Magazine Le Mensuel

Nº 2927 du vendredi 13 décembre 2013

Le Saviez-Vous

Les détenus en Syrie. Une lueur d’espoir pour les familles

L’affaire des détenus libanais en Syrie occupe la scène libanaise depuis plusieurs décennies. En octobre dernier, le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, a affirmé son intention d’ouvrir bientôt ce dossier. Les familles reprennent espoir.

La fin heureuse de l’affaire des otages d’Aazaz a poussé plus d’une partie libanaise à appeler l’Etat à se pencher sur la libération des Libanais qui se trouvent derrière les barreaux des geôles syriennes depuis les années de la guerre de 1975.
A la suite d’une requête du président de la République, le général Abbas Ibrahim et le ministre de l’Intérieur démissionnaire, Marwan Charbel, ont promis de prendre à bras-le-corps le dossier des détenus en Syrie, indique le porte-parole de Solide. Le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, dans son discours télévisé à l’occasion du 15e anniversaire de la fondation de l’hôpital Rassoul al-Aazam, en octobre dernier, a évoqué la «disparition de milliers de Libanais en Syrie depuis la guerre civile», appelant le gouvernement libanais à se pencher sur ces dossiers une fois pour toutes. Il a indiqué que Damas était disposé à traiter cette affaire.
Les parents des détenus dans les prisons syriennes poursuivent leur combat pour mettre fin à leur drame et se heurtent à une politique de négligence et de marginalisation. Depuis plus de huit ans, le 22 avril 2005, ces familles ont entamé un sit-in permanent dans le jardin Gebran Khalil Gebran à Beyrouth, pour alerter le gouvernement et la communauté internationale sur leur cause et pour qu’une commission d’enquête internationale soit chargée de ce dossier.
Durant la guerre de 1975-1990, des centaines de Libanais ont été enfermés dans des prisons syriennes. Au cours des vingt-deux dernières années, six cents familles ont exigé des autorités libanaises qu’elles révèlent le lieu de détention de leurs proches disparus sous l’occupation de l’armée syrienne du Liban. Elles sont convaincues qu’ils sont prisonniers en Syrie.
Le Premier ministre, Najib Mikati, a tenté en 2005 de trouver une solution à ce dossier pendant les quelques mois où il présidait le cabinet. Sans résultat. Il avait rencontré son homologue syrien, Naji Otari, puis le président Bachar el-Assad à cet effet. Les autorités syriennes ont, malheureusement, toujours nié la présence de détenus politiques libanais dans leurs geôles.
Les gouvernements successifs de Fouad Siniora et de Saad Hariri ont pris la relève sans plus de succès. Le comité, présidé par le ministre Jean Oghassabian, chargé de l’affaire, n’a pas pu avancer. La réponse syrienne n’a fait que compliquer le dossier en soulevant qu’il y avait mille disparus syriens au Liban. Le comité désigné pour régler la question était appelé à trouver une réponse pour l’ensemble des personnes concernées.
Selon les informations les plus récentes, il y aurait 615 Libanais toujours dans les geôles en Syrie, malgré les dénégations des autorités du pays. Bien que minées par la fatigue et le désespoir, les familles des détenus libanais en Syrie ne sont pas prêtes à abandonner leur cause.

Arlette Kassas

Projets sans suite
En 2012, un projet de décret a été proposé par le ministre démissionnaire de la Justice, Chakib Cortbaoui, pour former une commission nationale indépendante pour les victimes de disparition forcée.
Un projet de loi a été proposé par le député 
Hikmat Dib en octobre 2011 et n’a toujours pas été examiné en sous-Commission 
parlementaire. Une proposition de loi est présentée par les Forces libanaises et attend d’être discutée par la Commission parlementaire de l’Administration et de la Justice.
Le projet de loi, élaboré à la demande du Comité des parents des disparus et des personnes enlevées au Liban et de Solide, et rédigé sous la supervision du Centre international pour la 
justice transitionnelle, n’a toujours pas été adopté. Il met l’accent sur «le droit à la vérité des familles des personnes enlevées et disparues».

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