Magazine Le Mensuel

Nº 2905 du vendredi 12 juillet 2013

general

L’obésité des enfants. Une évolution alarmante

L’obésité des enfants et des adolescents atteint des niveaux inquiétants. Les différentes études statistiques réalisées au Liban confirment cette évolution alarmante. Le Dr Gérard Wakim, pédiatre, a profité des Journées interuniversitaires de psychiatrie pour faire le point.
 

La prévalence du surpoids chez les enfants de 5 à 11 ans augmente partout dans le monde. Le taux de prévalence de l’obésité atteindrait 22% en 2025, soit plus d’une personne sur cinq. Ce qui suppose des politiques de prévention ambitieuses et plus efficaces que celles réalisées jusqu’à présent. On pense souvent que la faim est la principale cause de mortalité dans le monde. Mais le surpoids et l’obésité tuent bien plus de gens que l’insuffisance pondérale. Un enfant obèse a 2 à 6 fois plus de chance qu’un enfant normal d’être obèse à l’âge adulte. La probabilité qu’un enfant obèse le reste à l’âge adulte varie de 40 à 65%. Ce risque est d’autant plus grand que l’obésité est majeure et d’apparition précoce. La cause fondamentale de l’obésité et du surpoids est un déséquilibre énergétique entre les calories consommées et dépensées. L’évolution profonde des modes de vie, notamment concernant les rythmes et modes alimentaires et l’évolution des habitudes en matière d’alimentation et d’exercice physique, ainsi que les facteurs économiques et sociaux y jouent un rôle important. Nos enfants sont selon le pédiatre plus attirés par le junk food, par le hamburger et par les pizzas. Ils dînent devant la télé ou grignotent entre les repas. L’indice de masse corporelle (IMC) est un bon indicateur de la proportion des tissus graisseux présents dans le corps. Tracer la courbe de corpulence permet d’identifier précocement les enfants obèses ou à risque de le devenir. L’utilisation de l’IMC selon des courbes de référence en rapport avec l’âge et le sexe de l’enfant est ainsi le meilleur critère de surveillance. L’IMC précise la sévérité de l’obésité. La courbe d’IMC évalue la précocité de l’apparition de celle-ci.

Rôle du pédiatre
Le rôle du pédiatre est de tracer à chaque visite ces courbes de corpulence. Ses objectifs sont essentiellement le dépistage et la prévention, associés à une prise en charge adaptée, tant au niveau personnel, qu’au niveau de la famille, de l’école, ou encore de la société. La prise en charge de l’enfant et de l’adolescent obèse se doit de rester multidisciplinaire (pédiatre, endocrinologue, diététicien et psychologue) pour un résultat optimal. Il s’agit également de sensibiliser les parents et leur expliquer qu’une trop grande restriction n’est pas souhaitable. Il faut par ailleurs leur faire prendre conscience que leurs propres comportements lors des achats et au moment des repas constituent des repères importants pour l’enfant.  L’obésité «commune» est la forme la plus fréquente chez les enfants. Elle représente 95% des obésités. Il existe des facteurs prédisposant à l’obésité commune de l’enfant dont une prise de poids excessive durant la grossesse, un tabagisme maternel, un diabète gestationnel ou un dérèglement de la croissance fœtale. D’autres facteurs, comme le manque d’activité physique, le manque de sommeil, un comportement de l’entourage trop restrictif ou au contraire trop permissif par rapport à l’alimentation, sont également importants.
L’obésité reflète souvent une mauvaise estime de soi entraînant ainsi un handicap psychosocial et relationnel. Elle est par ailleurs associée à de nombreuses complications cardiovasculaires, orthopédiques, psychologiques, respiratoires et métaboliques. Pour le Dr Wakim, le facteur génétique est primordial. Un enfant dont les deux parents sont obèses a un risque d’obésité trois fois supérieur à celui d’un enfant ayant deux parents minces. Lorsqu’un seul des parents est obèse, l’enfant a 40% de chances de le devenir. Mais si les deux parents le sont, le risque s’élève alors à 80%.

Nada Jureidini

Recommandations en cas d’obésité
Pratiquer une activité physique quotidienne.
Réduire le temps consacré à la télévision, la console de jeux ou l’ordinateur.
Inciter l’enfant à trouver une activité sportive qui lui plaise et qu’il puisse pratiquer 
régulièrement.
Sensibiliser à une alimentation saine et variée.

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