Casey Kasem. Les pieds sur terre, la tête dans les étoiles
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Nº 2895 du vendredi 03 Mai 2013

Casey Kasem. Les pieds sur terre, la tête dans les étoiles

 
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    Casey Kasem. Les pieds sur terre, la tête dans les étoiles
    D’origine libanaise, il a été, durant des années, le roi de la radio. Casey Kasem a joué de la musique pour tout le monde, de 8 à 80 ans. Des...
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D’origine libanaise, il a été, durant des années, le roi de la radio. Casey Kasem a joué de la musique pour tout le monde, de 8 à 80 ans. Des millions d’auditeurs l’ont suivi en découvrant, grâce à lui, les chansons américaines les plus populaires. Une légende est née.

Pour la communauté arabo-américaine de Detroit, Casey Kasem est bel et bien une fierté. Aujourd’hui encore, cette communauté suit son héros qui a présenté son émission AT40: les années 70 et les années 80. Chaque semaine, ils sont des milliers à profiter du pop classique et du rock. C’est en 1970 (voir encadré) que l’émission a été créée. Et depuis, son émission et ses dédicaces ont été reprises par des centaines de stations de radio et elles s’adressent à des millions d’auditeurs. L’originalité de son show, c’est qu’en plus des chansons, il fournit des détails biographiques et des entrefilets sur les artistes. Ce format a commencé un peu par accident quand Kasem était un D.J. à Oakland, en Californie. Son directeur a voulu des changements dans ses croquis, aliment de base de la radio à l’époque. Il propose alors ses détails biographiques ou ses comptes à rebours. Depuis, ce format a été adopté. Une vraie réussite pour ce disc-jockey qui s’est retrouvé dans ce monde hollywoodien presque par erreur. En effet, Kemal Amin Kasem (son vrai nom), né à
Détroit de parents druzes libanais qui travaillaient dans le commerce, voulait à l’origine être un joueur de baseball et un acteur. Mais il semblait s’orienter vers la radio à partir de ses propres émissions qu’il présentait à l’école secondaire. Spécialisé en éducation de la Wayne State University de Detroit, il débute à la radio nationale avec des émissions comme The Lone Ranger. Par la suite, il sert dans l’armée en Corée et travaille alors à la radio pour le réseau des services armés. Son service militaire terminé, Kasem devient un disc-jockey à plein temps et travaille dans des stations de Detroit, Cleveland, Buffalo, New York, Oakland et finalement, à Los Angeles. Outre son format de compte à rebours, les auditeurs l’ont connu pour sa fameuse expression «Gardez les pieds sur terre et continuez d’atteindre les étoiles» et ses dédicaces qu’il dit avoir toujours prises très au sérieux. Une autre des habitudes qui en a fait une légende, c’est comment, chaque fois et avec la même énergie, il prononce son «Bonjour et bienvenue à nouveau à American Top 40. Mon nom est Casey Kasem et nous sommes prêts à décompter les chansons les plus populaires dans le pays selon le classement de...».
En 2004, Casey a pris sa retraite de son Top 40. Il s’est alors consacré à son autre métier d’acteur. Il interprète la voix de Shaggy, Scooby-Doo, un emploi qu’il a eu depuis que le dessin animé a commencé en 1969. Kasem est également l’hôte de l’American Top 20 pour Premiere Radio Networks. «Plutôt que de se sentir triste de quitter le Top 40, j’ai l’impression qu’il y a un défi devant moi», a déclaré Kasem. «Je suis heureux de faire ce que je vais faire, et je suis heureux d’avoir fait ce que j’ai fait». Pas de doute. La légende Casey Kasem est née.

Pauline Mouhanna, Illinois, Etats-Unis


Zoom sur le Top 40
American Top 40 ou (AT40) est une émission de radio indépendante créée par Casey Kasem, Don Bustany, Tom Rounds et Ron Jacobs en 1970. Comme son titre l’indique, l’AT40 décompte les quarante chansons les plus populaires aux Etats-Unis. Actuellement, l’émission est distribuée par Premiere Radio Networks aux Etats-Unis, le Canada, l’Australie, les Philippines, Singapour, la Chine, l’Inde, le Royaume-Uni et dans d’autres pays.
Plus de cinquante célébrités, parmi elles des personnalités de la radio, des animateurs de jeux et même des artistes, ont été des hôtes de cette émission.

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Éditorial
Libérez les deux évêques!

L’enlèvement de Youhanna Ibrahim, évêque syriaque orthodoxe d’Alep, et Boulos Yazigi, évêque de l’Eglise grecque-orthodoxe de la même ville, le 22 avril, est un crime répréhensible à tous les égards. Sur un plan général, la privation de liberté, pour des motifs injustifiés, par des groupes ne disposant d’aucun mandat pour le faire est un retour à la loi de la jungle. Humainement, ces deux prélats, de par leur fonction et leur vocation, sont des messagers de paix, d’amour et de dialogue, ils ne méritent certainement pas le mauvais traitement qui leur a été infligé. A un niveau religieux, ils ont été enlevés parce qu’ils sont chrétiens, ce qui constitue une atteinte inadmissible au principe de la liberté de culte. Vu du prisme de la crise syrienne, les deux évêques étaient en mission humanitaire, pour tenter d’obtenir la libération de deux prêtres kidnappés dans la même région, il y a deux mois. Leur enlèvement est une violation de tous les principes, y compris des règles de la guerre, qui interdisent de s’en prendre à des médiateurs et des messagers. Si deux éminents évêques, dont le frère du patriarche de la plus grande Eglise d’Orient, ont été traités avec autant de légèreté et de rudesse, quel sort sera-t-il réservé au commun de leurs ouailles. C’est sans doute l’un des principaux messages que les ravisseurs (des Tchétchènes paraît-il; mais qui croit qu’ils peuvent agir sans couverture locale?) veulent transmettre aux chrétiens de Syrie et de toute la région: «Même vos évêques ne jouissent d’aucune immunité, alors que dire de vos prêtres, vos diacres, vos bonnes sœurs et vos fidèles?». Malgré le caractère abject de cet acte, on constate avec tristesse et consternation qu’il n’a pas suscité la vague de réprobation qu’il mérite. Faut-il, à Dieu ne plaise, qu’ils soient torturés et leurs têtes plantées sur un clocher (comme le cheikh Saadeddine d’Alep, égorgé et décapité avant que sa tête ne soit exposée sur le minaret de sa mosquée), pour que l’on entende, enfin, quelques timides condamnations? Pourtant, pour bien moins que cela, nous avons vu, ces deux dernières années, des personnalités politiques et publiques et des dirigeants, monter sur leurs grands chevaux, pour dénoncer avec véhémence la «répression sauvage», «les crimes odieux», «les atteintes inacceptables aux libertés individuelles et collectives…». Nous avons vu des médias entrer en campagne pour défendre un blogueur interpellé, ou un militant arrêté, des ONG se mobiliser pour sensibiliser l’opinion publique… Mais pour les deux évêques, c’est le silence radio, tous ont perdu la voix… et la conscience. Cette triste affaire est un exemple vivant de la politique des deux poids deux mesures, qui n’est malheureusement plus l’apanage des grandes puissances, mais aussi de supports médiatiques censés informer les gens. On constate que l’information fait l’objet d’une sélection rigoureuse et d’une hiérarchisation répondant à une grille de lecture politique. Malgré toutes les tentatives destinées à minimiser la gravité de l’enlèvement des deux évêques et à le banaliser, en le traitant comme un fait divers ordinaire, cet acte constitue un développement extraordinaire. Il montre que plus personne n’est à l’abri, que certains groupes franchissent toutes les lignes rouges sans que personne ne leur demande de comptes et, plus grave encore, que les opposants syriens qui occupent le devant de la scène médiatique n’ont aucun pouvoir sur ceux qui tiennent le terrain. Si l’Occident n’est pas parvenu à obtenir la libération de deux évêques, quelles garanties peut-il encore fournir que les armes qu’il livre aux rebelles ne finiront pas entre les mains des coupeurs de têtes et autres barbares lâchés dans la nature… à deux pas de chez nous?


 Paul Khalifeh
   

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