Magazine Le Mensuel

Nº 2862 du vendredi 14 septembre 2012

Confidences Liban

Confidences Liban

Sleiman ferme sur ses positions
Rien de nouveau quant au froid qui enveloppe les relations du président Michel Sleiman avec son homologue syrien, Bachar el-Assad, après la découverte de l’affaire Samaha. Les milieux de Baabda écartent, par ailleurs, la survenue imminente d’un retour en arrière sur ce plan. Ils expliquent: «Les propos tenus par le président de la République ne sont pas le fruit du hasard. Prononcés avec conviction, ils traduisent la conception présidentielle des relations bilatérales entre deux pays. Le chef de l’Etat n’a rien à cacher, sa position est ferme et réfléchie et il l’a réitérée à plus d’une reprise lors de sa récente visite à Téhéran, puis à Jbeil où il était en tournée dimanche».

 

 

 

Le scénario du pire
«La situation au Liban est délicate et inconfortable». C’est en ces termes qu’un haut responsable britannique décrit la conjoncture dans notre pays. «Nous sommes toujours préoccupés par la stabilité du Liban, ajoute-t-il, surtout si la guerre civile qui secoue la Syrie déborde vers le territoire libanais. Nous savons qu’il existe des tentatives de déstabilisation du pays pour détourner l’attention des événements en Syrie. Il est naïf de croire qu’un tel scénario n’aura pas lieu», a-t-il conclu.

Expédition des affaires et élections
Si jamais le cabinet de Najib Mikati est contraint à rendre son tablier avant les prochaines législatives sans qu’un nouveau ministère puisse voir le jour, un gouvernement d’expédition des affaires courantes peut-il, avec ses prérogatives, organiser les législatives? Il existe plusieurs réponses et jurisprudences à ce sujet. Version I: un gouvernement chargé d’expédier les affaires courantes détient des pouvoirs restreints qui se limitent à assurer la continuité du fonctionnement des services publics, il ne peut pas prendre de décisions qui nécessitent la réunion d’un Conseil des ministres. Version II: selon le principe de «la continuité du fonctionnement des services publics», un tel gouvernement peut superviser des élections qui représentent une échéance constitutionnelle dont la tenue relève de la mission exécutive du ministère de l’Intérieur.

Joumblatt lâchera-t-il Mikati?
Après une rupture de 18 mois, l’ex-Premier ministre, Saad Hariri, et le député du Chouf, Walid Joumblatt, ont scellé leur réconciliation à Paris. Les deux hommes ont décidé d’ouvrir une nouvelle page au plan politique dans la double perspective des élections législatives de 2013 et de l’étape post-Assad.
Ce qui rapproche Joumblatt de son ex-allié Hariri, selon des observateurs, est bien plus consistant que le lien que le chef du PSP entretient avec ses nouveaux alliés au sein du cabinet, notamment le Hezbollah. Du tribunal international jusqu’à la loi électorale, en passant par les événements en Syrie, la distance politique séparant le député druze du Hezbollah s’est rallongée pour se rétrécir, côté Moustaqbal. Au cours des derniers mois, le leader du Chouf s’était activé à organiser son différend avec le Hezb donnant la priorité à la sauvegarde du gouvernement et à la sécurité de la Montagne, aujourd’hui cependant, ses priorités sont ailleurs. Joumblatt veut décanter son accord avec le leader du Moustaqbal au sujet de la loi et des alliances électorales, inaugurant une nouvelle étape qui imposera un rééquilibrage des forces après la chute du régime Assad. Malgré le fait qu’il ait démenti sa volonté de retourner encore une fois sa veste, le fait est que Joumblatt est sorti du 14 mars sans pour autant intégrer le 8. Il aurait pris, avancent certains, la décision de se retirer du gouvernement, mais il attend le bon timing pour s’exécuter.

Les relations en question
Les incidences de l’affaire Michel Samaha pourraient mener à une détérioration des relations entre le Liban et la Syrie. Une dégradation qui s’est d’ailleurs traduite par les campagnes orchestrées contre le président de la République par le régime de Damas qui a qualifié les prises de position du chef de l’Etat libanais de «déclaration de guerre». Certaines sources craignent que l’ex-ministre Samaha ne soit plus l’élément essentiel de ce dossier, mais plutôt les personnes que Samaha, en passant aux aveux, a dénoncées. L’Etat libanais peut-il intenter un procès associé à celui de Samaha contre ces individus, les charges étant reliées? Le Liban va-t-il pousser plus loin l’affaire Samaha à cette étape ou alors décidera-t-il de prendre des précautions à la lumière de la campagne entamée par Damas contre les responsables libanais et le président Michel Sleiman? Celui-ci avait confirmé les preuves détenues par les organes sécuritaires libanais à ce sujet.

 

 

 

 

 

Les salafistes aux élections
A Tripoli, dans les coulisses de la campagne électorale des législatives, les futurs candidats sont focalisés sur les moyens de récupérer leur base populaire qui a été acquise aux salafistes. La bataille a changé de nature après l’extension de la mouvance salafiste et de son idéologie. Le clivage 14 mars/8 mars n’est plus réel, en présence d’une nouvelle équation électorale dans laquelle les salafistes sont en mesure de faire pencher la balance, surtout après l’annonce de la formation du “Comité des ulémas musulmans”, section Liban. Alors que le vice-président de ce Comité, le cheikh Salem Rafeï avance que la question des candidatures est tributaire des circonstances et des intérêts des islamistes, d’autres sources indiquent que rien n’empêche certains groupes salafistes, qui n’ont pas intégré le Comité, de décider de présenter leur candidature comme, à titre d’exemple, le cheikh Daï el-Islasm Chahhal, fondateur du courant salafiste qui a déjà, à son actif, une expérience dans ce domaine.

Dialogue par le patrimoine
Le mufti de Tripoli, le cheikh Malek Chaar, a participé à un débat organisé par l’Amicale de Qannoubine sur la mission et le patrimoine qui a eu lieu au siège d’été du patriarcat maronite à Dimane. L’événement était une sorte de rencontre islamo-chrétienne au cours de laquelle le mufti n’a pas tari d’éloges sur le rôle joué par le cardinal Mar Nasrallah Boutros Sfeir dans l’aboutissement des accords de Taëf qui constituent un document national basé sur la parité. Le patriarche Mar Béchara Boutros Raï a souhaité la bienvenue au dignitaire sunnite en ces termes: «Nous sommes heureux de vous accueillir parce que nous avons besoin de vos idées et de votre amitié. C’est avec vous que nous essayons, aujourd’hui, d’instituer un nouveau contrat national qui nous ramène à l’époque du Pacte national.»

 

 

Transfert de fonction
Dans le cadre des préparatifs en vue de transférer la responsabilité de la gestion des prisons du ministère de l’Intérieur au ministère de la Justice, en application d’une décision ministérielle adoptée depuis un certain temps, une délégation juridico-sécuritaire s’est envolée pour les Etats-Unis. A son programme: une série de rencontres d’informations avec des responsables de prisons qui ont une expérience dans ce domaine. Une délégation similaire, présidée par le juge Hatem Madi, s’était rendue en France dans le même but, elle avait appris que la gestion des prisons était particulière dans l’Hexagone: la direction intra muros relève du ministère de la Justice, alors que celui de l’Intérieur est chargé d’assurer la sécurité à l’extérieur des murs. Les milieux du palais de Justice indiquent que le Liban n’a pas encore fait un choix définitif quant au mécanisme à adopter. Ce qui est sûr c’est qu’il va falloir former les personnes en charge avant le transfert des responsabilités de l’Intérieur à la Justice, et attendre le retour de la délégation des Etats-Unis pour savoir comment fonctionne le milieu carcéral américain.

La Galilée, point stratégique
La région de la Galilée est considérée par la Résistance comme un point stratégique, surtout après l’annonce faite par le Secrétaire général du Hezbollah lors d’une récente interview télévisée. «Nous pourrions pénétrer en Galilée, si jamais une nouvelle guerre se déclarait», avait-il souligné. Selon un expert stratégique, cette région, sous occupation israélienne, tire son importance du fait qu’elle abrite la plus grande base d’écoute. Implantée sur le mont Hermon, elle permet à l’armée israélienne de mettre sur écoute l’ensemble des pays voisins et aussi d’atteindre l’Iran. Elle lui donne, par ailleurs, la possibilité de surveiller les alentours de la capitale syrienne, le nord de la Jordanie, certaines régions du Liban allant jusqu’à Rachaya, Barouk, la Békaa centrale et le Liban-Sud. Du côté ouest, la Galilée est riche en complexes industriels, elle compte aussi une raffinerie de pétrole et des ports notamment dans les plaines entourant Akka et Haïfa. Sans oublier les bases aériennes, les petits aéroports et les importantes concentrations militaires implantées au nord. La puissance de tirs défensifs de la Résistance est fort efficace contre ces cibles fixes, ajoute l’expert. Israël, affirme-t-il, ne peut ni les dissimuler ni les transposer loin de la Galilée. Les Israéliens savent très bien que toutes ces installations sont à portée des tirs de la Résistance. La preuve, c’est qu’ils ont vidé les colonies du nord de leurs habitants malgré la présence d’abris bien protégés et équipés.

 

 

 

Kornet Chahwane, version chiite?
La rencontre consultative de la coalition du 14 mars qui s’est tenue à Maarab, la semaine passée, a passé en revue la conjoncture locale et les relations entre les diverses composantes du paysage libanais. L’un des présents a évoqué la question des relations avec les chiites indépendants, insistant sur la nécessité de renforcer ce courant pour libérer les communautés du concept du chef unique et donner libre cours aux mouvements indépendants. Sur ce, un membre du secrétariat général a suggéré d’inviter les personnalités chiites concernées à mettre sur pied une structure similaire à la «Rencontre de Kornet Chahwane» qui rassemblait les pôles chrétiens et qui avait réussi à rapprocher les bases populaires chrétiennes et musulmanes sous la houlette de l’Etat, ce qui a donné lieu à une coopération au niveau national et non confessionnel.

Commerce sexuel à Tripoli
La prostitution prend de l’ampleur à Tripoli, à en croire un fonctionnaire international. Des travailleurs sociaux dans la capitale du nord parlent du phénomène du «sexe bon marché», pratiqué par de jeunes syriennes déplacées, pour un montant ne dépassant pas les 10 dollars pour une passe. Ce nouveau fléau serait dû à la misère dans laquelle vivent certaines familles réfugiées qui ne bénéficient pas d’une aide sociale suffisante. Des contrats de mariage pour la forme sont conclus pour quelques centaines de dollars, afin de jeter ces filles dans les bras de Moujahidine venus du Golfe. On chuchote même que des journalistes de la région du Golfe sont venus enquêter sur un phénomène mafieux qui a lieu au Liban, en Jordanie et en Libye, qui consiste à vendre cette «marchandise» (les très jeunes filles) en Arabie, au Qatar et même au Koweït. Un des journalistes qui a mené l’enquête révèle que les patrons de ce commerce sexuel prétendent que leurs pratiques sont tout à fait «Halal» puisque cela se passe dans le cadre d’un mariage légal. Sur les réseaux sociaux, on commence à dénoncer ce fléau. Il existe même un site intitulé «Réfugiées, non prostituées».

 

 

 

Les dessous d’une escalade
Pourquoi le député Khaled Daher poursuit-il son escalade politico-médiatique contre l’armée en prenant pour prétexte l’assassinat du cheikh Ahmad Abdel Wahed à Kouweikhat? Des sources du Akkar révèlent que la famille de Abdel Wahed et les notables du village de Biré, dont est originaire la victime, ont pris contact avec le commandant de l’armée via les services de renseignements du nord, afin de régler cette affaire selon une formule qui sauvegarderait leurs droits juridiques et moraux. Ces mêmes sources reprochent au député Khaled Daher l’opportunisme dont il fait preuve dans ce dossier, ils l’accusent d’avoir semé la discorde à Biré où le conflit interne dans le village a mené à la dissolution du Conseil municipal. L’animosité que Daher voue à l’armée a créé une sorte de sursaut dans les bourgades de Dreib proches de Biré. Surtout que le député avait interdit aux habitants de ces bourgades d’élire un président de l’Union des municipalités qui ne soit pas issu des familles de Biré. Or, celles-ci ont été incapables de s’accorder sur un nom. Ce fut donc le chef de la municipalité de Kherbet Daoud qui fut élu, l’homme est un adepte du Moustaqbal et aspire à poser sa candidature aux prochaines législatives, c’est-à-dire à concurrencer Daher. En montant le ton contre l’armée, le député du Akkar tente d’attirer l’électorat sunnite de sa région et d’améliorer sa position dans la bataille pour l’élection d’un nouveau mufti qui succéderait au Mufti Oussama Rafeï. Bataille chaude dans laquelle Daher doit faire face à deux adversaires de taille: Dar el-Ifta’a et les salafistes.

Papoter autour d’un café
L’ex-Premier ministre, Fouad Siniora, a tout de suite pris contact avec le président du Parlement, Nabih Berry, qui venait de prononcer son discours à Nabatiyé, pour s’inviter à prendre le café à Aïn el-Tiné. Le chef de l’Assemblée a fait preuve de courage, ont commenté les milieux de Siniora.

 

 

 

 

La lettre de protestation est-elle arrivée?
L’ambassadeur syrien au Liban, Ali Abdel Karim Ali, s’est rendu au ministère des Affaires étrangères, suite aux protestations des autorités libanaises contre la violation quotidienne de la souveraineté du territoire par l’armée syrienne. Le diplomate n’a pas voulu expliquer les raisons de cette visite, ni dire si la lettre de protestation lui a été remise.

 

 

Agapes sécuritaires dans la banlieue sud
Le ministre de l’Intérieur, le général Marwan Charbel, était l’hôte à dîner du ministre de l’Agriculture, Hussein Hajj Hassan, qui réside dans la banlieue sud ? Des cadres du Hezbollah étaient présents. Au menu: mettre fin à l’insécurité qui règne dans les quartiers de Dahyé et dont les habitants sont les premiers à se plaindre.

 

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