Fileb. L’impression en 3D à partir des déchets
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Nº 3077 du vendredi 5 mai 2017

Fileb. L’impression en 3D à partir des déchets

 
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    Fileb. L’impression en 3D à partir des déchets
    Fileb, créé par Guillaume Credoz avec Stéphanie Rizk, ambitionne de révolutionner l’impression digitale en lançant, sur le marché libanais, la fabrication de filaments, ces matériaux qui permettent d’imprimer en 3D...
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Fileb, créé par Guillaume Credoz avec Stéphanie Rizk, ambitionne de révolutionner l’impression digitale en lançant, sur le marché libanais, la fabrication de filaments, ces matériaux qui permettent d’imprimer en 3D à partir de déchets. Explications avec son fondateur.

Pouvez-vous présenter Fileb?
Fileb produit la matière nécessaire au fonctionnement des machines 3D: le filament. Elle fait partie du groupe Bits to Atoms, un ensemble d’entreprises qui transforment l’information digitale en objets physiques. Avant Fileb, j’ai créé la première imprimante 3D de la région. Pour faire fonctionner ces machines, les filaments étaient, jusqu’à présent, importés de l’étranger à un prix élevé. Avec Fileb, nous allons permettre aux architectes, designers, universités et beaucoup d’autres entrepreneurs d’imprimer en 3 dimensions avec de la matière fabriquée localement.

Comment produisez-vous des filaments à partir de déchets ?
Nous utilisons les déchets plastiques pour produire certains de nos filaments. Nous avons par exemple récemment utilisé l’intérieur d’un réfrigérateur que nous avons fait fondre dans une machine pour fabriquer des fils. À terme, nous aimerions pouvoir utiliser tout le plastique pour produire cette matière.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez en tant qu’entrepreneur au Liban ?
Mis à part les problèmes du quotidien, l’électricité, l’eau, les transports, les embouteillages, le manque d’information sur le fonctionnement des entités gouvernementales, la corruption, etc., le problème majeur demeure l’étroitesse du marché. Cela implique notamment le manque d’appétit des investisseurs pour les projets de hardware. Nous espérons que la fabrication digitale va changer cela et permettre une production locale en plus petites quantités de beaucoup d’objets qui n’étaient auparavant manufacturés que par des grandes usines (ce qui prenait plus de temps et était plus cher).

Soraya Hamdan

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Éditorial
Des pressions sur la livre

Dans son dernier rapport trimestriel sur le Liban, paru le 27 avril, la Banque mondiale tire la sonnette d’alarme: le modèle économique libanais n’est plus viable et doit être remplacé par une formule capable d’assurer les besoins financiers et économiques du pays.Le rapport de l’institution internationale regorge de chiffres et d’indicateurs négatifs. Les plus alarmants sont le déficit de la balance commerciale, qui a atteint 15,7 milliards de dollars, fin 2016, et le volume des importations, qui ont grimpé à 26% du produit intérieur. Cela signifie que plus du quart de la richesse produite par les Libanais est utilisée pour importer des produits de l’étranger.Ces mauvaises prestations macroéconomiques s’accompagnent de mauvaises nouvelles pour les ménages: une hausse des prix de 3,13%, selon l’Association des consommateurs. Cette hausse, qui intervient alors que l'érosion du pouvoir d’achat se poursuit, serait due à deux facteurs: le débat parlementaire sur la grille des salaires dans le secteur public et la nouvelle batterie de taxes et d’impôts envisagée pour la financer. Le vote de la grille a finalement été reporté sine die mais les commerçants en ont profité pour majorer les prix de certains produits de consommation, comme les boissons alcoolisées, les produits de luxe et les cigarettes.Cette conjoncture, couplée à la crise politique larvée qui menace d’exploser à tout moment, s’est traduite par des pressions sur la livre libanaise. Selon des sources bancaires, la Banque du Liban (BDL) a dépensé entre 1,5 et2 milliards de dollars en deux mois pour intervenir sur le marché des changes afin de soutenir la monnaie nationale. Par conséquent, les réserves en devises de la BDL sont tombées sous la barre des 40 milliards de dollars.Les pressions sur la livre seraient dues au débat politique concernant la loi électorale, qui a montré combien le fossé était profond entre les forces politiques, et l’incertitude quant au renouvellement du mandat du gouverneur de la banque centrale, Riad Salamé.       Pendant ce temps, la présence d’1,5 millions de réfugiés syriens continue de peser sur l’économie, en l’absence de toute aide internationale sérieuse, susceptible de réparer une partie des dégâts causés aux infrastructures.En parallèle, les milieux financiers s’attendent à un durcissement des législations américaines et internationales relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent sale et le financement du terrorisme. Cette transformation des lois internationales limite les capacités du secteur bancaire libanais et le prive de certains de ses atouts, principalement le secret bancaire, réduit à sa plus simple expression.Face à ces réalités inquiétantes, la classe politique continue de se chamailler autour de la loi électorale et d’autres sujets, alors que chaque jour qui passe, la BDL dépense entre 20 et 30 millions de dollars pour soutenir une livre dont plus personne ne veut.


 Paul Khalifeh
   

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