Journée internationale du Jazz. Le Liban au cœur de la fête
Logo

Nº 3076 du vendredi 7 avril 2017

Journée internationale du Jazz. Le Liban au cœur de la fête

 
  • taille de la police diminution de la taille de police diminution de la taille de police augmentation de la taille de police increase font size
  • A
    De
    Message
    Journée internationale du Jazz. Le Liban au cœur de la fête
    Le 30 avril, c’est la Journée internationale du Jazz, proclamée par l’Unesco sur l’instigation de Herbie Hancock. A cette occasion, Magazine fait la tournée de l’actualité locale, au cœur du...
  •  
Notez cet article
(0 votes)
A- A+

Le 30 avril, c’est la Journée internationale du Jazz, proclamée par l’Unesco sur l’instigation de Herbie Hancock. A cette occasion, Magazine fait la tournée de l’actualité locale, au cœur du jazz.

Au Liban, les festivités auront lieu dans le cadre du Beirut International Jazz Day, organisé par l’ONG Lebanese cultural and artistic festivals association dans plusieurs endroits de la ville et du territoire. A l’heure de mettre sous presse, l’association s’activait encore à étaler cette fête sur plus d’un jour.
Il s’agit là d’un des nombreux événements qui auront lieu à cette occasion, même s’il manque au tableau la 4e édition du festival Beirut Speaks Jazz, créé en 2014 par Tarek Yamani, qui la célèbrera au cœur d’un «événement important» qu’il préfère taire pour le moment. Rappelons qu’il avait pris part en 2012 à la première célébration de cette Journée dans le quartier général des Nations Unies à New York, aux côtés de Wayne Shorter, Richard Bona, Zakir Hussein et Vinnie Colaiuta.
Les amateurs de jazz ont, entre-temps, une autre occasion de se réjouir avec la sortie du 3e album du jazzman libanais, sur le label Edict Records. Après Ashur et Lisan al-Tarab voilà Peninsular, créé dans un «esprit similaire mais en même temps différent». Après s’être inspiré de la musique classique arabe du Levant, il se tourne cette fois vers la musique du Golfe, ou la musique Khalijé, qui «se distingue de la première en raison de son rythme qui a des origines africaines. Cette essence africaine est le facteur commun le plus important entre le jazz, c’est-à-dire la musique américaine noire, et le Khalijé», explique Tarek Yamani qui s’entoure sur cet album, d’Elie Afif (basse acoustique), Khaled Yassine (batterie), Wahid Moubarak et Ahmad Abdel Rahim (percussions khalijé) et Adil Abdallah (chant).
Autre sortie remarquée dans les bacs libanais du jazz, le premier album de Donna Khalifé Quintet, Heavy Dance, qui privilégie l’improvisation et à l’ouverture, l’essence même du jazz. «Que faut-il pour avoir une scène jazz au Liban, se demande la compositrice, interprète et contrebassiste libanaise. Combien de musiciens, combien de «venues»? Il y a une scène jazz très restreinte, qui tourne dans le même système. Le milieu jazz ici manque un peu d’ouverture, il reste esclave d’une époque. Si on veut être un bon jazzman, certes il faut passer par tous les courants qui ont été avant, surtout le Bebop, mais on ne peut pas s’arrêter là, il faut aussi savoir en sortir. Qu’est-ce que le jazz ? Chaque dix ans c’était quelque chose. C’est un langage tellement vaste, qu’aujourd’hui, à mon sens, c’est la seule musique qui peut englober plein d’autres, car elle est rythmiquement et harmoniquement très riche». Vous avez dit jazz?

Nayla Rached

Plus dans cette rubrique:

Ecrivez un commentaire

Assurez-vous d’avoir inscrit les informations requises, là où c’est indiqué.

Éditorial
Saturation et indécence

Les interprétations optimistes des indicateurs économiques et les déclarations rassurantes des dirigeants ne cachent pas la réalité: l’économie tarde à prendre son envol. Les pronostics des institutions financières internationales et des cabinets d’études restent d’ailleurs assez modestes, même s’ils prévoient une légère amélioration. Le Fonds monétaire international (FMI) s’attend à une croissance de 2% en 2017, Business Monitor International (BMI, Grande-Bretagne) prévoit un taux de 2,2% et le fournisseur de données indépendant, Economena Analytics, pense que la croissance s’établira autour de 2,5%.Comment pourrait-il en être autrement lorsque les moteurs de croissance traditionnels du Liban, que sont le tourisme, l’immobilier et la construction, «ont subi des revers», comme le souligne le FMI dans son rapport sur le pays du Cèdre.Il n’y a d’ailleurs nul besoin de lire ce rapport pour mesurer l’étendue du marasme économique. Rien ou presque n’encourage les Libanais à reprendre la consommation, et ce ne sont pas les quelques milliers de clients des restaurants – ce sont les mêmes qui tournent d’un établissement à l’autre –, qui démentiront cette réalité.      Certes, l’approbation du projet de budget 2017 par le gouvernement, le vote des décrets sur le pétrole et le gaz, les propositions de loi pour lutter contre la corruption au sein de l’administration publique et pour protéger les lanceurs d’alertes, le plan de réforme du secteur de l’électricité… sont des mesures louables. Mais il y a tellement à faire dans tous les domaines, que tous les efforts entrepris jusqu’à présent, semblent insuffisants pour que redémarre l’économie.Et même si des réformes structurelles étaient lancées tous azimuts, le Liban continuera à traîner un énorme boulet, celui des réfugiés syriens, qui représentent plus d’un tiers de la population. Cela «est éprouvant pour les communautés locales, créant de la pauvreté, du chômage, et ajoutant de la pression sur les infrastructures et les finances publiques déjà fragilisées», souligne le FMI. Selon l’institution internationale, le coût indirect de la présence des réfugiés syriens aurait dépassé les 2,5 milliards de dollars en termes de dégradation des services publics.Les conséquences de la présence de ce nombre de réfugiés sont encore plus pernicieuses. L’Association des commerçants de Beyrouth (ACB) dénonce la compétition déloyale des Syriens installés au Liban pour les sociétés, les entreprises, les petites entreprises, les usines et les divers chantiers. L’ACB évoque un «cycle économique syrien qui prospère et se développe à l’intérieur de l’économie libanaise» et à ses dépens. «Même si tous les touristes du monde venaient au Liban, cela ne règlerait pas la crise car nous sommes confrontés à un problème structurel provoqué par la concurrence faite à l’économie libanaise par une autre économie», prévient l’ACB.Le Liban a donc atteint le point de saturation aussi bien au plan démographique qu’économique. La situation est d’autant plus grave que la communauté internationale n’a jamais tenu ses engagements financiers, ce qui a poussé le FMI à l’interpeler, en estimant qu’elle «doit jouer un rôle-clé pour répondre à la crise des réfugiés». «Le Liban a besoin et mérite un appui important», indique le rapport de l’institution financière internationale.A défaut d’une aide directe au Liban, qui pourrait ne jamais arriver, les agences de l’Onu et autres ONG devraient au moins avoir la décence d’acheter sur le marché libanais et aux entreprises locales les produits alimentaires, médicaux et autres, fournis aux réfugiés, au lieu d’aller s’approvisionner sur les marchés extérieurs. Cela permettrait de remplir quelques lignes dans les carnets de commandes, désespérément vides, de l’industrie libanaise.


 Paul Khalifeh
   

LES CHIFFRES

Hôpitaux: pas assez de lits
Entre 2005 et 2015, le nombre de patients admis dans les hôpitaux privés est passé de 550 000 à 850 000 par an. Cette progression est tributaire de plusieurs facteurs, dont celui…

Combien ça coûte

Le permis de conduire
En théorie, le permis de conduire coûte 268 000 L.L., soit 179 dollars. En passant par les bons soins d'une auto-école, ce coût peut grimper jusqu'à 450 000 L.L.. «C’est le prix…

Bannière
Designed and Developed by:   iBaroody
© Magazine.com.lb 2016 All Rights Reserved