Magazine Le Mensuel

Nº 2885 du vendredi 22 février 2013

Confidences Liban

Confidences Liban

Frangié veut s’excuser
Après les accusations lancées par l’ex-ministre Sleiman Frangié dans le cadre d’un talk-show télévisé contre le chef de l’Etat Michel Sleiman, ce dernier a réagi invitant le leader du Nord à remettre à la justice les informations et documents en sa possession pour justifier ses propos. Les amis communs se sont alors activés pour régler l’affaire, Frangié a ainsi dépêché l’un de ses conseillers auprès du ministre de l’Intérieur pour le prier de jouer au médiateur entre Bnechay et Baabda. Sleiman Bey voue respect et estime au président Michel Sleiman, a dit l’émissaire, et serait prêt à effacer l’outrage via les médias. Le ministre Marwan Charbel déploie depuis des efforts en vue d’une réconciliation couronnée par une visite du leader du Nord à Baabda. Les milieux du palais signalent que le chef de l’Etat a été heurté par les déclarations de Frangié, malgré l’amitié qui les unit.

 

Chaos médiatique
Le ministre de l’Information, Walid Daouk, tout comme le Conseil des ministres, évite d’aborder l’impact sur le public de certains programmes télévisés où l’on se permet des propos qui alimentent les tensions communautaires ou défigurent l’image du Liban. Aucun des acteurs politiques ne souhaite avoir des problèmes avec la presse, surtout à la veille des élections, c’est pourquoi aucun d’entre eux n’ose faire face à ce fléau en prenant des dispositions à l’égard de ceux qui se permettent tous les excès. La passivité du Conseil national de l’Information, dont le mandat a été prorogé, est mise en exergue par certains, surtout par les instances économiques qui se considèrent les plus lésées par ces programmes. Elles réclament la nomination d’un nouveau Conseil qui jouerait correctement son rôle.

Gestion des véhicules
Le ministère de l’Intérieur prévoit le lancement d’une adjudication internationale pour changer les plaques d’immatriculation des véhicules, conformément à de nouvelles normes approuvées en Conseil des ministres. Chaque plaque comporterait un numéro intelligent permettant d’identifier les véhicules volés, ou qui enfreignent la loi. Parallèlement, une autre adjudication portant sur les permis de conduire serait à l’ordre du jour, ainsi que la création de points de surveillance via radars pour débusquer les véhicules contrevenants. Du côté de l’inspection mécanique, une troisième adjudication est prévue, le gouvernement ayant décidé de créer huit nouveaux centres régionaux en plus des quatre déjà existants. Le ministre Marwan Charbel souhaite informatiser ce secteur et mettre sur pied un organe au sein des FSI chargé spécifiquement du trafic routier.

Diplomate indésirable
Les nominations diplomatiques, récemment annoncées, ont suscité la grogne de certaines colonies libanaises à l’étranger, notamment dans des pays d’Amérique du Sud. Le ministre des Affaires étrangères n’aurait pas pris en considération l’avis des notables libanais dans l’un de ces pays en nommant un ambassadeur «indésirable». Cette affaire a retardé les nominations, du fait qu’une certaine partie politique est restée fermement attachée à ce diplomate, refusant qu’il soit remplacé par un confrère appartenant à une autre communauté.

Georges Abdallah bientôt libre?
Georges Abdallah pourrait être libéré au début du mois prochain, comme le prévoient des sources ministérielles, après que le gouvernement libanais eut pris en charge les négociations à ce sujet avec les autorités françaises. Cette entente a mené à la levée du sit-in installé devant le consulat de France. Peu satisfaite de la démarche des responsables libanais, Maura Connelly, ambassadeur de Washington à Beyrouth, a reproché à l’un des ministres de s’être réuni avec le frère de Georges Abdallah, celui-ci étant accusé d’avoir assassiné un ambassadeur américain.

TSL: ajournement du procès?
Des sources judiciaires prévoient l’ajournement du début des procès sur l’assassinat de l’ex-Premier ministre Rafic Hariri et ses compagnons. La défense n’aurait pas encore reçu les documents nécessaires et le procureur général pourrait émettre un nouvel acte d’accusation contre les quatre suspects. Les pourparlers que les responsables du Tribunal spécial pour le Liban mènent avec l’Etat libanais, via les autorités judiciaires, indiquent qu’il sera difficile d’entamer les procès le 25 mars prochain. Ce qui n’empêche pas le tribunal en question de réitérer la demande faite aux responsables libanais de lui livrer les quatre individus qui font l’objet d’un mandat d’arrêt. Il n’est pas exclu, d’après des sources politiques, que l’accusation touche d’autres personnes, ce qui pourrait modifier les données et orienter les projecteurs vers des parties extérieures.

Prorogation de mandats rejetée
La prorogation des mandats des chefs des organes sécuritaires, qui atteignent cette année l’âge de la retraite, ne fait pas l’unanimité. Des acteurs politiques au sein du gouvernement contestent un arrangement dans ce sens qui toucherait le directeur général des FSI, le général Achraf Rifi, le commandant en chef de l’armée, le général Jean Kahwagi (septembre), le directeur des Renseignements (avril), les membres du Conseil militaire et le chef d’état- major (juillet). Sans oublier le procureur général, Hatem Madi. Le gouvernement devra s’atteler donc, dès aujourd’hui, à la recherche des remplaçants. L’idée était de reconduire ces responsables dans leur fonction pour une période de deux ans, soit jusqu’à l’expiration du mandat du chef de l’Etat Michel Sleiman, pour permettre au nouveau président de choisir lui-même ses collaborateurs sécuritaires.


Pas d’escale libanaise pour Kerry
Contacts intensifs entre les gouvernements libanais et américain pour examiner si les circonstances sont favorables à une escale du nouveau secrétaire d’Etat américain pour les Affaires étrangères, John Kerry, au Liban dans le cadre de sa tournée dans la région. Kerry doit préparer la visite que le président Obama projette d’effectuer en Jordanie et à l’Autorité palestinienne après un séjour de trois jours en Israël. D’après les informations qui circulent, le gouvernement libanais souhaite que le chef de la diplomatie américaine passe par Beyrouth misant sur le rôle que les Etats-Unis pourraient jouer en matière de respect des échéances constitutionnelles à la lumière des menaces israéliennes renouvelées, des retombées de la guerre en Syrie et de l’aggravation de la crise des réfugiés… Mais Washington ne semble pas enthousiaste à l’idée d’un passage de Kerry par le Liban, qui pourrait signifier l’apport d’un appui au cabinet en place, sachant que les autorités américaines avaient soutenu un changement de ce gouvernement dominé par le Hezbollah, tout en réservant un traitement de faveur au président Mikati. La récente accusation du Hezb dans l’affaire de l’attentat de Burgas ne joue pas en faveur de cette visite.

Le paradis des fous de Dieu
Azzam el-Ahmad, émissaire spécial du président de l’Autorité palestinienne, sera très prochainement à Beyrouth pour une visite ayant pour objectif de remédier aux derniers développements à Aïn el-Heloué. D’une part, il faut régler les querelles entre les responsables du Fateh (Mounir Makdah et «Lino») et d’autre part, examiner la montée de l’influence des mouvements islamistes radicaux à l’intérieur du camp. En fait, les mouvements salafistes prennent de plus en plus d’ampleur au détriment des mouvements Fateh et Hamas et de toutes les organisations palestiniennes dans un environnement populaire qui leur est favorable. Ce qui a mené à la fermeture des permanences du Commandement général, de la Saïka et de Fateh Intifada, tous proches de la Syrie… Plusieurs incidents ont, par ailleurs, eu lieu dans le camp notamment le cambriolage d’armes entreposées dans les bureaux du Fateh qui se sont retrouvées entre les mains des organisations fondamentalistes. Quant au nombre de familles palestiniennes déplacées de Syrie, sympathisantes de ces courants, il ne fait qu’augmenter…

Les Affaires sociales crient famine
Dans les milieux des ONG, on rapporte les craintes du ministre Waël Abou Faour de voir le dossier des déplacés syriens, que gère le ministère des Affaires sociales, devenir une source de divers problèmes sociaux, économiques et sécuritaires, à cause du manque de fonds. Certaines associations, à caractère communautaire, monopolisent les sources de financement en provenance des pays du Golfe. Les aides européennes censées renforcer le rôle de l’Etat dans le traitement de cette question sont minimes par rapport aux besoins des réfugiés, dont le nombre, d’après les mêmes milieux, aurait atteint le quart du million approximativement. Dont 170000 officiellement enregistrés auprès des institutions onusiennes et donc de l’Etat libanais. Quant à ceux qui restent, bien qu’ayant rempli leurs demandes, ils n’ont pas été enregistrés pour des motifs administratifs ou logistiques. L’efficacité du programme d’Aide aux démunis, exécuté par le ministère, est mise en doute, surtout que les Affaires sociales sont à court de fonds pour couvrir les prestations médicales et les paniers alimentaires. Le programme, étalé sur trois étapes, compte jusqu’à présent 65000 demandes d’aide, dont 45421 ont été transférées devant le Conseil des ministres; les 170000 cas restants seront traités par la suite.

Grille des salaires et déficit
Si la réunion extraordinaire du Conseil des ministres, qui devait être consacrée au problème de la grille des salaires, a été reportée la semaine passée, ce n’est pas à cause d’une querelle entre les présidents Nabih Berry et Najib Mikati. L’ajournement serait dû au retard pris par la direction de l’Urbanisme chargée de l’élaboration d’un rapport sur «l’étage Mikati» et son impact. En pleine réunion de la Commission ministérielle qui planche sur ce dossier, les participants ont été informés que le fameux rapport n’était pas prêt, surtout au chapitre des revenus financiers provenant des taxes à percevoir sur «l’étage Mikati». L’étage en question étant un élément crucial pour le transfert de la grille des salaires devant le Parlement pour approbation. Des sources ministérielles affirment que la grille est en voie de concrétisation, même si cela nécessite quelques jours supplémentaires. Mais il faudrait, ajoutent-elles, bien évaluer ses conséquences sur les dépenses publiques. L’affaire est purement d’ordre économique; il ne s’agit pas d’un défi entre le gouvernement et les instances économiques. Il est essentiel que la décision prise n’engendre pas un nouveau déficit du Trésor public.

Daher, indésirable chez les Zahraman
La famille Zahraman a refusé de recevoir le député du Moustaqbal, Khaled Daher, qui souhaitait se présenter à Fneidek pour présenter ses condoléances à la famille de l’aspirant martyr, Ibrahim Zahraman. La famille en veut au député Daher. Ce dernier a mené campagne contre l’armée, en exploitant le crime terroriste de Ersal dans son bazar politique local, au détriment de la dignité et de la sensibilité des Zahraman. La source du Akkar qui rapporte l’information indique que le jeune martyr Zahraman est le neveu du député Khaled Zahraman qui appartient au même bloc politique que Daher, mais, lors de l’incident de Koueykhate, où le cheikh Ahmad Abdel-Wahed avait trouvé la mort, il avait, à l’opposé de ses acolytes Daher et Merhebi, refusé de faire de l’incitation contre l’armée. Il s’était au contraire rendu avec son collègue Nidal Tohmé, à la tête d’une délégation composée de maires et de chefs de municipalités du Akkar, auprès du commandant en chef de l’armée pour exprimer leur soutien à l’institution militaire. Une démarche qui avait valu aux deux parlementaires les remontrances de Fouad Siniora.

Attentat de Burgas: croire ou douter?
La crédibilité de l’accusation, portée par les autorités de Sofia contre deux Canadiens d’origine libanaise qui, d’après l’enquête bulgare, seraient responsables de l’attentat contre le bus transportant des touristes israéliens à Burgas sur la mer Noire, est mise en doute par des sources diplomatiques. Pour les proches du Hezbollah, les services de renseignements israéliens du Mossad sont très influents au sein des départements de sécurité bulgares. Un nombre non négligeable d’agents israéliens arrêtés par le passé à Beyrouth auraient été recrutés en Bulgarie. C’est en fait Benyamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, qui le premier avait pointé du doigt le Hezbollah l’accusant d’avoir fomenté et exécuté l’attentat de Burgas, l’été passé, avant même le début de l’enquête. D’autres rapports ont établi que le mouvement al-Qaïda était responsable de cette attaque. La Bulgarie est un pays membre de l’Union européenne, mais ni elle ni la Roumanie ne peuvent émettre des visas Schengen, parce les deux pays ne répondent pas aux critères exigés pour faire leur entrée dans cet espace, comme l’a dit le ministre de l’Emigration néerlandais, «notamment en ce qui concerne la corruption et le crime organisé…». Le chargé d’affaires de l’ambassade de Bulgarie avait remis au ministre des Affaires étrangères, Adnan Mansour, un dossier complet sur cette affaire, adressé au ministère libanais de la Justice par le ministère bulgare de la Justice.

 

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