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Nº 2913 du vendredi 6 septembre 2013

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Fouad Zmokhol, président du RDCL. «Le 4 septembre est un jour de fermeture constructive et non pas destructive»

«L’action est bien meilleure que la négligence et la somnolence», «Le refus et l’indignation sont bien meilleurs que l’acceptation du fait accompli», «La défaite en se battant dignement serait éventuellement bien meilleure que l’abandon sans résistance…». Tous vos slogans sont retentissants mais, dans la pratique, comme ils sont idéalistes, on sent que vous cherchez à exécuter l’axiome qui dit «ôtes-toi que je m’y mette»?
Pas du tout. Le mouvement du 4 septembre n’est dirigé contre aucun parti politique, aucun gouvernement précis, ou contre éventuellement le 14 mars ou le 8 mars. Il s’agit d’un message de prise de conscience adressé à toute la classe politique sans exception. On peut comprendre que les politiques aient des avis divergents sur une panoplie de dossiers d’intérêt public. En revanche, il est inadmissible que la classe dirigeant ne s’accorde pas sur deux points stratégiques pour la sauvegarde d’un pays: sa sécurité et son économie. Le 4 septembre est un jour de fermeture constructive et non destructrice. Ce n’est certainement pas un jour de grève et de manifestations. La goutte qui a fait déborder le vase des organismes économiques est la succession des trois dernières explosions en date. Aujourd’hui, le patronat se trouve dans une situation extrêmement précaire du fait qu’il est confronté «à une guerre froide interne» et «non à une guerre chaude» comme par le passé. Pendant la guerre chaude, l’entrepreneur libanais, appartenant à tous les secteurs économiques productifs, a réussi à gérer la crise dans la mesure où il a tenté d’accroître l’exportation de ses produits et services, voire dans plusieurs cas à se délocaliser totalement vers d’autres cieux et assurer son expansion au régional puis à l’international. Maintenant, c’est un autre cas de figure qui se présente vu que tous les pays de la région sont en proie à des turbulences. Il nous faut un gouvernement qui puisse gouverner, quel que soit son chef, qui aurait pour priorité la préservation de la sécurité (70% de nos problèmes seraient ainsi réglés) et l’élaboration d’un plan de secours économique.

Ne pensez-vous pas que la classe politique est consciente du drame mais qu’elle est impuissante? Tout le monde sait que le Liban est «un petit pays dominé» et qu’il n’a jamais, depuis son indépendance, été autonome dans les grandes décisions…
Si j’admets que le Liban n’a jamais été maître de ses grandes décisions, il n’en ait pas moins maître des décisions internes liées à ses dossiers socioéconomiques. A mon avis, le Liban ne semble plus inscrit dans les priorités des grandes puissances qui se livrent une guerre froide. Il est d’autant opportun pour nous de former «un gouvernement fabriqué au Liban». De toute façon, tout processus de changement doit avoir un point de départ quelque part. Pourquoi le 4 septembre ne constituerait-il pas le début de ce processus? L’absence de réactions de la part des organismes économiques aurait été inadmissible. Elle aurait été synonyme de capitulation. Or pour moi, le 4 septembre est un investissement pour l’avenir qui rappelle la classe politique à son devoir de préserver nos droits.
 
Un jour de fermeture est un jour de perte en termes de productivité?
Bien sûr, les forces économiques ne sont pas des amateurs de troubles et de chaos. Pour nous chaque minute de fermeture est une perte sèche. D’après mes calculs, la seule journée de fermeture du 4 septembre coûterait aux forces productives une perte pondérée estimée à près de 100 millions de dollars. Si l’on divise le PIB (tel qu’avancé par le FMI pour 2013) 43 milliards de dollars par 300 jours ouvrables, les pertes se chiffreraient à environ 146 millions de dollars. L’indice de pondération appliqué à ce chiffre (qui porte sur les entreprises qui ne suivront pas l’appel ou qui sont obligées de continuer à travailler comme les hôpitaux), les pertes s’élèveraient à 100 millions de dollars.

Propos recueillis par LILIANE MOKBEL

L’avis de Adnan Kassar
Le président des organismes économiques, Adnan Kassar, a affirmé que «le succès de ce jour de fermeture du 4 septembre est une preuve évidente des revendications justes des forces actives». Il a estimé que pour «le moment, la balle est dans le camp des politiciens qui ont le devoir de baisser le ton de leurs discours qui nourrissent l’animosité, alors que la population fait montre de plus de retenue, de sagesse et de prise de conscience s’abstenant de s’impliquer dans tout acte qui pourrait nuire à la paix civile». L’ancien ministre de l’Economie a insisté sur la responsabilité qu’assument les politiques, les appelant à revenir à leur conscience vu qu’à l’ombre de l’effritement de la patrie, leurs 
positions au sein de la hiérarchie de l’Etat seraient sans aucun effet». «Nos revendications sont celles de chaque Libanais», a-t-il poursuivi, affirmant que «les organismes économiques ne resteront pas les bras croisés et refuseront d’être de faux témoins». Il n’a pas caché que les forces actives examinent certaines mesures d’escalade si un gouvernement n’est pas formé.

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