Economie
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Nº 3091 du vendredi 6 juillet 2018

Economie
Mercredi, 04 Juillet 2018 21:38

Les taxes municipales

Nous les payons régulièrement. Machinalement. Ces taxes municipales dont nous ignorons tout, mais auxquelles même l’Etat est soumis. Economiste, Roger Melki nous dévoile tout sur ce sujet.
Pour couvrir leurs dépenses, les municipalités ont besoin de ressources. On distingue ainsi:
● les taxes perçues directement par la municipalité
● les taxes perçues par l’Etat, par les offices autonomes, par les établissements publics, ou par les services gouvernementaux pour le compte de la municipalité
● les taxes perçues par l’Etat pour le compte de l’ensemble des municipalités, et déposées dans la caisse municipale autonome.
S’y ajoutent les diverses ressources extraordinaires comme les dons, les emprunts, les amendes, les recettes des années antérieures, les soldes reportés, les subventions, etc.
Le président du Conseil municipal peut décider seul des dépenses dont les sommes s’élèvent jusqu’à 3 millions de L.L. Celles qui atteignent les 20 millions de L.L. ont besoin de l’aval du conseil municipal. Entre 20 millions et 80 millions de L.L., il faut obtenir le feu vert du Qaemaqam. Au-delà de 80 millions, la signature du Mohafez est requise.  

Taxes directes
La première partie de la loi sur les taxes municipales n° 88/60 du 18 août 1988 énumère les taxes perçues par la municipalité. Sont véritablement substantielles la taxe sur la valeur locative (habitation et commerce) et la taxe sur les permis de construire. La première est collectée sur toutes les unités d’habitation ou de commerce, lorsqu’il y un contrat de location. Le montant dépend de la valeur du bien et de l’estimation de la valeur locative.Sur cette valeur, la municipalité retient 6,5% lorsqu’il s’agit d’un logement. Par contre, pour les unités commerciales, la municipalité prélève 8,5%. Pour les grandes municipalités ceci constitue un revenu consistant, s’élevant à des dizaines de millions de livres libanaises. Les permis de construire sont également générateurs de ressources. Le montant des taxes dépend de la valeur des terrains, des biens immobiliers et des régions. Il est donc minime lorsque l’immeuble est situé dans un village encore «vierge».

Autres ressources
L’Etat et les établissements publics participent aussi au financement des municipalités. Ceci est régi par la deuxième partie de la loi sur les taxes municipales n° 88/60 du 18 août 1988. Ainsi, cette loi fixe-t-elle une surtaxe de 3 % sur les plus-values immobilières et une autre de 10% sur les abonnements et communications téléphoniques fixes. La Caisse des municipalités est également alimentée par des taxes collectées par le gouvernement pour le compte des municipalités: téléphones mobiles, importations, douanes, etc. Toutefois, la distribution de ces taxes aux mairies ne se fait pas de manière équitable. Tout dépendrait – en principe – du revenu de chacune d’entre elles. Les municipalités n’ont donc pas la maîtrise de l’argent collecté, ni le moyen de savoir quelle somme leur est due par les services publics, ni le pouvoir d’obliger ces services à leur transférer les sommes dues.
Au Liban, la Caisse Autonome des Municipalités (CAM) est chargée de la distribution des fonds collectés par le gouvernement central aux municipalités. Les revenus de cette caisse se composent des surtaxes et taxes suivantes :
● Surtaxe progressive de 10% sur l’immobilier.
● Surtaxe de 15% sur les profits des entreprises commerciales, industrielles et non commerciales.
● Surtaxe de 10% sur les dons et les droits de succession.
● Surtaxe de 5% sur l’enregistrement des propriétés immobilières.
● Taxe sur le port de 3,5%.
● Taxe de 6% sur les assurances, excepté l’assurance vie.
● Surtaxe de 25% due à l’enregistrement des voitures et des motocycles.
● Surtaxe de 1,5% sur des centaines de marchandises importées comme la bière, le vin, d’autres boissons alcooliques, la viande, le poisson, les eaux gazeuses, etc.
● Surtaxe de 10% collectée par le ministère des Postes et des télécommunications.
● Surtaxe de 10% sur la consommation d’électricité, collectée par l’EDL. Depuis 30 ans, comme l’explique M. Melki, les municipalités et l’EDL procèdent par compensation. Les premières s’abstiennent de payer leurs factures d’électricité. En contrepartie, l’EDL «s’engage» à ne pas leur verser cette surtaxe de 10%.
● Surtaxe de 10% sur la consommation d’eau.
● Surtaxe de 5% sur les cigarettes et les tabacs.

Notifications

Nous sommes notifiés annuellement et de manière officielle via le Journal officiel, mais aussi à travers deux journaux locaux en plus de l’avertissement par radio ou par télévision. C’est donc à partir de cette date de publication que nous sommes considérés comme étant «officiellement» notifiés. Le délai pour l’opposition s’étend sur deux mois à partir de la date de publication officielle. Dans le cas des notifications (dans le cadre de cas bien spécifiques), le droit d’opposition est valable pour un mois. Lorsqu’une opposition est présentée, la municipalité étudie le cas. Si elle juge que le demandeur a raison, un bordereau dégressif est annoncé pour annuler le taux de l’impôt sur lequel le demandeur s’est opposé. Dans le cas contraire, elle est en mesure de refuser la demande et l’envoie, par conséquent, à une commission d’opposition présidée par un magistrat. Si celle-ci la rejette, le demandeur peut attaquer la décision au Conseil d’Etat dans un délai d’un mois à partir de la date du refus de l’opposition de la commission.
Les exonérations? Sont exonérés les immeubles voués à la construction de cultes religieux, les immeubles occupés par des missions diplomatiques sous réserve de réciprocité, les immeubles occupés par les Nations unies et les immeubles occupés par les institutions à but non lucratif (certaines universités ayant plus de 100 ans de présence, certaines ONG, etc.). Les familles ayant un enfant à besoins spéciaux ne paient pas de taxe municipale.

Natasha Metni Torbey

Mercredi, 04 Juillet 2018 00:44

Rooftops. Les terrasses suspendues de Beyrouth

La saison estivale arrivant, les rooftops rouvrent leurs portes pour quatre mois de festivités. La région de Dbayé figure parmi les nouvelles destinations d’un secteur qui se maintient difficilement.

L’été arrivant, les rooftops rouvrent, comme chaque année, leurs portes pour quatre mois de festivités. Certains comme l’Iris, ont déménagé. La boîte quitte l’immeuble du Nahar au centre-ville pour s’installer en lieu et place de l’ancien Sky Bar, au-dessus du Pavillon royal. Un changement dû à l’impossibilité, sur le précédent site, de prolonger la musique au delà d’une heure du matin. «On a ouvert il y a deux semaines et on voit clairement la différence avec les années précédentes, on a des soirées qui durent jusqu’à quatre heures du matin», se réjouit Jean-Georges Prince du groupe Addmind, propriétaire de plusieurs restaurants et boîtes de nuit dans le pays. Quant au Sky Bar, inauguré en 2003 au sommet du Palm Beach Hotel avant d’investir le toit du Pavillon Royal et de fermer ses portes à la suite d’un incendie en 2015, il a élu domicile depuis un an sur le roof du O1NE. Géré par la compagnie Sky Management, l’établissement reste parmi les principaux leaders du secteur. Autre pilier de la nightlife beyrouthine, le Capitole, situé sur le toit de l’immeuble Asseily, fête cette année son dixième anniversaire. Toujours à Beyrouth, le Pre, situé au niveau du port à Saïfi au 7e étage du bâtiment Miele, affiche un ticket moyen de 65 dollars par personne.
Aux côtés de ces enseignes brassant une clientèle plutôt chic et aisée, d’autres s’adressent à un public plus jeune et underground. C’est le cas de AHM, ouvert l’été dernier sur le Beirut Waterfront District (BWD) ou de The Grand Factory, un peu plus excentré, dans le quartier de la Quarantaine. A l’extérieur de Beyrouth, certains ont étendu la formule soirées en plein air aux plages. C’est le cas de l’Iris Beach, une déclinaison du bar lounge en bord de mer même s’il possède sa propre identité.
Le lieu rouvre cet été avec un nouveau design. «On retravaille en permanence le design des endroits pour créer quelque chose de nouveau qui surprenne le client», affirme Jean-Georges Prince.

Dbayé, nouvelle tendance
Crise économique oblige, plusieurs rooftops ont jeté leur dévolu sur des régions plus abordables au niveau du foncier. C’est le cas de Dbayé et ses environs. Située en front de mer, à la sortie de Beyrouth, la zone présente l’avantage de proposer des loyers nettement moins chers que ceux de la capitale. Mais la migration de certains nightclubs à l’extérieur de Beyrouth est aussi liée à un phénomène bien connu qui est  «le déplacement tous les quatre ans de la région du happening», explique Jad Abou Jaoudé, responsable de la section nightclubs au Syndicat des restaurateurs libanais et propriétaire de plusieurs enseignes dont l’Iris et le White. A Antélias, sur le toit de la Fondation Aïshti, Michel Éleftériades, créateur du Festival international de Byblos et du Music Hall, a ainsi lancé le B à l’automne 2017. Le restaurant-boîte de nuit vivra cet été sa première saison haute. Au niveau du City Mall, Caprice se démarque des rooftops en vogue par une sélection musicale qui fait la part belle à la musique arabe. Les tubes occidentaux du moment alternent avec des morceaux libanais, égyptiens. A Dbayé, on trouve également le bar à cocktail le Bold et, à Dora, le White, un des premiers à avoir investi la banlieue nord de la capitale.

Chiffres d’affaires en baisse
Si le secteur se maintient, les nightclubs ont dans l’ensemble enregistré une baisse importante de leur chiffre d’affaires ces cinq dernières années. Une diminution estimée entre 15 à 20% par Jad Abou Jaoudé. «Les loyers n’ont pas diminué, les salaires ont augmenté et le ticket moyen a baissé», résume le gérant. «Il y a cinq ans, le prix d’une bouteille était de 300 dollars, aujourd’hui on la propose à 200 dollars».
Dans ces circonstances, le syndicaliste n’exclut pas de voir des enseignes fermer dans les mois qui viennent, «y compris parmi les leaders du marché». Et de conclure: «Pour l’instant, ça tient mais si ça continue comme ça, la plupart des endroits vont devoir mettre la clé sous la porte».

Philippine de Clermont-Tonnerre

 

Le Liban est aujourd’hui confronté à de nombreux défis économiques, alors qu’une nouvelle ingénierie financière entreprise par la Banque du Liban a suscité des réactions partagées. Mise au point avec Elie Yachouï, économiste et ancien doyen à la NDU.  

Quelle est votre évaluation des résultats de la conférence CEDRE, organisée à Paris le 6 avril?
Nous avons observé deux résultats jusqu’à présent. Premièrement, des individus qui, en achetant un appartement au Liban, ont désormais le droit d’acquérir en même temps une résidence permanente dans ce pays. Conséquence: une obtention plus facile du passeport et donc de la nationalité libanaise. Deuxièmement, le décret de naturalisation.
Cinquante représentants de différents pays donateurs et d’institutions financières internationales ont décidé d’accorder au Liban 11 milliards de dollars. Le pays est tombé, depuis, sous l’emprise des nations. Comment peut-on entreprendre une telle démarche lorsque le débiteur n’est pas méritant? Un crédit se mérite de par la situation financière du débiteur. La situation financière du Liban se résume par un actif qui ne dépasse pas les 50 milliards de dollars (ce que le Liban possède en tant que secteur public) et un passif (ce que le Liban doit) d’à peu près 120 milliards de dollars. La différence permet de mesurer la richesse du secteur public. Lorsque la différence est négative, le pays est déficitaire et, par conséquent, non méritant d’un quelconque crédit. Les créanciers connaissent la situation du Liban. Lorsque, malgré tout, ils acceptent de lui accorder un crédit, ils ne peuvent qu’être mal intentionnés. La conférence CEDRE est une conférence suspecte. Jusqu’à maintenant, ce qui en est sorti (résidence permanente et décret de naturalisation), indique clairement que l’intention était mauvaise.

Selon vous, qu’est-ce qui se cache derrière le décret de naturalisation?
En naturalisant, entre autres, les Syriens au Liban, l’Arabie saoudite espère augmenter le nombre de sunnites dans notre pays, pour lutter contre les chiites. Les Israéliens ont pour objectif d’encombrer le pays et de provoquer autant que possible des complications sociales. Pour ce qui est des Européens, ils ont toujours été à la merci des sionistes. Lorsque Khomeiny est arrivé en Iran, il est venu directement de Paris. Une guerre chiite-sunnite était planifiée depuis 1979. Les chiites ont toujours été marginalisés sans Etat et sans aucun pouvoir politique. C’est pour cette raison que l’Iran est apparu en force. Le but est de provoquer un conflit entre l’Arabie et l’Iran. Derrière tout ce processus, se cachent les Israéliens, qui veulent se débarrasser de tous les Etats du «Tawk» (les Etats qui les encerclent): la Jordanie, l’Irak, la Syrie, le Liban, la Palestine. Israël veut à tout prix les disloquer, les démembrer, les détruire. Dans cinquante ans, avec un régime fort et autoritaire, ces nations pourraient avoir une économie et une armée fortes et leur population doublerait. Israël y voit un danger pour sa pérennité et son existence. Il cherche à les affaiblir en les empêchant de progresser et de jouir d’une paix sociale, politique ou militaire. Ce fut le cas du Liban entre 1975 et 1990. En Syrie et en Irak, Israël joue l’affaiblissement militaire. En Jordanie, il joue la carte de la crise économique.

Quelle autre tournure aurait pu prendre la conférence CEDRE?
Si l’intention avait été plus louable, l’aide aurait pu nous parvenir en nature et non en capitaux. Je présume cela à la lumière des conférences qui ont précédé et des milliards de dollars qui nous étaient parvenus des autres conférences et qui ont été dilapidés. Les dossiers de nos projets d’infrastructure sont en suspens et ne font que pomper les deniers publics. Les donateurs auraient pu prendre à leur charge la clôture des dossiers les plus épineux et les plus importants, comme l’électricité et les déchets. Ils auraient, par conséquent, exécuté ces projets et présenté des factures dont le montant aurait pu atteindre les 11 milliards de dollars.

Quelles sont les réformes nécessaires pour l’application des résultats de CEDRE?
A qui le demander? A quel gouvernement? Aux mêmes personnes qui, dans le passé, n’ont pas su réaliser la moindre réforme? A ceux qui sont hostiles aux réformes depuis plus de 25 ans? A ceux qui ont été la cause de toutes ces dettes et qui ont dilapidé les deniers publics? A ceux qui se sont constitués des fortunes colossales au détriment du Trésor et du bien-être collectif et du progrès de la nation?
Ceux qui ont conçu une loi électorale qui a permis leur réélection. C’est un cauchemar que d’en parler et de vouloir en parler.

En parlant de dettes, la BDL a effectué, récemment, une nouvelle ingénierie financière. Comment l’expliquez-vous?
Je dirai plutôt que la BDL a adopté une troisième acrobatie financière, depuis 2016. Cette année-là, la banque centrale a demandé aux banques de souscrire pour 13 milliards de dollars à des eurobonds, sur lesquels les intérêts étaient assez généreux. D’autre part, elle a remboursé tous les bons du trésor en livre libanaise, détenus par les banques et qui n’étaient pas encore arrivés à maturité. Elle a donc offert à ces banques 5,5 milliards de profit net en une opération, parce qu’elle voulait augmenter ses réserves de dollars. Résultat? Elle a créé une forte demande sur le dollar et une forte offre pour la livre. Si l’on évoluait sous un système de régime de change flottant, la livre libanaise aurait été dépréciée énormément. Mais comme c’est un régime de change fixe, le taux de change est resté fixe. Il s’agit d’un exemple pur de falsification de ce taux. Deuxième acrobatie de la banque centrale: au lieu de porter des bons du trésor en livre libanaise, elle en porte la contrepartie en eurobond. Ce qui fait qu’elle augmente la dette du pays en dollars pour augmenter ses réserves en dollars. La troisième acrobatie a consisté à échanger les eurobonds en dollars et en certificats de dépôts, sachant que 30% seulement des dépôts sont en livre libanaise.

L’ingénierie de la BDL n’améliorera donc pas la souveraineté du Liban?
Elle ne fera que l’altérer.

Le Liban est-il au bord de la faillite, comme l’a dit le président de la République?
J’aimerais moi-même poser une question au président de la République. Que faites-vous, Monsieur le président, pour éviter la faillite du Liban? Quelles sont vos intentions de réforme afin de l’éviter?

Natasha Metni Torbey

Depuis leur installation en 2007 à Bagdad, Erbil et Bassora, les banques libanaises se sont battues sur un marché complexe. D’ici fin 2015, elles auront une nouvelle échéance à honorer.

Sur un plan organisationnel, laBanque centrale irakienne a décidé de relever les capitaux propres des branches des banques étrangères installées en Irak à 70 millions de dollars. Cette décision respectée, les banques sont autorisées à ouvrir autant de branches qu’elles le souhaitent. D’après certains experts, la nouvelle réglementation portant le No 9/3/288 du 16 octobre 2014 viserait à encourager l’activité des banques étrangères en Irak et, par la suite, à pousser les banques locales à réaliser de meilleures performances au nom de la concurrence. Les banques libanaises, qui ont accueilli favorablement la possibilité d’ouvrir de nouvelles branches, se sont montrées plus réservées quant au montant de la capitalisation requis et au délai de se conformer à la nouvelle directive expirant pour les banques étrangères fin 2015, alors que ce délai est de trois ans pour les banques locales. La date butoir de la fin 2015 a été qualifiée de courte. Parallèlement, les financiers ont considéré avec scepticisme les dispositions de la Banque centrale irakienne selon lesquelles la capitalisation des banques étrangères doit représenter 30% de celle des banques locales. Ce qui signifie, dans la pratique, qu’à chaque fois qu’il sera demandé aux banques locales de relever leurs capitaux propres, il en sera de même pour les banques étrangères dans une proportion de 30%.

 

Marché compliqué
Le parcours des banques libanaises en Irak a débuté en 2007, sachant que la loi concernant les banques irakiennes n’a été promulguée qu’en 2003. Sur le marché irakien, on dénombre aujourd’hui la présence de multiples branches appartenant à neuf banques libanaises, et un bureau de représentation, répartis entre Bagdad, Bassora et Erbil. Il s’agit de Byblos Bank, Intercontinental Bank, la Banque Libano-Française, Bankmed, Bank of Beirut & Arab Countries, le Crédit libanais, Fransabank, Blom Bank et Middle East & Africa Bank, alors que Beirut Bank a ouvert un bureau de représentation et que Audi Bank est en passe d’inaugurer des branches notamment à Najaf et Souleimaniyé, en plus de branches à Bagdad, Bassora et Erbil. Les conditions de travail en Irak rendent l’activité bancaire difficile à gérer vu les limites des autorités monétaires en termes de compétences humaines et techniques. La faiblesse de la culture bancaire de la clientèle n’arrange pas les choses. Aujourd’hui donc, l’activité des établissements bancaires en Irak se concentre sur l’ouverture de crédits documentaires aux agents sans toutefois l’octroi de prêts. L’inexistence d’une centrale des risques et d’un registre de commerce rend l’obtention de toute information financière et économique concernant le client quasiment impossible. A ceci s’ajoute l’interdiction pour les banques de procéder à des hypothèques immobilières, celles-ci n’étant pas autorisées à posséder des propriétés. En parallèle, suivant les données de l’Agence américaine pour le développement, il est fort probable qu’une grande partie des Irakiens n’a pas de comptes bancaires. Par conséquent, le ratio des prêts bancaires rapportés au PIB est l’un des plus faibles dans le monde, ce ratio ne dépassant pas 9%, alors que la moyenne dans les pays de la région Mena s’articule autour de 55%. Aussi l’absence d’un mécanisme de domiciliation des salaires est de nature à freiner le développement des prêts individuels.

 

PAGES RÉALISÉES PAR LILIANE MOKBEL

Mercredi, 17 Décembre 2014 02:59

Moyen-Orient

Asie centrale  
IDB Finance implante des cliniques mobiles

Islamic Development Bank (IDB), basée à Jeddah, et le Kirghizstan ont signé un accord en vertu duquel la banque islamique s’est engagée à assurer le financement de cinq cliniques mobiles consacrées aux soins médicaux. Ces cliniques seraient déployées dans les zones rurales en Asie centrale. Le projet de la clinique mobile au Kirghizstan s’inscrit dans le cadre du programme d’un coût de 266,5 millions de dollars financé par le royaume wahhabite et exécuté par l’IDB. Ce programme consiste à implanter 75 cliniques mobiles dans plusieurs pays islamiques à savoir, outre le Kirghizstan, le Pakistan, le Tadjikistan, l’Afghanistan et le Yémen. Les cliniques mobiles offriraient une panoplie de services dont des soins médicaux généralistes, la radioscopie et la mise à niveau du personnel médical.          

Budget
Huit nouveaux ministres en Arabie saoudite

Le roi Abdallah d’Arabie saoudite a nommé par décret royal huit ministres pour s’occuper de la restructuration des contentieux relevant des ministères de la Santé, de l’Enseignement supérieur, du Transport, de l’Agriculture, de l’Information et des Affaires islamiques. Parallèlement, les ministères jugés d’une importance prioritaire n’ont pas subi de changement au niveau de leurs responsables, à savoir ceux des Finances, du Pétrole, de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de la Défense. Les dispositions du décret royal étaient concises, soulignant que la restructuration concernerait le budget de 2015 sans autres précisions. De toute évidence, la restructuration devrait anticiper la baisse attendue des revenus du royaume provenant de l’exportation du pétrole. Le prix du baril de pétrole a reculé ces derniers mois à son niveau le plus bas depuis quatre ans.

Mercredi, 17 Décembre 2014 02:54

Indices

Eau
Une part importante des aides

Selon la dernière lettre d’information du ministère des Finances portant sur les aides internationales au Liban, le secteur de l’eau a accaparé une part substantielle de celles-ci pendant les mois de juillet et d’août 2014. En juillet, le pays a obtenu une assistance globale de l’ordre de 8,39 millions de dollars pour l’amélioration de l’alimentation en eau dans ses différentes régions notamment au Akkar (1,73 million de dollars) et dans la Békaa. En août, le gouvernement libanais a signé deux accords de prêts avec la Banque mondiale d’un montant de 474 millions de dollars consacrés à l’augmentation de l’approvisionnement en eau de Beyrouth et du Mont-Liban. Le montant de ces accords est réparti comme suit: 319 millions de dollars alloués à la construction des installations, alors que 155 millions seraient réservés aux expropriations.

Filiales syriennes
Résultats encore dans le vert

Les filiales syriennes des banques libanaises ont enregistré une baisse des profits combinés de l’ordre de 6,32% à fin septembre 2014 sur un an. Néanmoins, leurs résultats financiers sont restés dans le vert, continuant à dégager des bénéfices de l’ordre de 62,18 millions de dollars (sur base de la valeur de change de la livre syrienne contre le dollar au 9e mois de septembre 2014).
Les filiales syriennes ont enregistré sur la période couverte les résultats suivants: Bank Audi Syria (15,64 millions de dollars), Bank of Syria & Overseas (8,34 millions de dollars), Byblos Bank Syria (3,87 millions de dollars), Bemo Bank Saudi Fransi (14,82 millions de dollars), Sharq Bank (5,25 millions de dollars), Fransabank Syria (18,14 millions de dollars) et Syria Gulf Bank (pertes 3,88 millions de dollars).

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Éditorial
La paix de Trump

Donald Trump a donné un coup d’accélérateur aux démarches visant à faire avancer son mystérieux «plan de paix» au Proche-Orient. Le président américain dépêche ses émissaires à droite et à gauche pour essayer de mettre sur les rails le fameux «accord du siècle», dont on ne connaît presque rien à part qu’il évoque un «Etat» palestinien avec comme capitale, Abou Dis, une banlieue de Jérusalem, selon les rumeurs. Jared Kushner, l’envoyé spécial de Trump, a pris son bâton de pèlerin à la mi-juin et a rencontré plusieurs dirigeants de la région, dans le cadre d’une tournée effectuée en compagnie de l’émissaire spécial du président américain pour le Moyen-Orient, Jason Greenblatt. Il a organisé à Amman une rencontre entre le roi Abdallah II et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, à laquelle aurait participé le prince héritier saoudien Mohammad ben Salman. Le site français Intelligenceonline a rapporté que des chefs d’agence de renseignements d’Israël, d’Arabie saoudite, d’Egypte, de Jordanie et de l’Autorité palestinienne se seraient rencontrés, après ce sommet, toujours à Amman, pour discuter des moyens pratiques de «faire avancer le processus de paix». C’est aussi dans ce cadre que certains observateurs placent la rencontre à Moscou entre le président Vladimir Poutine et le conseiller à la sécurité nationale de Trump, John Bolton, venu préparer le sommet du 16 juillet à Helsinki, entre les chefs d’Etats américain et russe. Des sources citées par la presse croient savoir que Trump a proposé de reconnaître la primauté de l’influence russe en Syrie en contrepartie d’une aide de Moscou pour faire avancer «l’accord du siècle». La médiation de la Russie est souhaitée pour convaincre l’Autorité palestinienne, qui refuse de recevoir des représentants américains depuis que Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, à s’engager sérieusement dans le processus de paix. Ces sources croient voir dans l’invitation adressée par Vladimir Poutine à Mahmoud Abbas et Benyamin Netanyahu pour assister à la cérémonie de clôture du Mondial 2018, les prémices de ce rôle d’intermédiaire. Bien qu’il nous semble peu vraisemblable que les ambitions de Moscou se limitent au rôle de go between adoubé par Washington, surtout que la Russie a arraché son influence en Syrie grâce à ses Sukhoï et aux ressources qu’elle a investies pour réorganiser et rééquiper l’armée syrienne.   Il est possible que les Etats-Unis pensent que le moment est propice pour un forcing au niveau du processus de paix. Les sanctions contre l’Iran commencent à donner des résultats, avec la dépréciation du rial et les troubles politiques et sociaux sporadiques qui ont lieu dans le pays. Si cette analyse est vraie, alors il ne faut plus s’étonner que la formation du gouvernement libanais ait pris tellement de temps, car la constitution du pouvoir exécutif au Liban est aussi un champ où des pressions pourraient être éventuellement exercées dans le but d’affaiblir les alliés de l’Iran et de renforcer la position des amis de Washington et de Riyad.


 Paul Khalifeh
   

Combien ça coûte

Les taxes municipales
Nous les payons régulièrement. Machinalement. Ces taxes municipales dont nous ignorons tout, mais auxquelles même l’Etat est soumis. Economiste, Roger Melki nous dévoile tout sur ce sujet. Pour couvrir leurs…

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