Magazine Le Mensuel

Nº 2860 du vendredi 31 août 2012

Expositions

3D in Lebanon. L’image réelle du Liban

Pour inaugurer la rentrée culturelle, les souks de Beyrouth ont pris un temps d’avance et proposent à leur public de se laisser guider dans une visite virtuelle du pays, à travers une trentaine de clichés en trois dimensions, dont l’un dépasse les 600 m² d’envergure. L’exposition, signée Jean-Claude Bejjani, sous le haut patronage du ministre du Tourisme, Fadi Abboud, se prolonge jusqu’au 22 septembre.

Sur la place Ajami, un immense patchwork photographique de plus de 600 m² est accroché sur les bâtiments des souks de Beyrouth et défie l’ancienne bâtisse de L’Orient, toujours vêtue de ses habits d’avant-guerre.
A l’endroit où quelques décennies plus tôt se tenait l’un des plus emblématiques cafés de Beyrouth, le célèbre Ajami, sur un air de Feyrouz, ce vendredi 22 août, le ministre du Tourisme, Fadi Abboud, inaugure l’exposition 3D in Lebanon. C’est donc armé de petites lunettes aux verres rouges et bleues et accompagné du directeur général de Solidere, Mounir Doueidy, du président de l’Union des Chambres de commerce, de l’industrie et de l’agriculture, Mohammad Choucair, du photographe Jean-Claude Bejjani et de Miss Liban, que le ministre découvre l’une des plus grandes photographies du monde en 3D, candidate à s’immiscer dans le Guinness des records.
«C’est un événement extraordinaire, s’enthousiasme Mounir Doueidy. On ne voit pas souvent une photographie de cette envergure, regroupant, qui plus est, les plus beaux monuments du Liban». Effectivement, sur cette grande fresque, se découvrent les uns après les après, ce qu’on appellera les symboles touristiques du Liban, de la Grotte aux Pigeons, aux colonnes de  Baalbeck en passant par le palais de Beiteddine.
«Mon idée était de faire quelque chose de différent, s’appuyant sur de nouvelles techniques, précise l’artiste Jean-Claude Bejjani en quelques secondes volées à ses admirateurs. La photographie reprend la plupart des monuments libanais symboliques à plus d’un titre. Ils sont tous liés à notre civilisation et participent à ce qui fait toute la beauté du Liban. Au-delà de leur caractère touristique qui passe au second plan, ce sont des monuments qui ont permis de défendre le Liban, de préserver sa culture, poursuit-il. Cela montre combien notre histoire est grande et combien l’image réelle du Liban est autre que ce que l’on peut voir aujourd’hui». Le photographe a ainsi incorporé dans son ouvrage dix-neuf éléments qui représentent le Liban, le vingtième étant le ciel libanais. A vrai dire, pas si simple de les trouver tous … Pour aider les bonnets d’âne en histoire-géo libanaise, la suite de l’exposition dans l’entrée du souk Arwam apporte quelques indices. On y retrouve trente photographies sur la même thématique, proposant des vues de Rachaya, de la forteresse de Tripoli, de l’embouchure de Nahr el-Kalb, des ruines de Tyr, de Anjar, des plaines de la Békaa  mais également des constructions modernes telles que le pont de Mdeirej, considéré aujourd’hui comme le plus haut du Moyen-Orient ou encore des clichés du centre-ville de Beyrouth. Ce dernier, sous la coupe de Solidere, est particulièrement fier d’accueillir l’initiative.
«C’est un événement pour l’art. Solidere ne peut qu’encourager ce genre d’initiatives, souligne Doueidy. C’est une fierté de pouvoir continuer à organiser des événements culturels dans le contexte actuel, d’autant plus que tous les Libanais y sont représentés. Les souks redeviennent ainsi le cœur de la capitale, et se placent non seulement en tant que centre commercial mais également centre culturel et touristique, mentionne-t-il avant d’ajouter, à chaque fois que le Liban s’apprête à rentrer dans le livre des Guinness des records, cela ajoute de la fierté pour tous les Libanais». Delphine Darmency

Une présence écolo
 Au cours de cet événement, la présence de l’ancien ministre de l’Environnement, Mohammad Rahal, accompagné d’un gros bonhomme vert pour sensibiliser le public à la cause écologique à travers l’association Lebanon For All, a été remarquable. En outre, le profit des ventes de posters écolo sera reversé pour le nettoyage d’un fort libanais.  
 

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