Magazine Le Mensuel

Nº 2910 du vendredi 16 août 2013

Reportage

Les Galapagos. La fascination à l’état pur

Les Galapagos. Rien que ce nom est une véritable invitation au voyage. Plus qu’un chapelet d’îles, l’archipel des Galapagos reste mystérieux, avec ses panoramas volcaniques et sa population unique. Iguanes géants, tortues centenaires ou encore fous à pattes, rouges ou bleues, vous y donnent rendez-vous.

Plus qu’un simple voyage, un détour par l’archipel de Galapagos, situé des deux côtés de l’Equateur, est une véritable expérience. Avec ses treize îles principales, puis six petites îles, quarante-deux îlots et une myriade de petits rochers, l’archipel s’étend sur une surface de 7 850 km2. Sur ce territoire aux allures d’aventure, le point culminant est le volcan Wolf, avec 1 690 mètres d’altitude, sur l’île d’Isabela, la plus vaste de l’archipel. Avec les autres îles principales, celles de Santa Cruz, San Cristobal et Floreana, elles constituent les zones les plus peuplées et développées de la région qui compte, en tout et pour tout, quelque 16 000 âmes.
Deuxième plus grande marine
Les îles des Galapagos formées, il y a environ quatre à cinq millions d’années, au fil d’éruptions volcaniques surgies du fond de l’océan figurent, encore aujourd’hui, comme l’archipel doté de la plus forte activité volcanique au monde. La plupart des îles qui le composent ne sont d’ailleurs que des sommets de volcans, tandis que d’autres sont complètement immergées dans l’océan. La région est également témoin de la formation constante de nouvelles îles, comme l’ont montré les récentes éruptions du Marchena en 1991 et du Fernandina en 1995, du fait de mouvements tectoniques où le fond marin est poussé vers la surface.
C’est en 1535 que les îles sont découvertes, par hasard, par le père Tomas de Berlanga, évêque de Panama de son état, lors d’un voyage vers le Pérou. Jusqu’en 1710, l’archipel est un refuge des pirates américains et anglais qui utilisent tant les tortues géantes que les baleines et phoques présents dans l’océan comme… réserve de nourriture. A l’époque, les tortues géantes sont capturées par milliers. C’est aussi sur l’archipel qu’un certain Charles Darwin, qui y séjourna cinq semaines, élaborera une partie de sa fameuse théorie de l’évolution, qui paraîtra en 1859 sous le titre L’origine des espèces. Bien plus tard, durant la Seconde Guerre mondiale, les Etats-Unis louent l’archipel à l’Equateur pour y construire une base militaire sur Blatra, où ils resteront jusqu’en 1948. Puis, en 1959, l’Equateur déclare l’archipel Parc national, presque vingt ans avant que l’Unesco ne déclare les Galapagos «patrimoine mondial de l’humanité».
Mais si les îles des Galapagos fascinent rien qu’à l’évocation de leur nom, c’est aussi et surtout parce qu’elles constituent l’archipel le plus complexe et diversifié au monde. Avec une faune et une flore que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. Sur place, les visiteurs se frotteront à un univers mystérieux et communieront avec la nature. Car les animaux présents sur les îles ne présentent aucune peur notable envers les hommes.
L’archipel peut se targuer d’héberger la deuxième plus grande marine au monde. Les courants provenant des régions tropicales et sous-tropicales présents dans la zone emmènent des animaux de tout le Pacifique et d’une partie de l’Indopacifique, créant ainsi une grande biodiversité. Il existe non moins de 23% d’espèces endémiques. L’archipel est aussi un refuge pour les espèces de reptiles et mammifères menacées, comme les tortues et les baleines qui y trouvent leur espace principal de reproduction. Sur place, les Galapagos constituent l’un des endroits les plus fascinants au monde pour la plongée sous-marine et le snorkelling (plongée en masque et tuba). Elles figurent même comme l’une des sept merveilles sous-marines du monde selon des professionnels de la plongée.
Dans leurs eaux, les plongeurs peuvent admirer la flore et les récifs de corail, mais surtout, côtoyer baleines, requins baleines, requins marteaux, raies manta, tortues, ainsi qu’une centaine d’espèces différentes de poissons. Sans oublier les iguanes. Au programme, également, la plongée avec des otaries qui semblent s’amuser davantage lorsque des hommes nagent avec elles.
Sur l’île de Santa Cruz, la deuxième plus grande de l’archipel, où se trouve la ville et centre touristique de Puerto Ayora, les touristes visiteront en premier le Centre d’exhibitions Van Straelen, au sein de la Station scientifique Charles Darwin. Là, on pourra observer l’incubation et l’élevage de tortues géantes avant leur rapatriement vers leur habitat naturel. Toujours à Santa Cruz, Tortuga Bay est incontournable. On peut apercevoir sans problème, sur cette belle plage entourée de mangroves, des requins, des raies manta, ou encore des iguanes marins. Le tout sans aucune trace humaine.
Les plages de Bachas sont un lieu idéal pour nager ou pratiquer le snorkelling. Un lagon tout proche permet d’observer des flamants roses. L’île héberge aussi des tunnels de lave de plus d’un kilomètre de long.
L’île de South Plaza abrite une belle population d’iguanes dans une petite forêt de cactus Opuntia. Sur place, un chemin permet de se rendre dans une colonie d’otaries ou encore, d’observer, depuis les collines, des frégates, des mouettes à queue fourchue, ou encore des phaétons à bec rouge, des pélicans, etc. Une autre île, North Seymour, est aussi idéale pour l’observation d’oiseaux marins, comme les fous à pattes bleues.
Endroit le plus photographié des Galapagos, l’île de Bartolomé permet de déambuler dans un paysage de lave, hors du commun. Quant à la faune, elle se compose de pingouins de Galapagos, de tortues marines et de bancs de poissons tropicaux, qui raviront les amateurs de snorkelling.
L’île de Santiago possède l’un des spots les plus fameux. Après un débarquement sur une plage de sable noir, les visiteurs marcheront le long de la côte, captivés par des formations de lave noire, des grottes aux formes et couleurs étranges. Puis ils partiront à la découverte de grandes colonies d’iguanes marins, de crabes grapsus grapsus et des hérons des Galapagos. Sans oublier les colonies d’otaries, mais aussi, côté oiseaux, les pinsons de Darwin, les tyrans de Galapagos, ou encore, des tourterelles et moqueurs. Les passionnés de volcanologie seront impressionnés aussi par des formations de lave Pahoehoe, des «moules» faits par des troncs d’arbres et des bulles de lave sur la surface.
L’île d’Isabela, la plus grande de l’archipel, mérite aussi d’être visitée. Constituée de cinq volcans actifs, elle héberge aussi de belles colonies de pingouins, de cormorans aptères, ainsi que des pélicans et des fous.
Les îles des Galapagos restent aujourd’hui très protégées et les amoureux de la nature en comprendront aisément la raison. Ce qui est certain, c’est qu’ils en repartiront des images plein les yeux.

Jenny Saleh

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