Magazine Le Mensuel

Nº 2925 du vendredi 29 novembre 2013

Spectacle

El-Wewiyeh de Nagy Souraty. Nidal el-Achkar de retour sur scène

Dès le 4 décembre, au théâtre al-Madina, Nidal el-Achkar interprètera le rôle 
d’el-Wewiyeh dans la pièce qui porte le même titre, mise en scène par Nagy Souraty. Un retour théâtral qui s’est longtemps fait attendre.
 

Cela fait plus de vingt ans que Nidal el-Achkar n’a plus enjambé les planches. Depuis 1991, quand elle a joué face à Rafic Ali Ahmad la pièce al-Halaba, écrite par Paul Chaoul et mise en scène par Fouad Naïm. Entre-temps, elle a fondé Masrah al-Madina, d’abord à Clémenceau, avant de déménager à Hamra. Elle a mis en scène plusieurs pièces et a continué à s’investir activement dans la promotion des arts et de la culture. C’est ce qui l’a éloignée de la scène, même si l’envie y était toujours. Une envie qui a commencé à se préciser il y a deux ans environ, quand Nagy Souraty a pris la direction artistique du théâtre al-Madina et que l’envie d’un travail commun se faisait sentir. Et voilà, c’est à partir du 
4 décembre que Nidal el-Achkar sera à nouveau sur scène dans la pièce El-Wewiyeh, mise en scène par Nagy Souraty.
Adaptée librement, très librement même, comme le précise Nagy Souraty, de Mère Courage et ses enfants de Bertolt Brecht, et traduite par Elie Adabachi, la pièce El-Wewiyeh se veut comme le miroir du monde arabe d’aujourd’hui. Ce monde qui change à une vitesse incroyable, à tel point que nous ne savons plus si le soi-disant Printemps arabe peut encore être considéré comme tel ou s’il est transformé en guerre. Dans ce contexte, le Liban se retrouve dans la place privilégiée et bizarre du témoin qui ne veut pas prendre part ou exploiter, comme d’autres le font, ce qui se passe. Il est alors presque obligé d’en être le reflet. Et le théâtre s’impose comme le meilleur endroit pour le partage et la contemplation. C’est en partant de ce constat qu’est née El-Wewiyeh
Une pièce qui porte le nom d’un personnage, interprété par Nidal el-Achkar. El-Wewiyeh, une femme intemporelle dans le monde arabe comme l’explique Nagy Souraty. Une femme au bon cœur qui aime ses trois fils; l’aîné (Khaled el-Abdallah) qui communique à travers le discours et le chant, et les deux autres (Abed Kobeissy et Ali Hout) qui s’expriment en musique. Dans ce monde plongé en pleine guerre, comment subvenir aux besoins de ses enfants? El-Wewiyeh se décide à exploiter la guerre en se lançant dans le commerce. Mais des événements inattendus vont survenir… La pièce aborde des questions sociales en ayant recours à l’humour noir. Tout au long de son périple, el-Wewiyeh exposera à ses enfants et aux personnes qu’elle rencontre dans les rues ses opinions à propos de la guerre et de la paix. Elle leur expliquera comment son instinct de survie l’a poussée en temps de guerre à plonger dans le commerce.
Lors d’une conférence de presse, tenue le 26 novembre au théâtre al-Madina, pour annoncer le lancement de la pièce, Nagy Souraty a exprimé la chance qu’il a, comme un rêve qu’aurait tout metteur en scène, de diriger Nidal el-Achkar. Il a également souligné les caractéristiques particulières de cette pièce qui exploite de manière non conventionnelle l’utilisation sur scène de la musique live et des marionnettes. En effet, tous les autres personnages, mis à part el-Wewiyeh et ses enfants, sont interprétés par Hadi Deaibess et ses marionnettes. Quant à la musique, elle a été composée par Abed Kobeissy et Ali Hout incluant des improvisations chantées par Khaled el-Abdallah. Nidal el-Achkar, non plus, ne cache pas sa joie de se retrouver à nouveau sur les planches. Le jeu, dit-elle, est tout simplement comme le fait de monter à bicyclette. Ça ne s’oublie pas. Mais il faut tout bien huiler à nouveau. Alors place aux entraînements de tous genres, physique, vocal, moral, aux répétitions incessantes, durant des mois. Parce qu’au-delà du texte, le comédien reste l’instrument le plus important au théâtre. Et quand la confiance existe entre lui et le metteur en scène, tout devient possible, sur scène. La scène comme miroir de la vie. 


Nayla Rached

Les représentations d’El-Wewiyeh débutent le 4 décembre, tous les jeudis, vendredis, samedis et dimanches, au théâtre al-Madina, à 21h.
Billets: 35 000 L.L. – 25 000 L.L. et 15 000 L.L. (étudiant). En vente au Virgin Megastore: (01) 999 666 – www.ticketingboxoffice.com

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