Magazine Le Mensuel

Nº 2913 du vendredi 6 septembre 2013

Confidences Liban

Confidences Liban

Promesses et cultures interdites
Le délai fixé par le ministère de l’Agriculture, pour la destruction des cultures interdites dans la Békaa, a expiré le 31 août. La décision avait été contestée par les agriculteurs qui ont fait savoir ne pas être disposés à l’appliquer avant le versement des indemnisations promises en 2012 par le gouvernement de Najib Mikati qui n’a pas pu tenir ses promesses faute de fonds. Les agriculteurs bénéficient de l’appui de certains camps politiques influents qui se sont insurgés contre l’éradication des plants de haschich par la force.

 

Voitures piégées: la psychose
Des informations sur la circulation de voitures piégées sont parvenues aux responsables qui se sont dépêchés de fournir aux patrouilles et aux barrages sécuritaires les caractéristiques de ces engins de la mort, dont une Kia portant une plaque d’immatriculation syrienne. Lorsqu’une patrouille a repéré une voiture syrienne de cette marque, stationnée devant un bâtiment officiel, elle a tout de suite fait appel à un expert militaire qui a procédé à la fouille de la Kia en question sans y trouver une quelconque charge explosive. Son propriétaire était tout simplement en train de faire ses courses dans le quartier.

Tension Hezbollah-CPL
Statu quo entre Dahié et Rabié. Pas de rencontres ni de réunions prévues entre les cadres des deux partis, comme l’affirme un député du Courant patriotique libre (CPL). Les relations entre les deux alliés restent tendues depuis que le Hezbollah a cautionné la prorogation du mandat parlementaire et l’ajournement du départ à la retraite du commandant en chef de l’armée, le général Jean Kahwagi. La seule et unique réunion, ajoute la source CPL, entre des responsables du parti chiite et le général Michel Aoun est celle qui a eu lieu à Rabié.

Le bloc aouniste fragilisé
Le Bloc pour la Réforme et le Changement n’est plus ce qu’il était, de l’aveu de l’un de ses membres. Il vit une sorte de fractionnement dû à la position adoptée par le général Michel Aoun sur la question de la prorogation des mandats de la Chambre et du commandant en chef de l’armée. Des options qui ont refroidi les relations de Aoun avec le Hezbollah et avec les députés Sleiman Frangié et Talal Arslan. Malgré la tension, les députés des Marada continuent à participer aux réunions du bloc, bien qu’ils ne partagent pas l’avis du CPL sur toutes les questions. Un parlementaire explique que la présence aux réunions ne signifie pas le règlement des divergences. Il révèle, par ailleurs, que les efforts de réconciliation entre Rabié et Bnechaï déployés par des amis communs ont été infructueux, jusque-là.

Exit le cabinet militaire
Certains médias ont annoncé, en cours de semaine, de prétendues formules gouvernementales qui circulent en coulisse dont un cabinet composé d’officiers à la retraite qui aurait pour mission la réactivation des institutions et le service des citoyens. Aucun des principaux bords politiques n’a adopté cette combinaison qui a été rejetée notamment par le mouvement du 8 mars qui l’a considérée non «viable». Le président Fouad Siniora, accusent certains, tente de promouvoir cette formule à travers laquelle il cherche à confier le ministère de l’Intérieur au général Achraf Rifi en sa qualité d’expert en la matière. Les milieux de Mousseitbé n’ont pas commenté, étant donné qu’il s’agit d’une manœuvre visant à tâter le pouls des acteurs politiques, sans plus.

La prison de la discorde
Le conflit s’envenime entre le ministre de l’Intérieur, Marwan Charbel, et celui des Travaux publics, Ghazi Aridi, au sujet des travaux de réhabilitation de la prison de Roumié. Le général Charbel, qui a bloqué la reprise des travaux jusqu’à la fin de l’enquête menée sur ce projet, a ainsi remis à la Cour des comptes et au procureur financier un dossier complet sur cette affaire entachée de malversations, à son avis. Lors de la réunion, tenue la semaine passée, pour examiner ce cas sous l’égide du président Najib Mikati en présence des ministres concernés et des chefs sécuritaires, en l’absence de Aridi, le ministre Charbel a signalé que les dépenses se chiffrent à 13 millions de dollars, pourtant les cellules sont sans portes, les fenêtres sans vitres et les toilettes inexistantes. Il y a, ajoute-t-il, quatre ambulances d’une valeur de 125000 dollars l’une. Comment donc les fonds ont-ils été dépensés?

Boutros Assaker… de Paris à Paris
L’ambassadeur Boutros Assaker change de casquette. L’ambassadeur de la République libanaise à Paris, qui devait prendre sa retraite en décembre prochain, a été désigné comme ambassadeur de la Ligue arabe dans la capitale française. Il a donc été mis fin à sa mission par décret présidentiel. Le diplomate va donc déménager de la rue Copernic à son domicile privé de Neuilly. C’est le chargé d’affaires, Ghadi el-Khoury, qui présidera la délégation libanaise à Paris en attendant la nomination d’un nouvel ambassadeur. Assaker a adressé une lettre à ses concitoyens pour les remercier, ainsi qu’à ses collaborateurs pour l’aide qu’ils lui ont apportée afin de servir les Libanais avec loyauté.

Contrôle des entrées au Nord
Le président Najib Mikati a relancé les activités de la commission chargée de la coordination des opérations pour faire face aux crises et catastrophes nationales. La commission s’est réunie, après une longue absence, pour passer en revue les diverses conséquences sur la vie publique de la présence massive des déplacés syriens, et de l’extension des combats à des régions limitrophes du Liban. Le Conseil supérieur de la Défense, après avoir examiné le dossier des réfugiés syriens et l’éventuel exode qu’une guerre internationale sur le régime syrien pourrait produire, a demandé à la Sûreté générale de prendre les mesures nécessaires pour contrôler la situation aux frontières. Parmi ces mesures: l’augmentation du nombre d’agents postés aux points de passage et des dispositions non annoncées pour limiter l’entrée de combattants terroristes dans le pays.


Bataille en gestation
Des mouvements takfiristes au Nord se préparent à ouvrir un front entre les régions du Akkar et le Hermel. Le rapport sécuritaire, qui rapporte cette info, se base sur l’acquisition d’un nombre important de Grad par ces mouvements, en prévision d’une grande bataille contre le Hezbollah dans les régions montagneuses s’étendant des hauteurs du Akkar et quelques zones au Nord – où sont postés des combattants takfiristes – vers le nord de la Békaa, notamment la ville de Hermel et ses alentours. Ces prévisions sont liées à l’augmentation de la pression exercée par les forces régulières syriennes sur les groupes terroristes dans le Rif nord de Damas jouxtant le jurd de Ersal. Les aveux d’un camionneur, venant de Ersal, arrêté le 20 août par les organes de sécurité au carrefour de Ras Baalbeck devant l’Hôpital universel, ont tiré au clair ce plan. Le chauffeur libanais, Fadi Hussein el-Ghazi, avait équipé une camionnette de marque Mercedes jaune et blanche portant la plaque H/331665 d’une cache dans laquelle il avait dissimulé dix fusées Grad. Ghazi a reconnu avoir transporté de Ersal et, à plusieurs reprises, des missiles de ce type vers des régions spécifiques du Nord et de Wadi Khaled contre d’importantes sommes d’argent.

Lutte d’influence à Tripoli
La lutte d’influence sur la rue tripolitaine bat son plein entre les trois officiers. Des rapports locaux révèlent que le général Achraf Rifi et le colonel à la retraite Amid Hammoud font preuve de plus d’efficacité, alors que le général Fadil Khadour fait ses premiers pas dans l’arène politique après avoir pris sa retraite de la Sûreté générale. Il bénéficie cependant de l’appui d’Ahmad Hariri. La concurrence entre Rifi et Hammoud est liée à leurs intérêts électoraux dans la ville. Le général Rifi, comme le révèlent ces rapports, aurait récemment acquis un nombre d’appartements dans une zone bourgeoise afin d’y installer ses bureaux. Si Rifi a pris ces mesures en solo, c’est parce qu’il a été tenu à l’écart des rencontres des députés de Tripoli. Sans compter que le député Mohammad Kabbara et l’ex-député Moustafa Allouch se sont réunis à plusieurs reprises avec le colonel Amid Hammoud, ces derniers temps. Ce qui a irrité le général Rifi, surtout lorsqu’il a appris que ces réunions ont été organisées par Hammoud en accord avec Kabbara, tous deux percevant Rifi comme un compétiteur charismatique qui menace leur popularité. La majorité des électeurs de Kabbara pourraient, selon des statistiques secrètes, accorder leur bulletin de vote à l’ex-chef des FSI.

Cellules takfiristes actives
Mise en garde d’une haute instance politique contre les mouvements des groupes intégristes takfiristes. Les organes de sécurité, qui ont réussi à arrêter certains repris de justice, ont observé le terrain et découvert que ces cellules sont déployées entre Bchemoun, Aramoun, Khaldé, Naamé et Tarik Jdidé. Il s’agit de cellules terroristes réduites mais actives à l’instar du groupe responsable de la voiture chargée d’explosifs de Naamé. Saïd el-Bahri, l’un des principaux responsables de ce groupe, est récemment rentré du Qatar où il a passé trois ans. Bahri était le bodyguard du chef du parti du Dialogue national, Fouad Makhzoumi, avant de rejoindre à Beyrouth des mouvements reliés à Chaker Berjaoui du Courant arabe. Après cette période, il s’est rallié à des dignitaires religieux extrémistes qui l’ont noyauté et jeté dans les rangs des takfiristes. Ces groupuscules s’adonnent à des actes terroristes, mais aussi à des actes d’intimidation des civils. Ainsi, une poignée d’entre eux aurait arrêté, en août passé, une camionnette dans la région de Bchemoun et interrogé les quatre employés de l’imprimerie Itani qui étaient à bord avant de les libérer quelques heures plus tard. La source révèle aussi l’existence d’un groupe d’une vingtaine d’individus à Khaldé, qui utilise la mosquée el-Hussein Ben Ali comme point de départ et qui a hissé le drapeau du Front al-Nosra sur son minaret. Parmi eux, un élément de la famille Nabaa (surnommé Abi Dajana) dont les frères sont impliqués dans le meurtre du cheikh Nizar Halabi.

Les Ikhwan d’Egypte à Beyrouth
Celui qui voit les affiches jaunes des Ikhwan d’Egypte dans les rues de Beyrouth détient la preuve des relations tendues entre la Jamaa islamia et le Moustaqbal et, par conséquent, des divisions sur la scène sunnite. Il faut éviter de s’impliquer dans les adversités arabes dans l’intérêt national, explique une source proche du Moustaqbal, surtout quand il s’agit de l’Egypte et de l’Arabie saoudite, deux pays influents sur la scène arabe qui mènent une «bataille interne existentielle» contre les Ikhwan. La Jamaa islamia libanaise, poursuit la source, a politiquement fait monter les enchères contre le nouveau pouvoir au Caire, malgré les promesses de ses responsables qui ont dit «ne pas vouloir importer la crise égyptienne au Liban» pour ne pas diviser les rangs sunnites. Les organes sécuritaires saoudiens ont arrêté des cadres des Ikhwan, dont des hommes de religion et des personnalités connues, et plusieurs pays arabes coopèrent avec Riyad contre ce mouvement intégriste qui a tranquillement réussi à infiltrer les élites commerciales, bureaucratiques, médiatiques et religieuses dans un nombre de pays du Golfe. La Jamaa au Liban, selon la même source, continue à ménager Riyad pour des motifs financiers et politiques, mais risque de se confronter à une réaction saoudienne en raison de la campagne d’appui aux Frères musulmans égyptiens et saoudiens qu’elle mène à l’interne.

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