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Nº 2900 du vendredi 7 juin 2013

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Musique

Selecteum des Arts et des Sciences. Concert à la cathédrale Saint-Louis des Frères capucins

«Moments solennels» dans une ambiance de recueillement avec le Quatuor Musique del Tempo et l’international et fameux violiste anglais Rusen Gunes, venu spécialement de Londres pour se joindre au Quatuor et l’accompagner devant un grand public de mélomanes lors d’un concert unique.
 

A la faveur de ce concert intitulé Solemn Moments, un répertoire a été choisi avec passion sous l’impulsion de la présidente-fondatrice du Selecteum des Arts et des Sciences, Dédé Hourani, qui a pris sa vitesse de croisière et a multiplié ses activités auprès des ses membres et son public sélect et averti, qui suit continuellement et fidèlement ses événements culturels et musicaux, les appréciant de plus en plus.
Dans l’audience se trouvaient Georges Corm, Christophe LeChat, premier secrétaire de l’ambassade de Belgique au Liban, Lucas Renda, directeur du Pnud au Liban, Raya Daouk, présidente de l’Apsad, le révérend père supérieur des Capucins Abdallah Noufaili, ainsi qu’un grand public de mélomanes.
Au programme: Mozart Quintette à cordes en ut majeur K515, et Brahms Quintette à cordes nº1 en fa majeur opus 88. Après le concert, un vin d’honneur fut offert aux membres du Selecteum dans les jardins de la cathédrale Saint-Louis, en présence des musiciens du Quatuor Musique del Tempo et le grand musicien anglais Rusen Gunes.

Wolfgang Amadeus Mozart
Mozart rechercha des souscripteurs pour trois niveaux quintettes à cordes en avril 1788, près d’un an après avoir achevé les deux premiers, les K.515 et 516; la troisième œuvre était en fait un arrangement de sa Sérénade pour huit instruments à vent en ut mineur, K.388. Une deuxième annonce, parue trois mois plus tard, n’attira pas plus de signatures que la première, et les œuvres furent publiées séparément par la firme viennoise Artaria. Le Quintette en ut majeur parut en 1789, celui en sol mineur l’année suivante, et celui en ut mineur en 1792, six mois après la disparition du compositeur.
1787 fut l’année de Don Giovanni, et le thème initial du Quintette en ut majeur, avec son motif d’arpèges ascendants se détachant sur un arrière-plan de croches répétées, semble annoncer le fameux Air du catalogue de Leporello. Le violoncelle et le premier violon se partagent le thème, tandis que les trois instruments intermédiaires fournissent l’accompagnement. Les deux parties externes sont très différentes l’une de l’autre, et au thème staccato du violoncelle répond une phrase mélodique extrêmement douce du violon. Toutefois, après une courte pause, les deux interprètes échangent leurs rôles au cours d’une plongée saisissante dans le monde mineur. Le passage en mineur précède une incursion dans le ton lointain de la sus-tonique bémolisée (ré bémol) avant le début du second groupe, beaucoup plus stable. Le premier et le dernier thèmes sont la base d’un long passage intensément travaillé dans le développement.
Une controverse inhabituelle concerne l’ordre dans lequel doivent être joués les deux mouvements centraux. La première édition fait suivre le Menuet de l’Andante – ordre qui est aussi celui du Quintette en sol mineur. Toutefois, le manuscrit de Mozart semble placer ces deux mouvements dans l’ordre inverse, qui est aussi celui adopté par la Nouvelle édition Mozart de 1967. Mais on aurait tort de se fier aveuglément à l’autographe, car chaque mouvement occupe un folio indépendant, et un examen attentif montre que la pagination des trois derniers mouvements n’est pas de la main du compositeur. Le mouvement lent reflète le goût très marqué de Mozart pour l’alto. Ce mouvement de sonate se compose en presque totalité d’un duo, passionné et presque lyrique, entre premier violon et premier alto. Parmi tous ses quintettes, c’est dans ce mouvement que Mozart s’approche le plus du style d’écriture concertant qu’il allait mettre au point dans les trois Quatuors à cordes «prussiens» de 1789 et 1790; et vers la fin, le violoncelle interprète même une brève cadence au-dessus d’une pédale.
Le Trio en fa majeur dépasse de beaucoup, par son ampleur, le Menuet proprement dit. Un passage mystérieusement chromatique cède finalement la place à un air en manière de ländler tendrement expressif, énoncé par les violons en octaves, qui est l’une des mélodies les plus belles et les plus sensuelles que Mozart ait jamais écrites.
Le final, pour sa part, est de toute évidence une sonate en rondo, même s’il est possible de considérer l’épisode de son développement comme une parenthèse glissée dans la réexposition d’une structure sonate régulière. Le chromatisme de ce développement n’obscurcit que momentanément ce qui est l’un des mouvements les plus joyeux et les plus triomphants de Mozart, conclusion appropriée d’un chef-d’œuvre véritablement olympien.
 

 

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