Economie
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Nº 3085 du vendredi 5 janvier 2018

Economie

Pourquoi les banques domestiques sont-elles réticentes à ouvrir un compte bancaire aux sociétés off-shore libanaises? Jacques A. Saadé, managing partner à Mazars Saadé, répond aux questions de Magazine.

Pourquoi les hésitations à ouvrir un compte bancaire aux sociétés off-shore de la part des banques?
Ces hésitations sont dues aux polémiques qui ont suivies la crise financière de 2008, liées à certains centres offshores tels que Panama, Jersey, British Virgin Islands (BVI) etc., ainsi qu’aux récents scandales d’évasions fiscales et de blanchiment d’argent révélées dans le cadre de Panama Papers et Paradise Papers. Ces polémiques ont amené les correspondants étrangers des banques locales à être réticents vis-à-vis des transferts destinés aux sociétés offshores libanaises, déclare Jacques Saadé. La société offshore libanaise est exemptée de l’impôt sur les sociétés et paie un impôt forfaitaire d’un million de livres libanaises, et ceci en raison de ses activités extra territoriales. Mais il faut rappeler que contrairement aux autres sociétés offshores situées dans des juridictions telles que Jersey, BVI, Panama, la compagnie offshore libanaise est constituée sous forme de société anonyme libanaise avec des organes de délibération et de gestion, à savoir les assemblées générales et le conseil d’administration, ainsi que des organes de contrôle représentés par le commissaire aux comptes. Les comptes des sociétés offshores libanaises sont audités et déposés annuellement au greffe du tribunal de commerce. La société est, en outre, tenue de présenter une déclaration fiscale annuelle au ministère des Finances, et elle est soumise aux mêmes règles fiscales et sociales pour ce qui est de ses employés résidant et travaillant au Liban.
La société offshore est transparente, et comme les sociétés anonymes elle est interdite d’émission d’actions au porteur. Elle peut jouer le rôle d’une holding pour les filiales étrangères des groupements de sociétés. Elle est soumise aux contrôles des autorités monétaires et fiscales libanaises. Les banques libanaises qui ont accès à toutes les informations de leur clientèle grâce aux dispositions liées à l’échange automatique d’informations financières, doivent pouvoir lever leurs réserves et celles de leurs correspondants, vis-à-vis des sociétés offshores libanaises, surtout que la place financière qu’est Beyrouth a été épargnée par les récents grands scandales financiers et fiscaux et a fait preuve de transparence avec les autorités monétaires et de régulations internationales.    

Est-il normal qu’une des grandes banques libanaises ait ouvert un compte pour une société offshore et l’ait refermé 48 heures plus tard?
C’est un cas très exceptionnel. Mais, si une banque ouvre un compte pour n’importe quelle personne physique ou morale, offshore ou locale, et le referme 48 heures plus tard, ceci pourrait être dû à des informations que la banque a obtenues sur le titulaire de ce compte ou sur les origines des fonds que ce dernier devrait recevoir. Ces informations, qui n’étaient pas disponibles lors de la due diligence qui doit être effectuée avant l’ouverture du compte, ont été reçues a posteriori. La banque a le droit de clôturer les comptes de ses clients à tout moment, pour des raisons de «compliance» règlementaire, sans être obligée de divulguer les motifs de la fermeture des comptes: ceci fait partie du secret bancaire toujours en vigueur au Liban.

 

Est-ce que les banques font des excès de «compliance» en refusant d’ouvrir des comptes aux sociétés offshore libanaises?
Chaque banque peut avoir ses propres standards pour ce qui est de la procédure d’acceptation de nouveaux clients. Par exemple, certaines banques opérant au Liban préfèrent se concentrer uniquement sur une clientèle internationale et corporate. Pour ce qui est du refus d’ouverture de comptes aux sociétés offshore libanaises, comme je l’ai déjà mentionné, la société offshore est totalement transparente.
A partir du moment où les sociétés offshores libanaises respectent totalement les règles en vigueur,  je ne vois pas de raison de ne pas accepter de leur ouvrir de compte bancaire, mis à part bien entendu le problème liés aux correspondants des banques libanaises que j’ai déjà mentionné.

Liliane Mokbel

La start-up libanaise Modeo a été considérée comme la plus «disruptive» au GITEX de Dubaï. Rencontre avec son cofondateur, Emile Arayes.

Comment avez-vous eu l’idée de Modeo?
En tant que jeunes architectes, nous avons toujours aimé créer mais nous n’avons pas toujours le temps ou le budget pour concevoir des meubles sur-mesure. A chaque fois, il nous fallait créer nos pièces à partir de zéro et nous nous sommes toujours demandés pourquoi il n’existait pas un moyen plus facile de concevoir ses propres meubles? L’idée a ainsi évolué en start-up, notamment quand nous avons été sélectionnés par l’accélérateur Speed.

Quel problème essayez-vous de résoudre?
Lorsque l’on démarre un nouveau chapitre de sa vie, cela peut être un peu risqué d’investir de grosses sommes dans l’ameublement. Tout peut changer rapidement : vos goûts, les circonstances... C’est pourquoi beaucoup de personnes optent pour des modules à assembler soi-même afin de faire des économies, mais souvent ces meubles sont d’une moindre qualité, prennent du temps à être montés et créent un chantier à la maison. C’est pourquoi nous avons eu l’idée de Modeo.

 

Pouvez-vous expliquer le concept?
Modeo est une application mobile qui permet de concevoir et de faire produire soi-même ses meubles personnalisés. Notre technologie permet de visualiser le meuble en réalité augmentée et de commander les différentes pièces le composant qui seront ensuite livrées au domicile de chaque particulier. Ces pièces sont modulables et s’assemblent et se désassemblent très facilement. Si vous ne voulez plus d’un meuble, vous pouvez réutiliser ses pièces pour en créer un autre, un peu comme des Legos.

Quels sont les obstacles que vous rencontrez en tant qu’entrepreneur au Liban?
Comme nous travaillons sur un produit physique à livrer, il faut qu’il soit suffisamment bien développé pour que les gens soient prêts à payer pour cela. Il est donc nécessaire de bien investir dans le prototype.  Cette phase demande à l’entreprise beaucoup de temps
et d’argent avant de commencer à générer
des revenus.

Soraya Hamdan
 

Mercredi, 03 Janvier 2018 23:48

Le miel libanais. Un marché en devenir?

On l’appelle le pays du miel et du lait. Pourtant, l’apiculture libanaise est encore très marginalisée. Où en est le développement de ce secteur? Quels sont les nouveaux acteurs? Quelles sont les difficultés auxquelles ils font face?

Le Liban est un des rares pays au monde où les abeilles se nourrissent de sources naturelles de nectar toute l’année, permettant une très grande variété de miel, explique Riad Saadé, président du CREAL, le Centre de recherches et d’études agricoles libanais.
«La diversité de climat et la biodiversité végétale particulières au Liban, permettent de produire trois types de miel différents sur trois saisons: le miel des zones côtières (les abeilles se nourrissent du pollen des fleurs d’agrumes), le miel noir de moyenne altitude et le miel des hautes montagnes (plus de 1 200m d’altitude)», détaille le chercheur.
Depuis quelques années, les ONG internationales s’intéressent à ce secteur, qui pourrait booster le développement des régions rurales dans tout le pays. En effet, l’apiculture est une activité lucrative qui nécessite peu d’investissement initial. «L’élevage d’abeilles est une occupation lucrative vu le faible investissement par ruche: 100 dollars environ, explique le chercheur, et les revenus escomptables, si l’apiculteur assure un rendement moyen de 20 kg par ruche, peuvent s’établir à 600 dollars par ruche dès la première année. Encore faut-il qu’il veuille bien s’en occuper», nuance-t-il.
C’est ce que confirme Roland Kaddoum, un nouvel acteur sur le marché du miel, qui précise que si le métier s’apprend facilement, deux ingrédients sont tout de même nécessaires pour réussir: la passion et le savoir-faire. «Nous traitons avec des créatures très sensibles que sont les abeilles, l’apiculteur doit donc veiller au grain et être là au risque d’encourir d’énormes pertes».

Nouveaux acteurs
Ces cinq dernières années ont été marquées par l’arrivée sur le marché de nouveaux acteurs et investisseurs. Roland Kaddoum va lancer le miel du Nazih. Ce médecin de profession voue depuis longtemps une véritable passion pour l’apiculture qui lui vient de son père, lui-même apiculteur. «Quand mon père est décédé, j’ai voulu reprendre son affaire et l’amener à un autre niveau, la faire évoluer, explique l’entrepreneur. Aujourd’hui nous avons environ 200 ruches et produisons quelques 900 kilos de miel annuellement.
Marc Antoine Bou Nassif a lui cofondé L’Atelier du miel en 2012, avec son frère et un ami également par passion. «Nous sommes tous les trois des passionnés de nature et ce fut une occasion pour nous de découvrir tout le territoire, les types de floraisons ainsi que les saisons. Nous avons ainsi créé la route du miel sur laquelle nous déplaçons nos ruches pour suivre les floraisons. Nous produisons de cette manière plus de 30 variétés de miel et permettons à nos abeilles de se nourrir toute l’année naturellement».

Obstacles au développement
Selon le ministère de l’Agriculture, cité par une enquête de la BlomInvest, le Liban compte sur son territoire environ 6 340 apiculteurs, qui possèdent 274 390 ruches. La production de miel fluctue au fil des années, en fonction de la météo et de l’écosystème. Dans les saisons de forte récolte, une ruche contenant 60 000 à 70 000 abeilles produit environ 50 kg de miel. Ce volume diminue à seulement 10 kg/ruche dans les mauvaises années.
Malgré les avantages compétitifs du Liban sur le secteur, les professionnels doivent faire face à de nombreux obstacles. Le premier étant, selon les sources interrogées par Magazine, la «concurrence déloyale» de produits de moindre qualité importés au Liban et vendus sous le label de miel local. «Des miels venus de Chine ou d’ailleurs sont vendus avec une appellation de haute qualité comme s’ils étaient récoltés au Liban», explique Roland Kaddoum.
C’est aussi ce que souligne le cofondadeur de L’Atelier du Miel. «Les obstacles principaux sont la contrefaçon et l’absence de réglementation. Aujourd’hui, n’importe qui peut inscrire le label qu’il souhaite sur son produit et le commercialiser comme un miel de qualité. Au niveau sanitaire, il n’existe pas non plus de permis sanitaire pour avoir des ruches et s’en occuper».
Autre obstacle souligné par l’entrepreneur, le manque de professionnalisme des apiculteurs qui exerce souvent cette profession en métier d’appoint. «Aujourd’hui, beaucoup d’entre eux pratiquent encore ce métier de façon marginale et désorganisée», explique-t-il.
C’est aussi ce que souligne le président du Creal. «Les apiculteurs, à quelques rares exceptions, ne maîtrisent pas  les techniques d’élevage des abeilles, tant au niveau du choix des reines qu’à celui des soins et traitements des ruches, jusqu’à la récolte du miel. Ceci réduit la moyenne de production à près de 6 kg/an/ruche alors que la moyenne mondiale est de 20 kg/an/ruche», souligne-t-il.
Pour Marc Antoine Bou Nassif, «ce qu’il faut aujourd’hui pour redonner au Liban sa place sur le marché du miel, c’est un effort du gouvernement pour rajeunir le métier, le rendre tendance et le professionnaliser».

Soraya Hamdan

La création d’un fonds privé doté d’une enveloppe d’un milliard de dollars pour sauver les acteurs ayant investi dans l’immobilier de luxe a été annoncée fin 2017. Comment fonctionne ce fonds? Quel impact aura-t-il sur le secteur? Est-ce une bonne affaire pour l’acheteur? Explications.

«Un fonds privé a été créé dans le but de soutenir le secteur immobilier en crise au Liban, plus particulièrement l’immobilier de luxe qui se concentre de Ramlet el-Bayda à Achrafié, explique à Magazine Massaad Fares, directeur-associé de la société Legacy Central, créée spécifiquement pour gérer ce fonds. Concrètement, Legacy Central va acquérir des propriétés dans des projets de luxe presque achevés ou inachevés, diversifiés et demandés, sur le marché stagnant, auprès de développeurs qui se trouvent en difficulté de remboursement de prêts ou de manque de liquidités, et qui n’arrivent plus, par conséquent, à financer la fin des travaux.
Car si l’immobilier tourne au ralenti depuis le début de la crise syrienne, c’est bien le secteur du luxe qui est le plus affecté. Les propriétaires arabes revendent aujourd’hui leurs biens et ne trouvent pas d’acheteurs et ce, pour plusieurs raisons. Les grandes surfaces et les appartements à grands budgets n’ont pas la côte en ce moment, le pays étant en pleine crise économique, la diaspora libanaise attend des jours plus favorables. Résultat: de nombreux projets en construction sont achevés et l’offre est très largement supérieure à la demande. Parmi les zones concernées, le centre-ville, le front de mer ou encore quelques appartements luxueux à Achrafié.

 

Immeubles vides
«C’est la première fois que l’on voit autant d’immeubles vides sur le marché, insiste de son côté Guillaume Boudisseau, expert immobilier à Ramco. Il y a des promoteurs qui essaient de vendre depuis quatre ou cinq ans et qui n’y parviennent pas. On parle de gros budgets, allant de 1 à 2 millions de dollars. Au centre-ville par exemple, il y a environ 250 appartements de luxe qui sont terminés, et qui restent invendus, indique Guillaume Boudisseau. Cela représente un stock de 79 500 m2 de surfaces résidentielles sur 425 000 m2 bâtis. Ces appartements correspondent à une valeur marchande d’environ 750 millions de dollars sans tenir compte de la marge de négociation lors de l’achat». Selon l’expert, il est aujourd’hui possible de trouver des appartements de luxe au centre-ville à partir de 5 000 dollars le mètre carré en premier étage, une situation pratiquement inédite.
Pour Massaad Fares, le fonds va donc se concentrer particulièrement sur l’immobilier de luxe, qui est le plus en difficulté pour l’instant avec une baisse d’environ 30 à 35% depuis 2011. «Le stock du marché de luxe comprend à présent environ 1 200 unités dont la valeur s’élève à plus de 3 milliards de dollars, ajoute Massaad Fares. Evidemment, ce fonds ne peut pas liquider la totalité du stock qui s’accumule au fil des années, mais il sera d’une aide majeure».

Sauver le promoteur

La question se pose alors de savoir quels seront les effets de ce fonds sur le marché immobilier libanais? Pour Guillaume Boudisseau, «il s’agit surtout d’un fonds pour sauver le promoteur en premier lieu. C’est une forme de spéculation car le fonds consiste à racheter un appartement à prix cassé pour ensuite le revendre à un client en réalisant un petit profit. Cela permet de sauver tous les acteurs ayant investi dans l’immobilier de luxe et n’ayant pas pu honorer leurs engagements: le promoteur mais aussi le plombier qui n’a pas pu être payé, le cuisiniste etc...». Massaad Fares insiste sur la nécessité «que le gouvernement introduise quelques initiatives stimulantes qui encourageraient le marché de l’immobilier à se relever, des initiatives qui s’appliquent par exemple ailleurs, telles que l’enregistrement gratuit ou la réduction des frais d’enregistrement, l’abolition ou la réduction de certaines taxes. Comme par  exemple, les efforts faits par la BDL qui a introduit des initiatives très encourageantes auprès des expatriés et des émigrés, principalement les prêts hypothécaires au taux d’intérêt de 2%».
Le lancement de ce fonds ne devrait affecter le marché immobilier que légèrement, dans le sens où il va surtout soulager les promoteurs immobiliers en difficulté, permettre aux banques d’être remboursées et apporter un petit bénéfice aux investisseurs. En revanche, l’acheteur final risque de payer plus cher que s’il avait négocié directement avec le promoteur.

Soraya Hamdan

Depuis leur installation en 2007 à Bagdad, Erbil et Bassora, les banques libanaises se sont battues sur un marché complexe. D’ici fin 2015, elles auront une nouvelle échéance à honorer.

Sur un plan organisationnel, laBanque centrale irakienne a décidé de relever les capitaux propres des branches des banques étrangères installées en Irak à 70 millions de dollars. Cette décision respectée, les banques sont autorisées à ouvrir autant de branches qu’elles le souhaitent. D’après certains experts, la nouvelle réglementation portant le No 9/3/288 du 16 octobre 2014 viserait à encourager l’activité des banques étrangères en Irak et, par la suite, à pousser les banques locales à réaliser de meilleures performances au nom de la concurrence. Les banques libanaises, qui ont accueilli favorablement la possibilité d’ouvrir de nouvelles branches, se sont montrées plus réservées quant au montant de la capitalisation requis et au délai de se conformer à la nouvelle directive expirant pour les banques étrangères fin 2015, alors que ce délai est de trois ans pour les banques locales. La date butoir de la fin 2015 a été qualifiée de courte. Parallèlement, les financiers ont considéré avec scepticisme les dispositions de la Banque centrale irakienne selon lesquelles la capitalisation des banques étrangères doit représenter 30% de celle des banques locales. Ce qui signifie, dans la pratique, qu’à chaque fois qu’il sera demandé aux banques locales de relever leurs capitaux propres, il en sera de même pour les banques étrangères dans une proportion de 30%.

 

Marché compliqué
Le parcours des banques libanaises en Irak a débuté en 2007, sachant que la loi concernant les banques irakiennes n’a été promulguée qu’en 2003. Sur le marché irakien, on dénombre aujourd’hui la présence de multiples branches appartenant à neuf banques libanaises, et un bureau de représentation, répartis entre Bagdad, Bassora et Erbil. Il s’agit de Byblos Bank, Intercontinental Bank, la Banque Libano-Française, Bankmed, Bank of Beirut & Arab Countries, le Crédit libanais, Fransabank, Blom Bank et Middle East & Africa Bank, alors que Beirut Bank a ouvert un bureau de représentation et que Audi Bank est en passe d’inaugurer des branches notamment à Najaf et Souleimaniyé, en plus de branches à Bagdad, Bassora et Erbil. Les conditions de travail en Irak rendent l’activité bancaire difficile à gérer vu les limites des autorités monétaires en termes de compétences humaines et techniques. La faiblesse de la culture bancaire de la clientèle n’arrange pas les choses. Aujourd’hui donc, l’activité des établissements bancaires en Irak se concentre sur l’ouverture de crédits documentaires aux agents sans toutefois l’octroi de prêts. L’inexistence d’une centrale des risques et d’un registre de commerce rend l’obtention de toute information financière et économique concernant le client quasiment impossible. A ceci s’ajoute l’interdiction pour les banques de procéder à des hypothèques immobilières, celles-ci n’étant pas autorisées à posséder des propriétés. En parallèle, suivant les données de l’Agence américaine pour le développement, il est fort probable qu’une grande partie des Irakiens n’a pas de comptes bancaires. Par conséquent, le ratio des prêts bancaires rapportés au PIB est l’un des plus faibles dans le monde, ce ratio ne dépassant pas 9%, alors que la moyenne dans les pays de la région Mena s’articule autour de 55%. Aussi l’absence d’un mécanisme de domiciliation des salaires est de nature à freiner le développement des prêts individuels.

 

PAGES RÉALISÉES PAR LILIANE MOKBEL

Mercredi, 17 Décembre 2014 02:59

Moyen-Orient

Asie centrale  
IDB Finance implante des cliniques mobiles

Islamic Development Bank (IDB), basée à Jeddah, et le Kirghizstan ont signé un accord en vertu duquel la banque islamique s’est engagée à assurer le financement de cinq cliniques mobiles consacrées aux soins médicaux. Ces cliniques seraient déployées dans les zones rurales en Asie centrale. Le projet de la clinique mobile au Kirghizstan s’inscrit dans le cadre du programme d’un coût de 266,5 millions de dollars financé par le royaume wahhabite et exécuté par l’IDB. Ce programme consiste à implanter 75 cliniques mobiles dans plusieurs pays islamiques à savoir, outre le Kirghizstan, le Pakistan, le Tadjikistan, l’Afghanistan et le Yémen. Les cliniques mobiles offriraient une panoplie de services dont des soins médicaux généralistes, la radioscopie et la mise à niveau du personnel médical.          

Budget
Huit nouveaux ministres en Arabie saoudite

Le roi Abdallah d’Arabie saoudite a nommé par décret royal huit ministres pour s’occuper de la restructuration des contentieux relevant des ministères de la Santé, de l’Enseignement supérieur, du Transport, de l’Agriculture, de l’Information et des Affaires islamiques. Parallèlement, les ministères jugés d’une importance prioritaire n’ont pas subi de changement au niveau de leurs responsables, à savoir ceux des Finances, du Pétrole, de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de la Défense. Les dispositions du décret royal étaient concises, soulignant que la restructuration concernerait le budget de 2015 sans autres précisions. De toute évidence, la restructuration devrait anticiper la baisse attendue des revenus du royaume provenant de l’exportation du pétrole. Le prix du baril de pétrole a reculé ces derniers mois à son niveau le plus bas depuis quatre ans.

Mercredi, 17 Décembre 2014 02:54

Indices

Eau
Une part importante des aides

Selon la dernière lettre d’information du ministère des Finances portant sur les aides internationales au Liban, le secteur de l’eau a accaparé une part substantielle de celles-ci pendant les mois de juillet et d’août 2014. En juillet, le pays a obtenu une assistance globale de l’ordre de 8,39 millions de dollars pour l’amélioration de l’alimentation en eau dans ses différentes régions notamment au Akkar (1,73 million de dollars) et dans la Békaa. En août, le gouvernement libanais a signé deux accords de prêts avec la Banque mondiale d’un montant de 474 millions de dollars consacrés à l’augmentation de l’approvisionnement en eau de Beyrouth et du Mont-Liban. Le montant de ces accords est réparti comme suit: 319 millions de dollars alloués à la construction des installations, alors que 155 millions seraient réservés aux expropriations.

Filiales syriennes
Résultats encore dans le vert

Les filiales syriennes des banques libanaises ont enregistré une baisse des profits combinés de l’ordre de 6,32% à fin septembre 2014 sur un an. Néanmoins, leurs résultats financiers sont restés dans le vert, continuant à dégager des bénéfices de l’ordre de 62,18 millions de dollars (sur base de la valeur de change de la livre syrienne contre le dollar au 9e mois de septembre 2014).
Les filiales syriennes ont enregistré sur la période couverte les résultats suivants: Bank Audi Syria (15,64 millions de dollars), Bank of Syria & Overseas (8,34 millions de dollars), Byblos Bank Syria (3,87 millions de dollars), Bemo Bank Saudi Fransi (14,82 millions de dollars), Sharq Bank (5,25 millions de dollars), Fransabank Syria (18,14 millions de dollars) et Syria Gulf Bank (pertes 3,88 millions de dollars).

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Éditorial
Deux priorités en 2018

L'heure n’est pas aux bilans mais aux perspectives d’avenir. 2018 est une année charnière pour la stabilité politique du Liban et le sauvetage de son économie. La réanimation des institutions, fin 2016, après deux ans et demi de coma, avec l’élection d’un président de la République, la désignation d’un Premier ministre et la formation d’un gouvernement, reste incomplète. Elle ne sera menée à terme qu’avec le renouvellement du Parlement, dont le mandat aurait dû s’achever en juin 2013, mais qui s’est maintenu en vie en auto-prorogeant sa législature à trois reprises. Les élections parlementaires de mai 2018 sont donc une étape cruciale dans le processus de normalisation de la vie politique nationale. Ces élections sont d’autant plus importantes que la prochaine Chambre promet d’être un brin plus représentative que les précédentes, grâce notamment au mode de scrutin proportionnel, appliqué au Liban pour la première fois. Certes, la classe politique a trouvé le moyen de transformer cette avancée de géant en modeste petit pas. Elle a, par exemple, introduit le concept du vote préférentiel restrictif – dans les grandes circonscriptions les électeurs sont ainsi contraints de «préférer» un candidat uniquement originaire de leur caza, ce qui limite leur choix. Malgré cela, la nouvelle loi électorale devrait permettre de briser, partiellement sans doute, les monopoles et autres exclusivités communautaires, exercées par les mêmes partis ou figures depuis des décennies. De gros investisseurs privés ou institutionnels attendent cette échéance capitale pour arrêter leurs plans et faire connaître leurs intentions à moyen et long termes.  Les investisseurs observent aussi avec un intérêt marqué l’avancement du processus d’exploitation, par le Liban, de ses ressources en hydrocarbures. Il s’agit, là, de la seconde priorité nationale en 2018, dont dépendra, peut-être, la stabilité de la livre libanaise, et, par conséquent, la préservation de l’ordre social. Avec une dette et un service de la dette qui atteindront des sommets inégalés cette année et un ratio dette/PIB qui va encore augmenter, l’Etat aura besoin soit de recettes supplémentaires soit d’un miracle. Certes, si les forages commencent en 2019, le Liban devra attendre cinq ans avant de toucher des dividendes. Mais le seul fait que le processus soit solidement mis sur les rails est susceptible de déclencher un cercle vertueux qui permettrait, par exemple, à l’Etat libanais d’emprunter sur les marchés financiers internationaux à des taux préférentiels. Le Liban doit relever ces deux défis dans un contexte régional pas très avantageux, il est vrai, mais moins dangereux que les années précédentes, surtout en Syrie, où la guerre semble toucher à sa fin. Quoi qu’il en soit, les Libanais peuvent capitaliser sur les réalisations accomplies l’année dernière. Car, quoi qu’en disent les plus sceptiques et les gens de mauvaise foi, 2017 a été plutôt positive: une stabilité politique qui s’est manifestée dans l’affaire Hariri, une stabilité sécuritaire qui s’est concrétisée dans la victoire contre les takfiristes, et une résilience économique qui a fait ses preuves également lors de la crise de la démission du Premier ministre.


 Paul Khalifeh
   

LES CHIFFRES

7,9 milliards $. Les besoins des finances en 2018
Le ministère des Finances aurait besoin de 7,9 milliards $ pour couvrir ses obligations venant à échéance en 2018 alors que la solvabilité de la Banque du Liban (BDL) contribue…

Santé

Podologie. Quand la santé des pieds affecte celle du corps
Pieds plats, déformations plantaires, tendinite achilléenne, … Tout dysfonctionnement au niveau du pied entraîne inéluctablement des douleurs au niveau du…

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