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Nº 2868 du vendredi 26 octobre 2012

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Une nécessité devant les carences. La retraite, un enjeu de société

Epargner pour sa retraite constitue aujourd’hui une étape indispensable pour tous les Libanais, compte tenu des carences de l’Etat dans ce domaine. Cela peut passer par la mise en place de plans retraite ou encore par la souscription de contrats d’assurance vie.

Avec un Etat quasi absent en matière sociale, il est devenu aujourd’hui indispensable pour les Libanais, quel que soit leur revenu, de préparer leur retraite. Selon des chiffres rassemblés par la Lebanese Economic Association (LEA), 10% de la population libanaise étaient âgés de plus de 65 ans en 2010, soit environ 400 000 personnes. 50% de cette frange ne disposeraient d’aucune couverture sociale.
Le système actuel d’indemnités de fin de service, alloué théoriquement aux employés du secteur privé lors de leur départ de la vie active, ne suffira pas en effet à combler les besoins de ces nouveaux retraités. Tout au plus, les indemnités perçues permettront à ces personnes de subvenir à leurs besoins pendant deux à trois ans, et encore, sans faire de folies. Par ailleurs, certains retraités se retrouvent purement et simplement sans aucun revenu, les poussant de plus en plus à reprendre un emploi, le plus souvent mal payé.
Pour trouver une solution à cette pauvreté grandissante des retraités, en juin dernier, la Lebanese Economic Association (LEA), une ONG indépendante, a présenté un projet de loi ouvrant la voie à une réforme du système de retraites libanais. Partant du constat qu’une grande partie du troisième âge est frappée de plein fouet par la pauvreté et l’inexistence de revenus, la LEA préconise qu’une pension mensuelle soit versée par le gouvernement aux retraités sans source de revenus, à hauteur de 75% du salaire minimum. Un système qui coûterait à l’Etat 542 millions de dollars et représenterait 1,2% du produit intérieur brut.

Une charge pour les familles
Les pensions de retraite dispensées actuellement dépendent beaucoup du type d’emploi exercé au cours de sa vie professionnelle. Si les fonctionnaires du secteur public ou de l’Armée libanaise bénéficient simultanément d’une pension de retraite et d’une assurance santé, ce n’est pas le cas des employés du secteur privé. Ceux-ci perdront tous leurs avantages une fois arrivés à la retraite et ne toucheront qu’une indemnité de fin de service, qui peut générer quelques mauvaises surprises.
Et après? De quoi sont donc censés vivre ces retraités à l’heure où l’espérance de vie devient de plus en plus longue? Bien sûr, dans la mentalité libanaise, il est de bon ton pour les enfants entrés dans la vie active de subvenir aux besoins de leurs parents, comme un juste retour des choses. Une charge financière pour eux, qui doivent également penser à leurs propres besoins et à ceux de leur nouvelle famille, s’ils sont mariés et ont déjà des enfants. Pour ces jeunes aujourd’hui, fournir le confort financier à leurs parents constitue une charge lourde, que certains ne peuvent tout simplement pas assumer, à cause notamment de salaires trop bas.
C’est dans ce contexte qu’interviennent les banques et les compagnies d’assurances. Les unes comme les autres expliquent que la préparation de la retraite constitue un véritable défi dans la société d’aujourd’hui et qu’il devient indispensable pour les Libanais de commencer le plus tôt possible à se constituer un pécule pour leurs vieux jours.
Si au Liban, la culture de la retraite et de l’assurance n’est pas encore tout à fait entrée dans les mœurs, elle a fait un grand pas en avant. Les banques comme les assureurs constatent chaque année une progression des plans souscrits en la matière. Le marché devient plus mature et les Libanais plus conscients de leurs besoins futurs. Ceux qui sont déjà parents ne veulent plus faire peser de fardeau financier sur leurs descendants, dans un contexte économique difficile marqué par une inflation galopante.
De fait, banques et compagnies d’assurances veulent intervenir auprès de leurs clients comme de vrais partenaires qui les aideront à constituer leur retraite. Plusieurs options sont proposées au client, allant des plans retraite purs et durs, jusqu’aux différents mécanismes d’assurance vie et d’investissement à long terme. Les jeunes semblent davantage sensibles à ces plans et commencent ainsi à épargner tôt. Les solutions proposées leur permettent d’épargner à partir de petits montants en dollars.
Pour commencer un plan retraite ou une assurance vie, les clients peuvent soit choisir une solution proposée par la bancassurance dans leur propre banque, soit opter pour une compagnie d’assurances proprement dite. Mais attention, les produits diffèrent, tout comme les primes et les conditions. Du côté des assureurs, l’intérêt des plans d’épargne réside dans le fait qu’ils sont «forcés». On met de côté une somme chaque mois, que l’on retrouvera au moment de la retraite. Bien sûr, ces plans sont souvent adossés sur des investissements dans les marchés locaux ou internationaux, mais avec une certaine garantie quant à la préservation de son capital. L’assurance vie, selon comment et pourquoi elle est souscrite, peut être aussi un moyen de préparer sa retraite. Mais elle est davantage utilisée pour collecter de l’argent destiné à subvenir aux besoins de la famille ou de ses enfants, en cas de décès précoce. Il s’agira alors de garantir des revenus décents au conjoint toujours vivant ou à sa descendance. Dans ce cas, l’assurance vie offre des garanties de protection, tout comme de revenus.
Quoi qu’il en soit, la constitution individuelle d’une épargne retraite par le Libanais reste la solution la plus sûre d’avoir une somme financière conséquente pour ses vieux jours. Que l’on appartienne à la classe moyenne ou aisée. Du côté de l’Etat, les solutions sont au point mort, et les employeurs du secteur privé ne souhaitent pas, dans leur grande majorité, supporter encore des coûts supplémentaires. A moins bien sûr que l’Etat ne mette en place des leviers incitatifs, notamment fiscaux, qui pousseraient les entreprises à se soucier davantage de la retraite de leurs employés.

Jenny Saleh
 


Un bon classement
Selon le dernier classement sur l’industrie de l’assurance dans la région Mena, établi par le magazine al-Bayan, les compagnies d’assurances libanaises tirent leur épingle du jeu.
En effet, 20 assureurs figurent dans le top 150 des compagnies arabes, en termes d’actifs, sur les 49 existantes au Liban.
Le montant total des primes d’assurance émises par les 49 compagnies présentes sur le sol libanais s’élève à 2,48 milliards de dollars en 2011, enregistrant une belle progression de 8,7% par rapport à 2010.
Sur le plan local, MedGulf arrive en tête du classement des montants des primes d’assurance, suivie par Arabia, Arope, Allianz SNA, Metlife Alico, Bankers, Libano-Suisse, LIA, Axa Middle East, Fidelity, Adir, Bancassurance, Mashrek, Assurex et Sécurité.

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