Magazine Le Mensuel

Nº 2889 du vendredi 22 mars 2013

Diaspora

Diwan. Le Forum des arts arabes revient en force

Pour la cinquième année consécutive, Diwan, le Forum des arts arabes, est lancé. Cette année, c’est l’appartenance à la diaspora, la question identitaire et la position des artistes par rapport au Printemps arabe qui sont à l’ordre du jour.


C’est pour que les membres de la communauté et les artistes arabes puissent se rencontrer, échanger leurs idées et exposer leurs travaux que Diwan a été lancé par l’Arab American National Museum. Tout au long d’un week-end, du 15 au 17 mars, le public a eu l’occasion d’explorer les frontières de l’art pour résoudre les problèmes sociaux liés aux Arabo-Américains. Cette année, parallèlement aux conférences et aux tables rondes, une exposition a été prévue. Des œuvres ont été présentées pour la première fois dans ce musée. Notamment celles d’Hanah Diab, l’artiste connue nationalement aux Etats-Unis à cause de ses positions pro-palestiniennes, ainsi que Julienne Johnson qui a déjà exposé à Los Angeles et au Qatar. Le dessin énergique et très populaire de Adnan Charara (voir encadré), Les open minded, revient aussi pour une projection. Mais en ce qui  concerne les conférences, les présents ont eu l’opportunité de décrypter des thèmes importants. Telles la question de la Palestine et sa perception par les artistes. Ce sujet a été abordé principalement par John Halaka. Son dessin Paysages du désir est inspiré par les ruines des villages palestiniens après le nettoyage ethnique de 1948. L’exil et les problèmes identitaires ont été également étudiés et les adolescents syro-américains interrogés sur le sujet. C’est le film comme médium qui traite ce thème. Mais c’est surtout pour comprendre la position des artistes arabes par rapport au Printemps arabe que les inscrits au Diwan ont décidé de se rendre massivement aux conférences. Nama Khalil a abordé, lui, le rôle de l’art dans la société civile. Cette artiste dont les photos ont été exposées dans de nombreuses galeries dans la région de Cleveland. De même pour Leila Tayeb, chercheuse spécialisée en danse orientale. Toujours concernant les révolutions arabes, les participants au Diwan 5, et précisément Holly Arida Reem Gibriel, céramiste, et Suheir Hammad, poète et acteur, se sont penchés sur l’impact de l’islamophobie et du Printemps arabe sur la présentation de l’art arabe en Amérique. Un art se développant au cours des années grâce à des intellectuels et des écrivains qui ont su faire entendre leur voix dans leur pays d’adoption. Qui mieux que Afifa Karam pour être citée. Cette romancière et journaliste d’origine libanaise a quitté son pays en 1897. Installée en Amérique avec son mari, qu’elle a épousé à l’âge de 13 ans, elle publie le premier roman en langue arabe en 1906. C’était Badi’awa Fouad, publié par le journal al-Huda. Son parcours a été d’ailleurs largement abordé durant cette conférence. Une preuve de plus qu’au sein de la communauté arabo-américaine, les Libanais ont de tout temps su être des pionniers.

Pauline Mouhanna (Etats-Unis)
 

Pour plus d’informations, http://www.diwanart.org/.

Adnan Charara, l’artiste voyageur
Né au Liban, Adnan Charara a passé une partie de son enfance en Sierra Leone. Il a par la suite immigré aux Etats-Unis, alors qu’il était encore jeune. Cet artiste est un véritable conteur; ses peintures et ses sculptures relatent ses différents voyages. A travers son travail, Charara a créé un récit visuel qui reflète la condition humaine. Ses œuvres sont exposées à Michigan, New York, Sierra Leone, Massachusetts…   

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