Magazine Le Mensuel

Nº 2866 du vendredi 12 octobre 2012

Diaspora

Mohammad Fairouz. Un compositeur dans l’air du temps

Les œuvres de Mohammad Fairouz, l’un des compositeurs arabo-américains les plus talentueux de notre temps, seront présentées par le Borromeo String Quartet et l’ensemble Cygnus à la Cathédrale Notre-Dame du Liban à Brooklyn, New York. A 26 ans, Fairouz a déjà composé des travaux de grande envergure. Zoom sur la carrière internationale de ce jeune artiste.

Pauline Mouhanna, Etats-Unis

Son œuvre de compositeur est saluée comme l’une des plus significatives de sa génération.
Pour le New York Times, c’est «une nouvelle voix artistique importante». Quant à la station de musique classique la plus écoutée aux Etats-Unis, WQXR, elle a sélectionné son disque et a considéré que sa musique de chambre atteint une «intimité exaltante». Pour la BBC, il est actuellement l’un des compositeurs les plus doués. Il a moins de 30 ans, mais a déjà été invité à donner des conférences dans des institutions telles que Columbia University, Brown University, Chestnut Hill College, Grinnell College, Humboldt State University et Western Michigan University. Il a été membre du corps professoral de  la Northeastern University de Boston et de plusieurs festivals d’été dont Songfest et le Festival de musique de chambre Imani Winds à la Juilliard School. Fairouz a reçu le Prix des anciens du Conservatoire de la Nouvelle-Angleterre, le Malcolm Morse Memorial Award et le prix NEC Honors. En 2008, il a été honoré par l’ambassade des Emirats arabes unis à Washington DC pour ses réalisations exceptionnelles dans le domaine artistique. Ainsi, Mohammad Fairouz, c’est un très grand nom dans le monde de la composition.

Obsédé par le texte
Mais qui est ce New-Yorkais très attaché à sa ville de résidence?  Pour lui, tout a commencé assez tôt. Jeune, le compositeur avait déjà voyagé à travers les cinq continents, plongeant dans la vie musicale de divers environnements. Son inspiration, il l’a trouvée dans la littérature et la philosophie. A l’âge de 7 ans, il a essayé de mettre en musique une pièce d’Oscar Wilde. Dès lors, il se décrit comme «un obsédé par le texte». Sa passion pour la poésie l’a poussé à collaborer avec plusieurs poètes tels que le Palestinien Mahmoud Darwish, l’Américain Wayne Koestenbaum et l’écrivain irlandais Seamus Heaney qui a reçu le prix Nobel de la littérature en 1996. Fairouz s’est également basé sur les textes des poètes arabes Fadwa Tûqân et Mahmoud Darwish, ainsi que l’Israélien Yehuda Amichaï. Son catalogue englobe pratiquement tous les genres, y compris l’opéra, la  musique de chambre, la musique de chorale et la musique électronique. Ses travaux de grande envergure, dont quatre symphonies et un opéra, portent souvent sur des thèmes géopolitiques et philosophiques. Cherchant à promouvoir la communication culturelle, il est convaincu que «là où les mots échouent, la musique commence. Je dirais, presque, explique-t-il, que là où les politiciens ont échoué, les artistes peuvent réussir». Sa troisième symphonie, Poèmes et prières pour mezzo-soprano, baryton, chœur et orchestre, se fonde sur les poètes arabes et israéliens précités et des prières telles que le Kaddish araméen. Parmi les défenseurs éminents de sa musique instrumentale, figurent le Borromeo String Quartet (voir encadré), la violoniste américaine Rachel Barton Pine, le clarinettiste David Krakauer ainsi que l’ensemble Cygnus. De célèbres chanteurs ont interprété sa musique vocale: David Kravitz, Randall Scarlata, Lucy Shelton. Sa musique a été jouée au Carnegie Hall, Boston Symphony Hall, le Lincoln Center, au Kennedy Center, et à travers les Etats-Unis, au Moyen-Orient, en Europe et en Australie. On peut aussi écouter sa musique dans plusieurs clubs de jazz situés au centre-ville de New York. Prochainement, c’est à la cathédrale Notre-Dame du Liban à Brooklyn qu’on pourra découvrir ses nouvelles compositions. Le public saura sans doute apprécier les œuvres d’une personnalité d’exception.

P.M.

 

La soirée de Notre-Dame
Le Borromeo String Quartet présente, lors de la soirée, la dernière œuvre pour Quatuor de Mohammad Fairouz intitulée The named angels, basée sur la mythologie des anges dans le folklore arabe. Egalement au programme, Lamentation et satire. Quant aux musiciens de l’Ensemble Cygnus, ils vont jouer les Trois fragments d’Ibn Khafajah avec la soprano Elizabeth Farnum. Ce cycle de chansons établit des fragments de la poésie amoureuse du poète arabe andalou.

Le Borromeo String Quartet
Depuis 1989, ce Quatuor est devenu l’un des plus acclamés au monde, exécutant chaque saison plus de 100 concerts de musique classique et contemporaine. Ce qui les particularise, c’est leur capacité à raviver des œuvres souvent connues tout en rendant accessibles même les plus difficiles. Au cours de leurs carrières, ils ont reçu plusieurs prix prestigieux dont le Martin E. Segal Award, le prix Quatuor pour la musique de chambre en Amérique et le premier prix au Concours international de quatuor à cordes d’Evian, en France.

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