Economie
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Nº 3088 du vendredi 6 avril 2018

Economie

A 27 ans, Nassim Njeim est revenu au Liban avec une ambition: aider les agriculteurs libanais à pouvoir vivre de leurs récoltes. Rencontre.


Pouvez-vous présenter Caesar Cider? Comment avez-vous eu l’idée?
C’était en 2015, les agriculteurs libanais vivaient ce que l’on appelait alors «la crise des pommes». Avec la guerre en Syrie, la fermeture des frontières et la concurrence des produits européens, les producteurs libanais étaient en grande souffrance. Ils ne parvenaient plus à écouler leur production. A ce moment-là, j’étais en Afrique du Sud pour un stage de master. Là-bas, j’ai découvert le «Hunter», un cidre qui faisait sensation. Je me suis dit que cette boisson faite à partir de pommes pourrait être un bon moyen d’aider les producteurs libanais à s’en sortir. C’est ainsi qu’est née l’idée de Caesar Cider, un cidre libanais, élaboré à partir de pommes fraîches.

Comment travaillez-vous aujourd’hui?
Entre 40 et 45 % de la production de pommes libanaises va directement à la poubelle, en raison de la forme ou de l’aspect des fruits qui sont invendables sur le marché. Pourquoi ne pas transformer cette production en jus et cidre frais? C’est toute l’idée de Caesar Cider, nous récupérons ces pommes et les transformons en boissons fraîches. Nous travaillons aujourd’hui avec deux coopératives de producteurs au Liban soit 170 agriculteurs.

Quels sont les principaux obstacles que vous rencontrez en tant qu’entrepreneur au Liban?
Il y en a beaucoup. Si l’accès au capital est devenu un peu plus aisé qu’auparavant, les coûts d’enregistrement d’une société sont toujours très élevés, il en est de même pour les taxes. Il existe aussi beaucoup de challenges au niveau de mon secteur. Certains équipements ne sont pas disponibles au Liban et je suis obligé de les commander de l’étranger, ce qui revient plus cher mais également plus coûteux. Pour vous donner un exemple, nous n’avons même pas de bouteilles en verre au Liban. Il faut souligner aussi que le secteur des pommes a toujours été laissé pour compte par le gouvernement contrairement à la production d’olives qui bénéficie de nombreuses incitations. Il est donc plus difficile de développer ce secteur en l’absence de politique incitative sur le long terme.

Soraya Hamdan
 

Malgré un fort potentiel de développement, les agriculteurs propres sont encore trop peu nombreux sur le marché pour offrir des prix attractifs au consommateur.
 

Lentement mais sûrement, le bio prend de l’ampleur au Liban. A l’avant-garde de ce phénomène on trouve le secteur des fruits et légumes. Chaque année, de nouveaux points de vente -magasins, marchés ou encore services de livraison de paniers- voient le jour. On dénombre au total 138 opérateurs certifiés dans le pays, dont 105 sont des fermes ou des coopératives agricoles de fruits et légumes et 11 des distributeurs. Parmi les leaders sur le marché figurent Biomass - compagnie certifiée depuis 2007 et disposant d’un réseau de 40 producteurs dans l’ensemble du pays- ou encore le producteur et distributeur Bioland. «Les gens sont de plus en plus friands de produits bios, en particulier les légumes. Les premiers demandeurs sont les familles qui ont des enfants», observe Zeina Daoud, à la tête de trois boutiques franchisées La vie Claire, via lesquelles elle écoule une partie de sa propre production de fruits et légumes, la marque Le Potager, cultivés à Aamiq dans la Bekaa.

Un fort potentiel
Rien ne manque au secteur pour progresser davantage. «Il y a un grand potentiel de développement. On a beaucoup de terres qui peuvent être converties rapidement et très facilement aux techniques biologiques car elles sont situées dans des régions très propres, que ce soient au Akkar, au Sud Liban, au Chouf à Nabatiyé ou au Hermel», souligne Pauline Eid, directrice du comité d’agriculture organique au ministère de l’Agriculture. Autre acquis: les habitudes des agriculteurs traditionnellement très proches des pratiques organiques. «Au Liban, les techniques bios sont utilisées depuis longtemps dans les fermes libanaises, notamment dans les oliveraies qui sont pour la plupart conduites de façon propre sans être forcément certifiées», indique pour sa part Mirella Aoun, à la tête du département Agriculture à l’Université américaine de Beyrouth (AUB).

Manque de compétitivité
Le secteur gagnerait toutefois à être plus compétitif. Les producteurs souhaitant obtenir la certification n’ont d’abord pas tous les moyens de financer les coûts d’enregistrement auprès de l’agence IMC-Liban, en situation de monopole dans le pays. La compagnie italienne, qui a commencé ses activités au Liban en 2004, est la seule à délivrer des labels bios depuis la fermeture en 2013 de Libancert. «On a beaucoup de gens qui ont cessé d’être certifiés car ils ne pouvaient pas payer le coût de la certification», remarque Pauline Eid. Pour la production végétale, il faut compter au minimum un million de livres libanaises par an de frais à verser à l’organisme. 
Certains ont donc décidé de se passer du label, privilégiant le lien de confiance avec le client. «Nous observons beaucoup de pratiques très intéressantes de la part de producteurs qui ne sont pas labellisés», affirme Cyril Rollinde, cofondateur de Badaro Urban Farmers, un marché de producteurs locaux lancé en novembre 2017 par une dizaine de bénévoles. «C’est pourquoi nous privilégions plutôt le rapport de confiance, la transparence avec les clients et les bonnes pratiques agronomiques que nous allons observer par nous même dans les fermes». Du côté des consommateurs, ceux-ci restent freinés par les prix des produits bios, en moyenne 4 fois plus élevés que ceux des denrées conventionnelles. En cause: le manque de compétitivité du marché dû à un nombre trop faible de producteurs. «L’agriculture biologique a commencé à se développer dans les années 90, avec un pic dans les années 2000. Depuis 2013 on est sur un plateau. Le secteur pourrait se développer beaucoup plus si les prix des produits étaient moins chers. Nous avons besoin d’avoir davantage de producteurs pour booster la consommation», poursuit Pauline Eid. Dans une étude réalisée en collaboration avec le ministère de l’Agriculture, la chercheuse Malak Tleis dresse le portrait type du consommateur bio au Liban: une femme de plus de 36 ans au niveau éducatif élevé. Jusqu’à présent, le bio reste l’apanage d’une élite.

Philippine de Clermont-Tonnerre
 

Jeudi, 05 Avril 2018 02:59

Un passeport biométrique?

Le passeport biométrique est disponible au Liban depuis le 1er août 2016. Toutefois, la remise de titres de voyage relevant de l’ancien «régime» a toujours été permise pour les Libanais résidant à l’étranger. Quels sont les documents requis pour l’obtention d’un passeport biométrique libanais? La Sûreté générale exige les pièces suivantes:
● Un formulaire adéquat pour l’obtention du passeport format A4 (1 an ou 5 ans) octroyé par le maire concerné (suivant le lieu de résidence ou le lieu de registre).
● Une carte d’identité libanaise affichant une photo passeport où les traits du demandeur sont clairement mis en évidence.
● Une photocopie de la carte d’identité.
● Un extrait d’état-civil individuel affichant une photo passeport datant de moins de trois mois.
● Une photocopie de l’extrait d’état civil individuel. 
● Une photo passeport couleur et récente de dimensions 4,5 x 3,5 cm mettant en relief le visage du détenteur sur un arrière-plan blanc, certifiée et signée par le maire après inscription du nom du demandeur, du numéro et du lieu de son registre. La photo doit être conforme aux normes fixées par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).
● L’ancien passeport (si ce dernier existe), avec une photocopie des pages tamponnées.
● Frais légaux exigés.

LES MINEURS
En ce qui concerne les mineurs (moins de 18 ans), l’autorisation des parents est requise. Celle-ci devra être entreprise soit en présence du notaire qui certifiera la signature de chacun d’eux, soit en présence du personnel de la Sûreté générale, qui fera de même. Dans le cas du décès de l’un des parents, ou des deux, ou s’ils sont divorcés, le tuteur légal devra octroyer son autorisation et la faire signer. Ce dernier sera nommé sur décision judiciaire, ou via une procuration conforme aux normes en vigueur. Si le tuteur légal est dans l’impossibilité de se présenter pour émettre son accord, il peut assigner un représentant via une procuration conforme aux normes en vigueur. Si, en revanche, il se trouve à l’étranger, il devra signer une procuration certifiée par l’ambassade libanaise et par le ministère des Affaires étrangères, ou par un notaire spécialisé en l’absence d’une ambassade libanaise dans le pays où il réside (dans ce cas, la préfecture devra certifier la procuration).
Afin de recevoir son titre de voyage le plus rapidement possible, l’intéressé devra se présenter au bureau des relations publiques de la Sûreté générale. Les frais supplémentaires occasionnés par cette demande s’élèvent à 105 000 L.L. A noter que le passeport biométrique libanais doit être renouvelé conformément aux recommandations de l’OIAC. Lorsqu’il expire, il peut être remplacé par un autre, avec  les mêmes frais que pour le précédent document.

ERREUR DE LA SG
Si une erreur est commise de la part de l’administration au niveau du passeport, un procès-verbal est dressé dans le but de l’identifier. Dans ce cas, le ministère des Finances se charge des frais relatifs au remplacement du document. Ce droit n’est plus valable si le procès est entrepris un mois après la remise du passeport au demandeur ou si le passeport a déjà été utilisé.

Natasha Metni Torbey
 

Trois mois après le retrait des blocs de béton aux abords du Parlement, la reprise de l’activité marchande se fait toujours attendre. Depuis, les autorités tentent d’inciter les investisseurs et consommateurs à se réapproprier la région.  

Dans la rue el-Maraad, Houssam Singer dresse les tables de son restaurant. Le manager sait qu’il ne fera pas le plein de couverts aujourd’hui. «On ne stagne pas mais on avance doucement», confie le responsable de Beiruti Atik, un restaurant libanais ouvert il y a 4 mois en lieu et place du Petit café, fermé après des années de bunkerisation du quartier du Parlement. Le 3 janvier dernier, les blocs de béton installés à l’été 2015 au niveau des accès menant au bâtiment ont été retirés à la demande du président de la Chambre, Nabih Berry. Mais après 2 ans et demi d’isolement de la zone, les allers-venues restent timides. «Pour l’instant, on n’est qu’à 50% de notre capacité. Ce serait mieux si mes tables étaient toutes remplies de midi à 22h», reconnaît-il avec un sourire. «Rien n’a changé, on a toujours aussi peu de monde», déplore quant à elle cette vendeuse d’une épicerie située dans la rue Hussein el-Ahdab, de l’autre côté de la place. Houssam, lui, veut croire que le site retrouvera son dynamisme. «Les gens de Beyrouth adorent cette région. Je pense qu’ils vont revenir», gage-t-il.

Des loyers réduits
Dans la foulée de la réouverture de la zone, un comité a été créé à l’initiative du Premier ministre Saad Hariri pour redynamiser la région. L’objectif est d’inciter les commerçants comme les piétons à se réapproprier l’espace. Ses membres sont en pleines négociations avec les propriétaires des échoppes – essentiellement d’anciens waqf détenus par les églises orthodoxe et maronite – pour les convaincre d’appliquer des loyers réduits. Les futurs nouveaux locataires pourraient ainsi bénéficier d’un bail gratuit la première année, d’une remise de 50% la seconde, et n’en payer l’intégralité qu’au bout de la troisième année. «En faisant bien leurs calculs, les propriétaires ont intérêt à faire quelques sacrifices préalables sinon on en a pour des années de désertification qui fera tâche d’huile vers la partie sud du centre-ville, encore relativement préservée», souligne Nicolas Chammas, membre du comité et président de l’Association des commerçants de Beyrouth (ACB). Il dit mener en parallèle des contacts «avec de grands noms de la restauration et du commerce» qu’il souhaiterait voir investir les lieux. «Nous privilégions les nouvelles compagnies. Il faut que les commerçants puissent attirer une clientèle issue de toutes les catégories sociales, économiques et démographiques».

Des festivals organisés
Mais pour revenir, les commerçants veulent des garanties. A commencer par celle que de nouvelles mesures draconiennes ne seront pas reprises aux abords du Parlement. «On a eu des assurances verbales des différents acteurs concernés mais ça ne suffit pas. Il nous faut un engagement au niveau légal», poursuit Nicolas Chammas qui déplore que «le dossier n’aille pas assez vite».
Le centre-ville était déjà en perte de vitesse depuis le plan sécuritaire instauré après les affrontements de 2008. Sept ans plus tard, les commerces n’ont pas survécu à la quasi-fermeture de la place de l’Etoile. Si les piétons pouvaient pénétrer dans la zone, les entrées étaient scrupuleusement filtrées par les forces de l’ordre. Résultat: la population a peu a peu déserté la place de l’Etoile, se rabattant sur les bars situés dans la rue Uruguay. «Le manque à gagner est estimé à plus de 500 millions de dollars par an dans le seul quartier du Parlement où plusieurs dizaines de boutiques ont fermé après les manifestations de 2015».
Pour encourager les habitants à revenir, la municipalité de Beyrouth, membre du comité, a lancé une campagne baptisée Beirut reviving Beirut. «On veut créer une nouvelle atmosphère pour faire revenir les gens dans cette zone qui était un no man’s land, un endroit perçu comme trop sérieux. Il faut que la place devienne une destination de week-end pour les citadins», explique Khalil Choucair, membre du conseil municipal. Quatre manifestations ont déjà été organisées. Pour la fête des mères, une patinoire a été installée autour du rond-point de l’horloge. Fixé à 10 $, le ticket pour 1h de patinage a été subventionné par les organisateurs.

PHILIPPINE DE CLERMONT-TONNERRE

Où en est-on avec l’affaire des prêts logement subventionnés? Inquiétude, questionnements, confusion et polémiques dominent l’opinion publique. Le point sur cette question sensible qui touche la tranche sociale à faible et moyen revenu.

Les prêts bancaires ordinaires pour l’habitat (non subventionnés) en dollar sont disponibles auprès de tous les établissements de crédits libanais à des taux d’intérêts supérieurs à ceux qui étaient appliqués avant la «démission», le 4 novembre 2017, du Premier ministre Saad Hariri. A cette date, toute la structure des taux d’intérêts a été majorée d’au moins deux points pour freiner la sortie de capitaux du pays et maintenir sur le marché une liquidité en livres. Par ailleurs, la Banque de l’Habitat et l’Etablissement public de l’Habitat (EPH) continuent de fonctionner normalement mais sur la base de nouvelles conditions. La problématique concerne uniquement les prêts logement bancaires à taux subventionnés ou bonifiés. Dans ce contexte, il serait bon d’établir les différents mécanismes des prêts subventionnés. Il y a ceux dont les fonds proviennent des réserves obligatoires de chaque banque commerciale, déposés auprès de la BDL (suspendus depuis 2013 par la BDL en raison de l’épuisement des fonds); ceux dont les fonds sont prêtés par la BDL aux banques à un taux de 1%, et les autres qui sont le résultat de protocoles d’accord entre l’EPH d’une part et les différents corps des forces armées et des magistrats, d’autre part.

Pas une politique de l’habitat
Les circulaires de la BDL no 485 et 486 émises en février-mars ont pris de court tous les agents du secteur de l’immobilier: développeurs, acheteurs potentiels et banquiers. En fait, en attendant que le pouvoir exécutif prenne des initiatives pour la relance de l’économie, la BDL a décidé de réorganiser l’octroi des prêts-logement subventionnés. Cette réorganisation tourne autour d’un renforcement du contrôle du mécanisme d’octroi des ces avances et d’une redistribution des responsabilités. La Banque centrale n’entend aucunement procéder à une nouvelle injection de liquidités sur le marché, bien qu’elle soit persuadée que son rôle est d’en injecter pour dynamiser l’économie et assurer une plus large inclusion financière. L’atteinte de ces objectifs devrait épargner au pays toute inflation. Le volume du marché des prêts logement s’est élevé en un an à 3 000 milliards de livres, un montant que la BDL n’entend pas couvrir parce que cela créerait une forte demande sur le dollar dans une conjoncture difficile, alors que la priorité de la Banque centrale est aujourd’hui d’ordre monétaire.
Tout a commencé lorsque la BDL s’est rendu compte qu’en l’espace d’un mois et demi, l’enveloppe de 750 milliards de livres qu’elle avait dédiée, selon des quotas, aux banques commerciales, pour soutenir les intérêts des prêts logement, a été épuisée. Un drôle de phénomène dans un pays qui connaît un ralentissement sans précédent de l’immobilier et qui a laissé la Banque centrale devant de nombreux questionnements.
Dans la pratique, à partir de la promulgation des circulaires, les critères d’éligibilité des bénéficiaires de cette catégorie de crédits ont été plus stricts, les délais de remboursement ont été revus à la baisse et les montants des prêts et du taux d’intérêt à subventionner ont été redéfinis. Le plus important étant que les banques ont été enjointes de compter sur elles-mêmes et d’accorder des prêts de liquidités qu’elles détiennent dans leurs caisses. Le demandeur d’un crédit subventionné ne doit pas posséder de logement sur l’ensemble du territoire libanais et ne doit jamais avoir profité d’une subvention pour l’acquisition d’une résidence, quelle que soit l’institution à laquelle il a eu recours. Quant au délai de remboursement, il a été fixé à 20 ans au lieu de 30 ans. Ce qui met embarrasse nombre de candidats, vu qu’une telle règlementation affaiblit leur pouvoir d’achat, le montant du premier versement, qui est un apport personnel, s’alourdit et affaiblit également le montant du prêt auquel ils ont prétendu.

Les taux en hausse
Les taux d’intérêts devraient augmenter de 0,5% pour les prêts logement connus sous le nom «de prêts de la Banque du Liban». Dans tous les cas de figures, les prêts logement approuvés par les banques commerciales devront être dorénavant validés par la Banque centrale. Toute institution financière qui enfreindrait les nouvelles conditions de la BDL sera passible d’une amende de l’ordre de 15% du montant du prêt. Par ailleurs, à la suite de l’intervention du président de la République, le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, a émis la circulaire 487 en date du 15 mars 2018, acceptant de financer les intérêts sur les prêts immobiliers déjà approuvés dans le cadre de son dernier plan de relance mais pour lesquels les dotations étaient épuisées. Les montants de ces crédits approuvés avant la date de publication de la circulaire seront déduits des enveloppes accordées aux établissements concernés dans le prochain plan de relance, en 2019. Le gouverneur a précisé, en outre, que ces derniers ont jusqu’à fin avril pour bénéficier de cette extension ponctuelle.
Dans l’objectif de doper la croissance économique en ouvrant les vannes des crédits, la BDL s’est assignée un rôle qui n’était pas le sien. Elle est intervenue en accordant des facilités d’octroi par les institutions financières et les banques de prêts à taux d’intérêts subventionnés. Ces avances ont concerné le domaine de l’habitat – un domaine où l’Etat a brillé par l’absence d’une politique nationale du logement – ainsi que tous les secteurs productifs. Sa politique de subventions des crédits bancaires au logement, mise en œuvre entre 2009 et 2017, a permis l’octroi de 131 000 avances pour le montant de 13 milliards $ sur la période couverte. Un nombre de crédits et un montant non négligeables compte tenu de la taille de la population. «C’était une période exceptionnelle, de solde et de rabais. Aujourd’hui, il faut rétablir une situation normale, celle d’avant 2009, laissant aux forces du marché de l’immobilier le loisir de fixer les prix des biens et la structure des taux d’intérêts», a commenté un banquier.
Le resserrement des conditions d’octroi est imputé par certains experts financiers à une mauvaise gestion des banques alors que des banquiers prétendent que les organismes internationaux, qui n’apprécient pas le concept de la subvention, auraient chuchoté à l’oreille du gouverneur de la BDL la nécessité d’arrêter sa politique de soutien aux crédits.

Banque de l’Habitat et EPH
Selon un économiste, il est erroné de dire que les avances accordées par l’EPH ne permettent pas au demandeur d’acquérir un appartement. Le plafond du prêt est de 180 000 $ alors que le prix moyen subventionné des appartements a été de 262 000 $ en 2017. Sachant que le nombre de prêts logements subventionnés consentis en 2017 est d’un peu plus de 6 000 dont plus de 60% l’ont été via l’EPH. Quant à la Banque de l’Habitat, elle dispose d’un quota de 50 milliards de livres en 2018 (alors que celui-ci était de 552 milliards de livres en 2017) et des réserves de liquidités accumulées au cours de 17 ans qu’elle est en mesure d’utiliser. Elle a réussi en 2017 à liquider un stock immobilier d’une valeur de 750 millions $ grâce à ses avances. Son président, Joseph Sassine, est en négociation avec le Fonds arabe pour le développement économique et social afin d’obtenir une ligne de crédit. En cas de conclusion de la transaction, la Banque de l’habitat aura bénéficié de trois lignes de crédit jusqu’à ce jour.

Solutions de long terme
Dans le contexte actuel, banquiers comme citoyens sont insatisfaits. L’emprunt est le corps de métier de la banque alors que le Libanais a droit à un logement décent. Jusque là, l’Etat a renoncé à son devoir, laissant l’habitat à la régulation des forces du marché. Un projet de loi sur le leasing a été avancé en 2012 par l’ancien ministre des Affaires sociales, Waël Bou Faour, qui moisit toujours dans les tiroirs du Parlement. Ce texte aurait été une option valable au niveau de l’acquisition d’un appartement, épargnant aux candidats à la propriété immobilière le poids du premier versement. Dans le même temps, des négociations seraient en cours entre le ministre des Finances, Ali Khalil et l’Association des banques. Elles viseraient à persuader le grand argentier de débloquer un montant d’environ 750 milliards de livres qui seraient consacrées aux subventions des prêts logement destinés aux citoyens à faible et moyen revenu. Il est peu probable que ces négociations aboutissent en cette période préélectorale.
L’élaboration d’une vision économique globale est nécessaire afin que le secteur privé ne soit plus considéré uniquement comme une source de revenu pour le Trésor à travers les taxes et impôts qui lui sont imposés. Toujours est-il qu’il est possible que les banques commerciales, chacune de son côté, œuvrent à signer des lignes de crédits bilatérales ou multilatérales avec des organismes ou institutions financières internationales. Un recours ultime pour une assistance instantanée et provisoire.

Liliane Mokbel

Son père, entrepreneur, souhaitait que son fils Salim Sfeir devienne ingénieur. Mais lui a rapidement compris après de courtes études dans cette branche qu’il n’était pas fait pour ce métier. Il se lance dans la banque.


Salim Sfeir entame sa carrière en 1971 au sein de Bank of Nova Scotia. Pour ce faire, il décroche une licence en sciences économiques de l’université de Montréal et un mastère en gestion des entreprises de l’université de Detroit. Il occupe plusieurs postes de responsabilité à Bank of Nova Scotia et à la Banque Méditerranée puis cofonde Wedge Bank (ME) SAL, basée à Beyrouth. Dans son parcours professionnel, le grand virage est celui de sa décision d’acquérir en 1993, avec une poignée d’investisseurs saisonniers, un petit établissement financier, Bank of Beirut (BoB), doté juste de cinq branches. A cette époque, Salim Sfeir avait proposé à ses actionnaires un plan quinquennal et des objectifs financiers qui ont été entièrement respectés dans les délais. Aujourd’hui, BoB fait partie de la catégorie des banques libanaises Alpha, avec un réseau de plus de 70 branches locales et une présence imposante à l’étranger en conformité avec le slogan de Bob «Banking beyond borders». BoB est présent presque sur tous les continents: en Grande-Bretagne, à Francfort, à Chypre, au sultanat d’Oman (5 branches), au Ghana, au Nigeria, à Dubaï, à Abou Dhabi et en Australie avec 16 branches. Des projets d’expansion sont prévus en Europe et en Afrique. Aussi, il faut souligner que 40% des revenus de BoB proviennent de ses activités bancaires à l’étranger. A Magazine, Salim Sfeir confie que la décision de s’installer à son propre compte ne lui est pas tombée du ciel. «Pendant 25 ans, j’ai retourné le terrain où j’ai décidé de m’installer et de jouer un rôle prépondérant, je l’ai sondé, tâté, étudié ses tenants et aboutissants. Mes ambitions sont sans limites et la chance est une providence», répond-il à une question. Le fait d’être taxé de virulent dans ses propos ne le gêne point, préférant mettre les points sur les i au lieu d’agir en hypocrite. Il considère que l’un des secrets de la réussite est de se fixer un but et de ne jamais le perdre de vue, tout en ne prêtant aucune attention à tous ceux qui gravitent autour et aux commentaires de certains.
Sa stratégie de gestion du quotidien bancaire pivote autour «d’un suivi rapproché de toute action entamée». Selon lui, dans l’immédiat, les responsables devraient s’occuper de préserver l’équilibre qui prévaut dans le pays. A moyen et long termes, des ajustements se feraient dans le respect des standards internationaux. Sur un plan macroéconomique, Salim Sfeir donne la priorité à une préoccupation du service de la dette plutôt qu’au montant de celle-ci. Il est catégorique en affirmant qu’aucune comparaison ne peut être établie entre le cas de la Grèce et celui du Liban.

Stratégie d’expansion
BoB est présent au Sultanat d’Oman, en Grande-Bretagne et à Sydney et ne se trouve ni en Syrie ni en Irak, où de nombreuses banques libanaises se sont implantées. Est-ce que la stratégie de Salim Sfeir est «de se rendre là où les autres n’ont pas encore été»? «Bank of Beirut a une stratégie d’expansion visant tous les pays qui jouissent à la fois d’une stabilité politique, économique et sociale avec une notation d’investissement de qualité, répond le banquier. C’est sur la base de cette vision claire que la BoB s’est étendue en ouvrant des filiales dans des marchés à succès comme l’Australie, le Royaume-Uni, l’Allemagne, Chypre et le Sultanat d’Oman. Nous envisageons aussi d’ouvrir prochainement dans la zone euro, où nous avons des projets qui se concrétisent. Quant aux autres banques, elles ont leur propre agenda et modèle d’affaires et nous ne pouvons que respecter cela. Notre stratégie d’expansion découle d’une vision qui défend un développement bancaire durable plutôt que le profit sur le court terme».
C’est grâce à cette stratégie d’expansion internationale que la BoB a pu tirer son «épingle du jeu» et atteindre un niveau adéquat de diversification en termes de financement et de sources de revenus, loin de l’instabilité locale et régionale et de la forte volatilité, explique M. Sfeir, avant de poursuivre: «Pour composer au mieux avec le marché local, nous avons fait preuve de pragmatisme en adoptant une approche conservatrice de gestion des risques qui consiste à maintenir une liquidité élevée, une bonne qualité des actifs et une diversification en termes de sources de financement et d’activités de prêt. Notre performance en essor continu a d’ailleurs prouvé la pertinence de notre stratégie».
M. Sfeir dénonce «la diabolisation du secteur bancaire», dans le sens ou tous les maux du pays trouveraient leurs racines dans le secteur bancaire. Certains politiques et experts économiques allant même jusqu’à qualifier ce secteur  de «mini-Etat dans l’Etat». «Ce procès que l’on fait au secteur bancaire qualifié de «démon» par certains est une hérésie! C’est presque absurde à mon sens de commettre une erreur aussi grossière que ces accusations qui fusent sans fondement», s’insurge le banquier, avant de se lancer dans un plaidoyer passionné: «Laissons cela derrière nous et rappelons quelques faits essentiels: depuis 1975, notre secteur bancaire a prouvé qu’il était un facteur de stabilité et d’espoir. Il a d’ailleurs permis de préserver l’État libanais et l’a même protégé de ses démons et ce à plusieurs reprises au cours des années et des épreuves. Sa bonne réputation, son sérieux, ses performances et sa résilience ont d’ailleurs dépassé nos frontières, et sont salués par de nombreux acteurs locaux et internationaux».
M. Sfeir poursuit, sur le même ton: «Maintenant, rappelons le rôle vital joué par notre secteur bancaire dans l’économie: il finance le secteur privé local avec 54 milliards USD, soit environ 100% du PIB. Il finance aussi le secteur public avec 32 milliards de dollars supplémentaires et a placé 92 milliards de dollars à la Banque centrale du Liban (BDL) pour soutenir cette dernière qui est garante de la stabilité monétaire et sociale. Imaginez maintenant que nous n’ayons pas ce secteur bancaire pour soutenir tout cela! Que ce serait-il passé alors? Comment qualifier de «démon» un secteur qui réalise actuellement des bénéfices représentant moins de 10% du rendement de l’investissement des actionnaires et moins de 1% du total des actifs? Alors que nous sommes dans une période où nous perdons en attractivité aux yeux des investisseurs, j’estime que c’est un jeu de mauvais goût de nous qualifier de la sorte et j’appelle la presse, les médias et les décideurs à considérer plutôt les faits établis et le rôle vital que nous jouons pour notre pays bien-aimé».

Haro sur la politique fiscale
La nouvelle imposition du secteur bancaire risque-t-elle de nuire au rôle principal qu’il joue tant au niveau du financement de l’Etat que du secteur privé? «Tout comme de nombreux experts, je pense que l’application de ces nouvelles mesures fiscales est en train de tuer à petit feu le dynamisme du secteur privé. Un dynamisme que ce secteur ne cesse de défendre au vu de la conjoncture difficile que traverse le Liban depuis 2011», regrette le patron de la BoB.
«Dès lors, il est tout à fait vrai que la nouvelle imposition du secteur bancaire aura un impact négatif sur la rentabilité des banques, sur leur capitalisation, ainsi que sur la préservation du flux des investissements.
M. Sfeir souligne, au passage, que le système fiscal fait déjà fuir les capitaux étrangers susceptibles d’investir dans des secteurs productifs, y compris dans le secteur bancaire.
Comme piste permettant d’améliorer la situation, le banquier préconise un  réexamen de cette question en élaborant «une véritable stratégie économique et budgétaire avec une vision sur le long terme, cela nous permettrait d’éviter de nous contenter d’une politique fiscale qui taxerait les secteurs rentables».
Les banques libanaises ont-elles un rôle à jouer dans la Conférence de reconstruction et de développement (Cedre) à Paris? A-t-il été consulté pour donner son avis? «En tant que banquiers, nous avons été informés de la conférence et sommes prêts à jouer un rôle comme proposé, précise M. Sfeir. Nous pensons sincèrement que cette conférence est une excellente opportunité pour le pays, car elle lancera un vaste programme d’investissement en capital. Le gouvernement libanais devrait d’ailleurs annoncer prochainement un plan pour développer les infrastructures – ports, aéroport, routes, chemins de fer, ou encore télécoms et autres, un plan évalué à plus de 16 milliards de dollars sur dix ans. Ce programme est essentiel pour accroître la croissance du PIB réel du Liban. Bien sûr, de grandes quantités de fonds seront acheminées par les banques libanaises et nous sommes très bien équipés pour gérer et assumer ce rôle».
M. Sfeir indique que la BoB ne fait pas partie du consortium des quatre banques qui ont proposé d’acheter l’EDL. Cependant, concernant les partenariats public-privé (PPP), il pense que les banques peuvent contribuer et sont capables de financer et de conseiller les clients du secteur privé à participer à ces projets. «Comme vous le savez, l’une des principales motivations du gouvernement libanais à envisager des PPP est la possibilité de trouver de nouvelles sources de financement pour les infrastructures publiques et les besoins de services. Par conséquent, notre secteur a un rôle important à jouer en ce sens», dit-il.

Le Liban reste fragile
Le patron de la BoB s’attend à des perspectives peu reluisantes encore en 2018 avec une situation économique globale au Liban qui reste fragile et une nouvelle année de faible croissance du PIB réel estimé autour de 1,5%. La dette publique passe à 150% du PIB en raison du déficit budgétaire élevé et du déficit du compte courant représentant 20% du PIB. «Pour contrebalancer ces défis, nous continuons cependant d’enregistrer une augmentation constante des entrées de dépôts dans le secteur bancaire, ce qui est nécessaire pour financer notre économie, ajoute M. Sfeir. De plus, le rôle de la Banque centrale en cette période d’incertitude est vital et nous pensons que les opérations réalisées par la BDL sont très importantes pour renforcer les réserves de change et préserver la confiance de notre secteur bancaire».
Malgré les difficultés, Le Liban aura en 2018 des «opportunités à saisir notamment durant les prochaines conférences économiques qui permettront de mobiliser un soutien international au pays et l’adoption du budget 2018». «Il ne faudrait pas oublier aussi la perspective que nous aurons après les élections parlementaires de mai prochain qui devraient permettre d’établir un cadre politique adéquat au soutien de la stabilité macroéconomique et qui mettra en œuvre des réformes structurelles pour stimuler la croissance économique et créer des emplois. D’autre part, la Banque du Liban (BDL) devra augmenter ses taux d’intérêt ou utiliser ses importantes réserves brutes pour répondre aux besoins de financement de l’économie. Le budget de 2018 et la préparation de la prochaine Conférence de Paris pourraient en tout cas fournir des plateformes clés. Du moins, nous le souhaitons vivement», conclut le banquier.

Liliane Mokbel
 

Depuis leur installation en 2007 à Bagdad, Erbil et Bassora, les banques libanaises se sont battues sur un marché complexe. D’ici fin 2015, elles auront une nouvelle échéance à honorer.

Sur un plan organisationnel, laBanque centrale irakienne a décidé de relever les capitaux propres des branches des banques étrangères installées en Irak à 70 millions de dollars. Cette décision respectée, les banques sont autorisées à ouvrir autant de branches qu’elles le souhaitent. D’après certains experts, la nouvelle réglementation portant le No 9/3/288 du 16 octobre 2014 viserait à encourager l’activité des banques étrangères en Irak et, par la suite, à pousser les banques locales à réaliser de meilleures performances au nom de la concurrence. Les banques libanaises, qui ont accueilli favorablement la possibilité d’ouvrir de nouvelles branches, se sont montrées plus réservées quant au montant de la capitalisation requis et au délai de se conformer à la nouvelle directive expirant pour les banques étrangères fin 2015, alors que ce délai est de trois ans pour les banques locales. La date butoir de la fin 2015 a été qualifiée de courte. Parallèlement, les financiers ont considéré avec scepticisme les dispositions de la Banque centrale irakienne selon lesquelles la capitalisation des banques étrangères doit représenter 30% de celle des banques locales. Ce qui signifie, dans la pratique, qu’à chaque fois qu’il sera demandé aux banques locales de relever leurs capitaux propres, il en sera de même pour les banques étrangères dans une proportion de 30%.

 

Marché compliqué
Le parcours des banques libanaises en Irak a débuté en 2007, sachant que la loi concernant les banques irakiennes n’a été promulguée qu’en 2003. Sur le marché irakien, on dénombre aujourd’hui la présence de multiples branches appartenant à neuf banques libanaises, et un bureau de représentation, répartis entre Bagdad, Bassora et Erbil. Il s’agit de Byblos Bank, Intercontinental Bank, la Banque Libano-Française, Bankmed, Bank of Beirut & Arab Countries, le Crédit libanais, Fransabank, Blom Bank et Middle East & Africa Bank, alors que Beirut Bank a ouvert un bureau de représentation et que Audi Bank est en passe d’inaugurer des branches notamment à Najaf et Souleimaniyé, en plus de branches à Bagdad, Bassora et Erbil. Les conditions de travail en Irak rendent l’activité bancaire difficile à gérer vu les limites des autorités monétaires en termes de compétences humaines et techniques. La faiblesse de la culture bancaire de la clientèle n’arrange pas les choses. Aujourd’hui donc, l’activité des établissements bancaires en Irak se concentre sur l’ouverture de crédits documentaires aux agents sans toutefois l’octroi de prêts. L’inexistence d’une centrale des risques et d’un registre de commerce rend l’obtention de toute information financière et économique concernant le client quasiment impossible. A ceci s’ajoute l’interdiction pour les banques de procéder à des hypothèques immobilières, celles-ci n’étant pas autorisées à posséder des propriétés. En parallèle, suivant les données de l’Agence américaine pour le développement, il est fort probable qu’une grande partie des Irakiens n’a pas de comptes bancaires. Par conséquent, le ratio des prêts bancaires rapportés au PIB est l’un des plus faibles dans le monde, ce ratio ne dépassant pas 9%, alors que la moyenne dans les pays de la région Mena s’articule autour de 55%. Aussi l’absence d’un mécanisme de domiciliation des salaires est de nature à freiner le développement des prêts individuels.

 

PAGES RÉALISÉES PAR LILIANE MOKBEL

Mercredi, 17 Décembre 2014 02:59

Moyen-Orient

Asie centrale  
IDB Finance implante des cliniques mobiles

Islamic Development Bank (IDB), basée à Jeddah, et le Kirghizstan ont signé un accord en vertu duquel la banque islamique s’est engagée à assurer le financement de cinq cliniques mobiles consacrées aux soins médicaux. Ces cliniques seraient déployées dans les zones rurales en Asie centrale. Le projet de la clinique mobile au Kirghizstan s’inscrit dans le cadre du programme d’un coût de 266,5 millions de dollars financé par le royaume wahhabite et exécuté par l’IDB. Ce programme consiste à implanter 75 cliniques mobiles dans plusieurs pays islamiques à savoir, outre le Kirghizstan, le Pakistan, le Tadjikistan, l’Afghanistan et le Yémen. Les cliniques mobiles offriraient une panoplie de services dont des soins médicaux généralistes, la radioscopie et la mise à niveau du personnel médical.          

Budget
Huit nouveaux ministres en Arabie saoudite

Le roi Abdallah d’Arabie saoudite a nommé par décret royal huit ministres pour s’occuper de la restructuration des contentieux relevant des ministères de la Santé, de l’Enseignement supérieur, du Transport, de l’Agriculture, de l’Information et des Affaires islamiques. Parallèlement, les ministères jugés d’une importance prioritaire n’ont pas subi de changement au niveau de leurs responsables, à savoir ceux des Finances, du Pétrole, de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de la Défense. Les dispositions du décret royal étaient concises, soulignant que la restructuration concernerait le budget de 2015 sans autres précisions. De toute évidence, la restructuration devrait anticiper la baisse attendue des revenus du royaume provenant de l’exportation du pétrole. Le prix du baril de pétrole a reculé ces derniers mois à son niveau le plus bas depuis quatre ans.

Mercredi, 17 Décembre 2014 02:54

Indices

Eau
Une part importante des aides

Selon la dernière lettre d’information du ministère des Finances portant sur les aides internationales au Liban, le secteur de l’eau a accaparé une part substantielle de celles-ci pendant les mois de juillet et d’août 2014. En juillet, le pays a obtenu une assistance globale de l’ordre de 8,39 millions de dollars pour l’amélioration de l’alimentation en eau dans ses différentes régions notamment au Akkar (1,73 million de dollars) et dans la Békaa. En août, le gouvernement libanais a signé deux accords de prêts avec la Banque mondiale d’un montant de 474 millions de dollars consacrés à l’augmentation de l’approvisionnement en eau de Beyrouth et du Mont-Liban. Le montant de ces accords est réparti comme suit: 319 millions de dollars alloués à la construction des installations, alors que 155 millions seraient réservés aux expropriations.

Filiales syriennes
Résultats encore dans le vert

Les filiales syriennes des banques libanaises ont enregistré une baisse des profits combinés de l’ordre de 6,32% à fin septembre 2014 sur un an. Néanmoins, leurs résultats financiers sont restés dans le vert, continuant à dégager des bénéfices de l’ordre de 62,18 millions de dollars (sur base de la valeur de change de la livre syrienne contre le dollar au 9e mois de septembre 2014).
Les filiales syriennes ont enregistré sur la période couverte les résultats suivants: Bank Audi Syria (15,64 millions de dollars), Bank of Syria & Overseas (8,34 millions de dollars), Byblos Bank Syria (3,87 millions de dollars), Bemo Bank Saudi Fransi (14,82 millions de dollars), Sharq Bank (5,25 millions de dollars), Fransabank Syria (18,14 millions de dollars) et Syria Gulf Bank (pertes 3,88 millions de dollars).

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Éditorial
Déficit de confiance

Les Libanais n’attendaient pas la mise en garde du président Michel Aoun sur le danger de la faillite de l’Etat pour se rendre compte de la gravité de la situation. Un vent de panique, encore contenu, bruisse dans le pays. Des rumeurs mais aussi des informations vraies sur la fragilité des finances publiques foisonnent. On chuchote au sujet de la fuite de capitaux; d’un infléchissement de la politique monétaire de la Banque du Liban, suffisamment important pour provoquer l’effondrement du cours de la monnaie nationale d’ici la fin de l’année; on murmure que la banque centrale cherche, désespérément et difficilement, à acquérir des dollars pour renforcer ses réserves. Les analyses prévoyant un conflit régional d’envergure, dont une attaque israélienne contre le Liban ne serait que l’une des facettes, n’arrangent pas les choses. Les menaces israéliennes d’une «guerre destructrice» contre le Hezbollah, proférées lundi, les confirment. Les craintes sont tellement tenaces que même la «positive attitude» des plus optimistes ne parvient plus à les atténuer… ni les «bonnes nouvelles» attendues de la conférence Cèdre I.      Un déficit de confiance fondamental semble s’être installé dans le pays. Tous les jours, la méfiance grandit et enfouit ses racines plus profondément. Le plus grave, c’est que lesdites «mesures d’austérité» adoptées par le gouvernement dans le cadre du projet de budget 2018 ne sont perçues, par une majorité de Libanais, que comme de la poudre aux yeux. Ce n’est pas en réduisant de 20% les dépenses des ministères que l’on règlera le problème. Un telle démarche est non seulement insuffisante mais aussi contre-productive, car les coupes touchent indistinctement tous les ministères, y compris, par exemple, celui des Affaires sociales, qui apporte une aide modeste mais salutaire à des milliers de familles qui peinent à remplir leur panier de la ménagère.Une fois de plus, le gouvernement ne regarde que la partie visible de l’iceberg. Il ignore le vrai problème, celui de la corruption institutionnalisée, de ces minces mais intarissables filets de gaspillage, qui pompent des milliards tous les jours. Une fois de plus, l’Etat ponctionne le portefeuille déjà vide des classes les plus démunies, et ferme les yeux face aux abus des plus puissants. Qu’en est-il des biens maritimes exploités illégalement? Des évasions fiscales? Des catégories de privilégiés ou de protégés qui inondent le marché de biens manufacturés importés sans payer un sou à la douane? Des milliards dépensés par les officiels en voyages, aux frais du contribuable? Des commissions payées et perçues dans le cadre de contrats de gré à gré? La liste est interminable…Le déficit des finances est, désormais, couplé à un défaut de confiance. Les soins palliatifs ne sont plus utiles. Un traitement lourd est nécessaire. Y a-t-il un médecin dans la salle?    


 Paul Khalifeh
   

Combien ça coûte

Un passeport biométrique?
Le passeport biométrique est disponible au Liban depuis le 1er août 2016. Toutefois, la remise de titres de voyage relevant de l’ancien «régime» a toujours été permise pour les Libanais…

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