Magazine Le Mensuel

Nº 2919 du vendredi 18 octobre 2013

general

Le cinquième accusé du TSL. Qui est Hassan Merhi?

Un nouveau suspect, membre du Hezbollah, est inculpé par le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) pour son rôle présumé dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, en 2005. Qui est Hassan Habib Merhi?
 

Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL)  a émis un mandat d’arrêt à l’encontre d’une cinquième personne, Hassan Habib Merhi, dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. Ce nouveau suspect «est accusé d’avoir été impliqué dans l’attentat du 14 février 2005 à Beyrouth», a indiqué le tribunal, créé par l’Onu à la demande du Liban. Cet attentat avait coûté la vie au Premier ministre et à vingt-deux autres personnes.
Le procès de l’affaire Hariri dans lequel quatre autres membres du Hezbollah vont être jugés, devrait s’ouvrir le 13 janvier 2014.
Données téléphoniques
Merhi, âgé de 47 ans, est membre du Hezbollah. Il est accusé de «plusieurs crimes, dont celui d’avoir participé à un complot en vue de commettre un acte terroriste», mentionne le communiqué 
du TSL.
Selon l’acte d’accusation, Hassan Merhi aurait «coordonné la préparation» de la fausse vidéocassette, diffusée par la chaîne panarabe al-Jazeera, dans laquelle le Palestinien Ahmad Abou Adass revendique l’attentat au nom d’une organisation islamiste inconnue. Rappelons que Moustafa Badreddine, 52 ans, haut responsable militaire du Hezbollah, est accusé d’avoir fomenté l’attentat, Salim Ayache, 49 ans, de son exécution, alors que Hussein Onaissi, 39 ans, et Assad Sabra, 36 ans, se seraient occupés de la vidéocassette.
Dans l’acte d’accusation de trente-cinq pages, les procureurs se basent sur des données téléphoniques pour démontrer l’implication de Merhi, qui aurait surveillé les déplacements du Premier ministre Hariri durant les dernières semaines de sa vie. Il aurait coordonné l’opération avec deux autres suspects, Ayache et Badreddine. Merhi aurait également collaboré avec Onaissi et Sabra en détournant l’attention des inspecteurs vers un groupuscule radical, portant ironiquement le même nom que l’actuel Front al-Nosra, très actif en Syrie, à savoir «Victoire et jihad en Grande Syrie». Onaissi et Sabra auraient contacté les bureaux de Reuters et al-Jazeera à Beyrouth en assumant la responsabilité de l’attentat au nom de l’organisation terroriste en question.
Le tribunal avait secrètement inculpé Hassan Habib Merhi en juillet pour laisser le temps au gouvernement libanais d’essayer d’arrêter le suspect. Un mandat d’arrêt avait été transmis aux autorités libanaises, début août, mais celles-ci n’ont pu l’appliquer. L’accusé, selon les autorités libanaises, était «introuvable». En vertu de la résolution 1757 du Conseil de sécurité de l’Onu, le Liban était tenu de remettre celui-ci au tribunal avant le 5 septembre 2013.
Après l’expiration de ce délai, le président du TSL, David Baragwanath, a décidé de lancer, avec l’assistance des autorités libanaises, une annonce publique sur une période de trente jours afin de localiser l’accusé et de l’informer des accusations retenues à son encontre, ainsi que de ses droits. Des photos de Hassan Habib Merhi ont été publiées par les médias dans le but d’informer l’opinion publique.
Le Hezbollah accuse le TSL d’être le produit d’un complot israélo-américain visant à détruire son image. Le Parti de Dieu a refusé, également, de remettre les quatre suspects, qui devraient être jugés par contumace.

 

Mona Alami

Le financement du TSL
Le Premier ministre démissionnaire, Najib Mikati, serait déterminé à verser la contribution annuelle du Liban au financement du Tribunal spécial pour le Liban (TSL). Le délai pour le versement de la quote-part du Liban expire à la mi-novembre. Toutefois, le gouvernement démissionnaire serait dans l’impossibilité de se mettre d’accord sur la question, en raison de divergences d’opinion. La solution se trouverait dans le cadre d’un accord entre le Premier ministre, le président de la République Michel Sleiman et le ministre des Finances, Mohammad Safadi, selon un mécanisme utilisé les trois années précédentes.

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