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Jean Pierre Pont. Identifier les besoins des expatriés et des binationaux

 

Jean-Pierre Pont, candidat des Français de l’étranger
Identifier les besoins des expatriés et des binationaux

Les 3 et 17 juin prochains, les Français de l’étranger seront, pour la première fois, appelés aux urnes pour élire leurs représentants à l’Assemblée nationale. Parmi les candidats de la Xe circonscription dont fait partie le Liban, Jean-Pierre Pont, qui se présente en candidat indépendant. Interview.

Quel déclic vous a poussé à vous présenter pour cette première élection qui donne enfin des représentants à l'Assemblée nationale pour les Français de l'étranger?
J’ai vécu plus de 20 ans hors de l'Hexagone, et je suis toujours présent au Gabon où j'édite le principal journal économique depuis 2 ans (voir encadré). Je pensais à cette éventualité depuis 3 ans, mais ce qui a réellement déclenché ma décision, c'est quand j'ai appris que des candidats totalement illégitimes ont été parachutés. Ces politiciens sont persuadés que les circonscriptions des Français de l'étranger ont été découpées sur-mesure, notamment pour l’UMP. Ils se trompent, car la majorité silencieuse des électeurs n'est pas encartée et ils ne se déplaceront pour voter que si les candidats connaissent et vivent leurs problèmes quotidiens.  

La Xe circonscription est très vaste. Comment comptez-vous satisfaire les demandes des Français installés dans ces pays, très divers, et où les besoins des expatriés sont sans doute différents?
Dans la 10e circonscription, les expatriés ne représentent pas plus de 5% de l'électorat à l'exception des pays du Golfe. Par exemple, au Liban, 80% des électeurs inscrits sont des franco-libanais, dont une grande majorité n'ont jamais été en France et qui sont souvent des gens modestes. Ma priorité est de prendre mon temps pour bien identifier les besoins de ces Français nés dans leur pays de résidence et qui, en général, ont l'intention d'y rester toute leur vie. Les expatriés ont moins besoin d'assistance car ils sont pris en charge par leur entreprise ou leur gouvernement. Si nous sommes élus, nous créerons des permanences électorales dans les 4 principaux pays (Liban, Madagascar, Emirats et Gabon). De plus, nous nous appuierons sur les élus de l'Assemblée des Français de l'étranger qui sont présents dans de nombreux pays et connaissent parfaitement leur région et une partie des électeurs.

Quel est le principal problème, selon vous, auquel sont confrontés les Français de l'étranger?
Il y a au moins 5 dossiers importants à gérer: la protection sociale au sens large du terme: amélioration des dispositifs d'assurance santé, rapatriement, vieillesse et croissance du fonds d'aide sociale; l'éducation et la formation professionnelle, l'emploi, l'amélioration des services consulaires, la gestion des problèmes de sécurité. Qui a pensé à nos 3000 compatriotes en Syrie, avant de décider de fermer notre ambassade à Damas?

Qu'apporte votre suppléante franco-libanaise, Mirna Bassil Khalifeh, à votre candidature?
Je suis plus légitime en Afrique et dans l'Océan indien et donc j'avais besoin de compétence au Moyen-Orient. En privilégiant le choix d'un membre de la société civile franco-libanaise, je pense que notre duo est rassurant pour l'ensemble des électeurs.  

Quels sont plus particulièrement les problèmes des Français résidant au Liban, qui forment l'une des communautés les plus importantes?
N'oubliez pas que moins de 5% de l'électorat au Liban sont des expatriés. 85% des binationaux résidant à Beyrouth. Les consulats versent des aides sociales à 600 personnes et distribuent des bourses scolaires à environ un millier d'enfants et adolescents. Les problèmes sociaux, de formations et d'emplois sont très importants. Un exemple concret: savez-vous qu'il existe des comités consulaires pour l'emploi à Dubaï et Abou Dhabi, qui envoient leurs offres d'emplois pour les Emirats seulement à Paris! Les bonnes candidatures sont peut-être à Beyrouth, Tananarive ou Pointe noire? Il faut en finir avec ce parisianisme et travailler plus efficacement. Propos recueillis par Jenny Saleh

 

Bio en bref
1975-1978: Directeur marketing/ventes du groupe Soduco (Gabon)

1978-1981: Directeur de Johnson Wax–Zone Afrique

1981-1984: Directeur de l’agence RSCG Export et animation du réseau d’agences Afrique/Moyen-Orient/DOM.

1985-1993: Editeur de magazines panafricains et création de magazines pour des compagnies aériennes.

1993-2007: Consultant en développement international dans le secteur des médias. Créateur du magazine Vivre à l’étranger, auteur notamment du Guide du routard de l’expatrié. Participation en tant qu’expert à de nombreuses émissions consacrées aux Français de l’étranger.

Depuis 2007: Directeur de Mobility Media Agency. Editeur de journaux économiques en Afrique (Côte d’Ivoire, Gabon).

 

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