L’Extraordinary Art Exhibition. L’art au service de l’environnement!
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Nº 2955 du vendredi 27 juin 2014

L’Extraordinary Art Exhibition. L’art au service de l’environnement!

 
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    L’Extraordinary Art Exhibition. L’art au service de l’environnement!
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Pour sensibiliser les Libanais à la protection de l’environnement, il fallait utiliser de grands moyens, capables de détourner quelques instants les projecteurs des débats politiciens, des problèmes sécuritaires et de la coupe du monde de football. La Fondation Goguikian, épaulée par le groupe de communication Innov’Action, n’a pas hésité à impliquer la scène culturelle pour se faire entendre, et ce à travers l’Extraordinary Art Exhibition, à la Venue des souks de Beyrouth.

«C’est magnifique», «Bravo», «Ça fait plaisir de voir autant de monde», «Très belle exposition»: mission impossible, lors de la soirée d’inauguration, d’«emprunter» Toufic el-Zein, curateur de l’exposition, à la foule de ses admirateurs. Partenaire du groupe de communication Innov’Action, c’est à son équipe qu’a été confié le soin de promouvoir et d’orchestrer le projet de la Fondation Goguikian lancé en octobre 2013 et baptisé Ready, set, recycle. «Depuis un an, nous accompagnons la fondation dans ce projet qui a pour but d’initier la jeune génération aux problématiques de l’environnement et du recyclage, notamment dans le quartier de Bourj Hammoud», dit-il. Pour donner plus de visibilité à l’initiative, son équipe décide de concevoir une exposition pas tout à fait comme les autres, en demandant à une quarantaine d’artistes et de créatifs de créer une œuvre d’art à partir des déchets de la vie quotidienne. «Ils ont tous des formations différentes, il y a des cinéastes, des architectes, des acteurs, des créateurs de mode, des peintres ou encore des sculpteurs, indique-t-elle. L’environnement est un thème vu et revu. Mais il doit être présent et sujet de discussion au Liban». Une occasion d’en parler dont s’est saisie la directrice de la Fondation Goguikian, Soheila Hayek, en rappelant l’implication de différentes ONG telles que Cedar Environmental, Terre Liban, Beeatoona et Arcenciel, parmi une cinquantaine qui travaillent «main dans la main» avec le ministère de l’Environnement, «pour trouver la solution la plus rentable et respectueuse de l’environnement pour nos déchets, souligne-t-elle. Mais nous, citoyens, nous ne pouvons plus simplement attendre et regarder. Nous devons tous participer, et ce même depuis hier!».
Exit gouaches et pinceaux, les déchets sont à l’honneur, au premier rang desquels bouteilles en plastique, papier, carton, tissu usagé, matériel informatique, cannettes de soda, verre, fil de fer, etc. Si Ibtissam el-Rifaï a mis en scène des contraventions de parking jetées au sol, Maral Der Boghossian s’est servie d’emballages en carton et de rouleaux de papiers-toilette pour réaliser une structure d’habitat et des personnages miniatures. Charles Khoury a utilisé des morceaux de bois récupérés en bord de mer pour élaborer ses sculptures. Wafaa el-Zaim, quant à elle, a imaginé des colliers avec des ballons de baudruche, Loucine Kaprelian une toile avec des boutons, du papier, de la laine, des bijoux et entres autres des habits, ou encore Bokja, une chaise recouverte de sacs en plastiques colorés.
Comme le souligne Jacqueline Ohanian, qui expose un oiseau façonné dans une structure métallique recouverte de capsules de bière, «chaque génération a sa propre façon de s’exprimer. L’artiste n’a d’ailleurs aucune limite à son expression artistique notamment en ce qui concerne les différents matériaux qu’il utilise».
Dans un coin de l’exposition, une petite fille se réfugie avec ses doudous dans une tôle rouillée, tapissée de chutes de tissu, l’œuvre de Youssef Haïdar, architecte en charge de BeitBeirut. Loin d’être choqué, le créatif apprécie: «J’adore, c’est vivant! Depuis quelque temps, je m’intéresse aux nids d’oiseaux, le premier que j’ai trouvé était dans la BeitBeirut; les oiseaux avaient pris des fils de fer pour confectionner leurs nids. C’est assez fascinant. A la campagne, certains sont construits avec des bouts de plastique ou des sacs-poubelle, il n’y a pas que des brindilles», remarque-t-il. Un nid comme concept de recyclage dans son essence même. Un peu plus loin, l’artiste pluridisciplinaire, Béchara Atallah, explique aux curieux sa création, imposante, accrochée au plafond: un kimono composé de 90 sacs usagés glanés dans son entourage féminin, rappelant la représentation de la déesse phénicienne Tanit. «Je voulais autant proposer un travail artistique que faire passer un message, précise-t-il. Ne dit-on pas que pour connaître une femme, il faut regarder ce qu’il y a dans son sac? Alors j’ai décidé de les disposer l’ouverture vers le bas pour les vider et voir ce qu’il y avait dedans». Au sol, pas de rouge à lèvres, parfum ou autres tampons, mais une carte d’identité qui suscite la curiosité des visiteurs. «Dans le monde arabe d’aujourd’hui, avec toutes ces migrations forcées, les femmes réfugiées ont dans leurs sacs ce qui compte le plus pour elles, dont notamment l’identité».
D’autre part, certains artistes participant à l’initiative sont des habitués de longue date du recyclage qu’ils placent au centre de leur créativité. Il faudrait citer Chadia Najjar, qui travaille sur des objets de récupération depuis une vingtaine d’années et qui propose une création élaborée à partir d’ampoules de radio et de télévision des années 50 pour les réanimer, mais encore Cynthia Zahar, directrice artistique des films de Nadine Labaki et créatrice de meubles et luminaires. Son œuvre, baptisée SL638479521 pieces, est un hommage à l’ère industrielle. Des luminaires aux mille et un trésors récupérés dans les poubelles ou sur les marchés aux puces d’ici ou d’ailleurs, notamment en France: rétroviseurs d’anciennes mobylettes, ampoules, petits moules à gâteaux, horloges, éléments de robinetterie, etc. «Je suis attirée par les objets qui me procurent une émotion. Cela peut être un matériau, une forme, une évocation nostalgique, précise-t-elle. De superbes pièces de l’ère industrielle des années 50 se retrouvent dans les poubelles, il serait dommage de ne pas les recycler», affirme-t-elle, tout en précisant que ces ordures en disent long sur la culture d’un pays: «Les déchets sont ce que les gens utilisent tous les jours. Et après avoir fouillé les poubelles du Liban, je m’attaque à celles de Français».

Delphine Darmency

Des œuvres qui ont été mises en vente et dont le quart des gains reviendra à la Fondation Goguikian pour financer ses différents projets.
L’exposition se poursuit jusqu’au 28 juin.

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Éditorial
Passé (re)composé

Après ses récentes conquêtes en Irak, Daech a lancé une campagne de communication sur Twitter et sur les réseaux sociaux, intitulée ‪#‎sykespicotover, illustrée d’images de ses combattants victorieux, abolissant, symboliquement, la frontière entre l’Irak et la Syrie. L’objectif déclaré de cette organisation est d’instaurer un califat, dont les limites iront aussi loin que ses soldats le pourront. Les cartes, établies par MM. Mark Sykes et François Georges-Picot, le 16 mai 1916, seront profondément remodelées. Personne n’est en mesure de savoir où et comment s’arrêtera ce processus et quelles seront les conséquences de ces bouleversements. On peut seulement prévoir que des Etats disparaîtront et d’autres entités apparaîtront, à coups de massacres et de déplacements de populations. Le futur s’écrit en ce moment même sous nos yeux. En regardant le cyclone qui frappe la région et l’attitude des élites libanaises, on constate, avec consternation, que nos hommes politiques ne sont pas à la hauteur des défis existentiels auxquels le Liban est confronté. Car notre pays est aussi le fruit de Sykes-Picot, et il ne peut pas prétendre être à l’abri de toute «renégociation», même unilatérale, de cet accord. L’Irak, fondé il y a un siècle, n’existe plus, a-t-on dit. C’est en fait tout le Levant et le Proche-Orient qui changeront de face. Et aux dernières nouvelles, le Liban fait partie de cette région, même si certains, atteints de schizophrénie culturelle, ne l’ont jamais admis. Aujourd’hui, ils sont brutalement ramenés à la réalité par les Ninjas d’Abou Bakr el-Husseini el-Qurachi el-Baghdadi. Le moment est grave, les enjeux sont décisifs. Malgré cela, la plupart des hommes politiques libanais restent prisonniers de leurs grilles de lecture obsolètes. Imperturbables devant la déferlante obscurantiste, ils n’ont pas trouvé nécessaire de modifier leur discours. Ils continuent de se chamailler pour la présidence, sans se demander si le pays continuera d’exister dans un futur proche. Fidèles à leurs mauvaises habitudes, ils se lancent des accusations, se font des procès d’intention, s’assènent des coups sous la ceinture. Certains n’hésitent pas à puiser des arguments et des contre-arguments dans le phénomène «daechiste». C’est tout juste s’ils n’étudient pas l’opportunité de tirer profit, d’une manière ou d’une autre, de ce séisme qui frappe la région. Cette trempe d’hommes politiques ne peut pas rassurer les Libanais sur leur avenir. Ces dirigeants ne disposent pas du logiciel intellectuel nécessaire pour réfléchir au lendemain, mesurer les dangers, proposer des solutions et, surtout, résister à l’immense vague qui menace de tout emporter sur son passage. L’exploitation du «daechisme» dans le jeu politique interne devrait être une ligne rouge infranchissable. Aucune circonstance atténuante, justification, laxisme ou négligence, ne peuvent être acceptés à cet égard. Tous doivent prendre une position claire, nette et sans ambiguïté au sujet des manifestations de soutien à l’EIIL, à Tripoli et dans d’autres régions, qui rassemblent, tous les jours, de plus en plus de gens. Ceux qui s’identifient à Daech soutiennent les exécutions sommaires et barbares de centaines de prisonniers, appuient l’imposition de la jezia aux chrétiens, couvrent les pillages et les rapts, justifient le déboulonnage des statues des grands poètes et historiens arabes et la destruction des tombeaux d’illustres personnages. Le phénomène Ahmad el-Assir doit servir de leçon. Face à la mollesse, à la faiblesse et à l’hésitation des dirigeants, et à la complaisance d’une partie de la classe politique, ce cheikh écervelé s’est cru autorisé à attaquer l’Armée libanaise et à tuer ses soldats, sans être obligé de rendre des comptes. Faut-il commettre deux fois la même erreur? Point de salut sans union sacrée. Mais que peut-on attendre d’hommes politiques qui développent un ego démesuré et cultivent un égoïsme sans limites?


 Paul Khalifeh
   

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