Des cas de SGB au Liban? Une rumeur non fondée, assure le ministère de la Santé
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Nº 3004 du vendredi 5 juin 2015

Des cas de SGB au Liban? Une rumeur non fondée, assure le ministère de la Santé

 
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    Des cas de SGB au Liban? Une rumeur non fondée, assure le ministère de la Santé
    Des Libanais seraient atteints d’un nouveau syndrome découvert récemment. Il s’agit du syndrome de Guillain-Barré (SGB), une maladie rare et peu connue. C’est du moins la rumeur qui circule depuis...
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Des Libanais seraient atteints d’un nouveau syndrome découvert récemment. Il s’agit du syndrome de Guillain-Barré (SGB), une maladie rare et peu connue. C’est du moins la rumeur qui circule depuis quelque temps. Faut-il s’en inquiéter et de quoi s’agit-il réellement? Magazine enquête.

Le syndrome de Guillain-Barré (SGB) se caractérise généralement par des picotements, des fourmillements et une faiblesse musculaire menant à une paralysie des mains et des pieds. Selon le Dr Zahi Hélou, spécialiste des maladies infectieuses, la cause de ce syndrome est non élucidée. Mais dans la majorité des cas, il fait suite à une infection virale ou bactérienne. Les infections des voies digestives et respiratoires seraient le plus fréquemment associées à ce syndrome, mais on ne connaît pas exactement la relation entre les infections et ce syndrome. «Ce trouble neurologique n’est pas récent. Il existe depuis très longtemps et il n’y a pas lieu de paniquer, affirme le médecin. Heureusement, ce syndrome est guérissable s’il est traité précocement». Y a-t-il des cas au Liban? Pour le Dr Hélou, les cas sont rares et leur nombre n’est pas plus important que d’autres virus ou maladies. Il ne faut surtout pas s’inquiéter ou semer la panique parmi la population.

 

Inflammation des méninges
Joint par L’Hebdo Magazine, le Dr Jacques Mokhbat, également expert en maladies infectieuses, affirme de son côté que le syndrome de Guillain-Barré est une inflammation des méninges due à n’importe quel virus. Ce syndrome est le reflet d’une atteinte des nerfs périphériques. Ce sont les nerfs qui transmettent les signaux électriques de la moelle épinière vers nos muscles, nos membres et nos organes internes. Dans le cas de ce syndrome, la myéline entourant les nerfs est endommagée et ces derniers ne peuvent plus transmettre les signaux correctement. Les personnes atteintes de ce syndrome ressentent une faiblesse musculaire, des picotements, des fourmillements, voire une paralysie au niveau des mains et des pieds. Ce trouble neurologique rare entraîne en effet une paralysie progressive, qui commence aux pieds et évolue graduellement vers le haut pour atteindre tout le corps. Il se produit lorsque le système immunitaire d’une personne attaque les nerfs périphériques de son corps.

 

Des formes variées
Dans le cas d’une forme légère du syndrome de Guillain-Barré, les symptômes gênent le patient pendant quelques jours, voire quelques semaines, mais finissent par disparaître. A l’inverse, les patients atteints par la forme sévère présentent des symptômes plus importants pouvant requérir une hospitalisation. Ils peuvent notamment être partiellement paralysés, présenter des difficultés pour respirer, avoir un pouls anormal, une congestion pulmonaire et des infections. Selon le Dr Mokhbat, les cas les plus graves nécessitent des traitements médicaux d’urgence, l’admission à un hôpital et de plus longues périodes de rééducation. Certaines personnes doivent utiliser un respirateur en permanence. Il n’existe toutefois aucun moyen de prévention de la maladie. Pour les experts, il faut consulter un médecin dès les premiers symptômes de la maladie afin de profiter d’un traitement efficace et augmenter les chances de guérison. Selon les cas, les traitements consistent à remplacer le plasma du patient par du plasma sain, de manière à éliminer les anticorps détruisant la gaine de myéline ou l’injection d’anticorps issus du sang de plusieurs donneurs chez le malade. Ces anticorps «sains» neutralisent les anticorps à l’origine de la destruction de la myéline.
Interrogée à propos du syndrome de Guillain-Barré et de l’existence d’éventuels cas au Liban, le Dr Nada Ghosn du ministère libanais de la Santé affirme, pour sa part, qu’il n’y a pas lieu de créer la panique et d’alimenter cette rumeur qui est, à son avis, non fondée. «C’est de l’ignorance totale», dit-elle en évitant de nous donner d’autres précisions.

NADA JUREIDINI

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Éditorial
Idées berceuses

La réunion entre Michel Aoun et Samir Geagea était prévisible, après six mois de discussions entre leurs représentants respectifs et, surtout, en raison des conseils prodigués par le Vatican. Elle casse l’angoissante routine dans laquelle se complaisait la vie politique libanaise. Sur un plan strictement chrétien, la rencontre Aoun-Geagea peut contribuer à solder un passif vieux de 25 ans entre les deux hommes, et, par conséquent, à apaiser les tensions latentes au sein de la communauté. A condition, bien entendu, que cette démarche ne reste pas orpheline et fasse l’objet d’un suivi assidu, à travers des initiatives au niveau de la base populaire des deux grands partis chrétiens. Les sceptiques dans les deux camps sont nombreux et ne croient pas au sérieux de cette réconciliation. Pour la renforcer, il faut prouver qu’ils ont tort.La réconciliation personnelle entre Michel Aoun et Samir Geagea est certes importante mais elle n’est pas suffisante, car les deux hommes ne représentent pas uniquement leur auguste personne, mais deux projets politiques, qui s’opposent sur plusieurs points. Pour qu’elle soit solide et durable, l’entente doit donc comporter un volet politique. Le fait d’avoir signé une déclaration d’intentions est la preuve d’une volonté commune d’aller au-delà de la dimension personnelle de la relation. L’accord conclu entre les deux partis comporte des principes généraux, qui expriment effectivement les appréhensions des chrétiens. Mais ils ne dépassent pas le cadre d’idées, qu’il faut maintenant essayer de traduire en mesures concrètes afin d’initier un réel changement. Or, c’est là que le bât blesse. Car pour transformer en actes certaines des idées formulées, des réformes importantes sont nécessaires, ce qui déplaît fortement aux alliés respectifs des deux leaders chrétiens. Prenons par exemple l’accord sur la nécessité d’élire un président «fort» et «représentatif» au sein de sa communauté. En évoquant la question de l’élection présidentielle au Liban devant la délégation libanaise conduite par Tammam Salam, le roi Salmane d’Arabie saoudite a énuméré des critères qui s’appliquent plus à un président consensuel que représentatif. Les deux candidats «forts», à savoir Michel Aoun et Samir Geagea, sont donc exclus d’emblée de la course.L’attitude des deux partis chrétiens vis-à-vis de la bataille des jurds de Ersal pourrait être une autre source de problème entre eux s’ils ne parviennent pas à gérer la question avec doigté. Michel Aoun estime prioritaire l’éradication des groupes terroristes, qui occupent quelque 400 kilomètres carrés du territoire national dans cette région. Il appuie le Hezbollah dans sa stratégie, y compris la décision du parti de mener lui-même la bataille si l’Armée libanaise n’obtient pas le feu vert du gouvernement. Samir Geagea, quant à lui, refuse d’accorder une quelconque couverture au Hezbollah et estime que seule l’armée est habilitée à défendre les frontières du pays. Toutefois, le Courant du futur, avec derrière l’Arabie saoudite, ne semble pas pressé d’enlever cette épine «jihadiste» du pied du Hezbollah et du gouvernement syrien.On peut égrener comme cela, pendant des heures, les sujets qui séparent Michel Aoun et Samir Geagea, pour des raisons de politique locale ou à cause de leur positionnement régional.Il en ressort que la rencontre entre les deux hommes est un développement nouveau, sans pour autant être un événement exceptionnel, susceptible d’initier des dynamiques inattendues. Sauf si les deux partis sont prêts à tourner le dos à leurs alliés… ce qui est fort improbable dans cette vie, comme dans l’au-delà.


 Paul Khalifeh
   
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