certainement pas le mauvais traitement qui leur a été infligé. A un niveau religieux, ils ont été enlevés parce qu’ils sont chrétiens, ce qui constitue une atteinte inadmissible au principe de la liberté de culte. Vu du prisme de la crise syrienne, les deux évêques étaient en mission humanitaire, pour tenter d’obtenir la libération de deux prêtres kidnappés dans la même région, il y a deux mois. Leur enlèvement est une violation de tous les principes, y compris des règles de la guerre, qui interdisent de s’en prendre à des médiateurs et des messagers. Si deux éminents évêques, dont le frère du patriarche de la plus grande Eglise d’Orient, ont été traités avec autant de légèreté et de rudesse, quel sort sera-t-il réservé au commun de leurs ouailles. C’est sans doute l’un des principaux messages que les ravisseurs (des Tchétchènes paraît-il; mais qui croit qu’ils peuvent agir sans couverture locale?) veulent transmettre aux chrétiens de Syrie et de toute la région: «Même vos évêques ne jouissent d’aucune immunité, alors que dire de vos prêtres, vos diacres, vos bonnes sœurs et vos fidèles?». Malgré le caractère abject de cet acte, on constate avec tristesse et consternation qu’il n’a pas suscité la vague de réprobation qu’il mérite. Faut-il, à Dieu ne plaise, qu’ils soient torturés et leurs têtes plantées sur un clocher (comme le cheikh Saadeddine d’Alep, égorgé et décapité avant que sa tête ne soit exposée sur le minaret de sa mosquée), pour que l’on entende, enfin, quelques timides condamnations? Pourtant, pour bien moins que cela, nous avons vu, ces deux dernières années, des personnalités politiques et publiques et des dirigeants, monter sur leurs grands chevaux, pour dénoncer avec véhémence la «répression sauvage», «les crimes odieux», «les atteintes inacceptables aux libertés individuelles et collectives…». Nous avons vu des médias entrer en campagne pour défendre un blogueur interpellé, ou un militant arrêté, des ONG se mobiliser pour sensibiliser l’opinion publique… Mais pour les deux évêques, c’est le silence radio, tous ont perdu la voix… et la conscience. Cette triste affaire est un exemple vivant de la politique des deux poids deux mesures, qui n’est malheureusement plus l’apanage des grandes puissances, mais aussi de supports médiatiques censés informer les gens. On constate que l’information fait l’objet d’une sélection rigoureuse et d’une hiérarchisation répondant à une grille de lecture politique. Malgré toutes les tentatives destinées à minimiser la gravité de l’enlèvement des deux évêques et à le banaliser, en le traitant comme un fait divers ordinaire, cet acte constitue un développement extraordinaire. Il montre que plus personne n’est à l’abri, que certains groupes franchissent toutes les lignes rouges sans que personne ne leur demande de comptes et, plus grave encore, que les opposants syriens qui occupent le devant de la scène médiatique n’ont aucun pouvoir sur ceux qui tiennent le terrain. Si l’Occident n’est pas parvenu à obtenir la libération de deux évêques, quelles garanties peut-il encore fournir que les armes qu’il livre aux rebelles ne finiront pas entre les mains des coupeurs de têtes et autres barbares lâchés dans la nature… à deux pas de chez nous?


 Paul Khalifeh
   

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