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Nº 2936 du vendredi 14 février 2014

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Le secteur a-t-il basculé dans le terrain de la bulle?
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Immobilier. 
Le secteur a-t-il basculé dans le terrain de la bulle?

Les statistiques montrent clairement un recul progressif du nombre de transactions immobilières et de celui des permis de construction, depuis près de deux ans. En revanche, les promoteurs ne décampent pas et maintiennent une position inchangée, clamant que le secteur de l’immobilier est toujours résilient. Sur le terrain, l’équation ne paraît pas aussi simple. De nombreux chantiers appartenant à des particuliers, qui étaient en passe de construire leurs propres unités résidentielles, ont suspendu les travaux pour le moment. Ces particuliers viennent de la classe sociale à moyen haut revenu et leurs projets sont souvent loin de la capitale. Le climat d’incertitude quant à l’avenir qui prévaut dans le pays et dans son voisinage immédiat est un des facteurs-clés à la base de cet immobilisme. Cette catégorie sociale rechigne à investir de grandes sommes dans des actifs immobiliers et préfère se contenter de son logement actuel. A ce facteur s’ajoute, dans la majorité des cas, une cherté injustifiée des prix des travaux, qui s’inscrivent en faux avec les coûts de faisabilité de leur plan de construction de base. Ce constat s’étend aux individus appartenant à cette classe sociale, qui comptent sur leurs revenus mensuels et qui désirent s’acheter un logement dans un immeuble. Les prix de l’immobilier résidentiel affichés sont hors de leur portée (toute proportion gardée de l’échelle des prix du mètre carré) y compris ceux qui portent sur des unités se trouvant dans n’importe quelle autre région que la capitale. La moyenne du niveau des salaires appliquée sur le marché local est en disproportion avec les prix réclamés. Cette catégorie devrait dans des conditions normales et selon les règles de la macroéconomie constituer le gros volume de la demande. D’un autre côté, la classe sociale à haut revenu, qui ne compte pas sur ses revenus mensuels pour acquérir un appartement, a déjà fait un, voire même plusieurs placements dans l’immobilier depuis six ans, date où le secteur a commencé à connaître un boom sans précédent. Ce qui signifie que le portefeuille d’investissements des riches spéculateurs a été déjà constitué. Par conséquent, le nombre de demandeurs de cette classe sociale a drastiquement baissé. A la lumière de telles données, il serait légitime de s’interroger si le pays est sur le point de glisser dans le cycle d’une bulle immobilière, ou du moins serait à la veille de basculer dans une phase de correction sensible des prix. Une étude comparative, menée par la Banque mondiale, a montré qu’en termes de ratio de la moyenne des prix de l’immobilier rapporté au PIB par habitant, le Liban figure parmi les pays où les prix de l’immobilier/mètre carré ne sont pas en commune mesure avec le pouvoir d’achat de la masse. Selon le tableau non exhaustif (voir tableau), si les prix de l’immobilier à Beyrouth devaient être similaires à ceux qui sont appliqués à Dubaï, le mètre carré serait vendu à 1 381 dollars au lieu de 3 591, comme c’est le cas actuellement. Cette comparaison est établie relativement à une parité du pouvoir d’achat de la population. n

Emissions d’obligations
Peu d’appétit pour les titres libanais   

Le ministère des Finances est en passe de préparer l’opération d’émission de nouvelles obligations en livres afin d’assurer le financement de certaines dettes publiques qui viennent à échéance dans les prochains mois. La valeur de ces échéances s’élèverait à environ 2,5 milliards de dollars. Les différents rapports financiers sur le Liban font état de l’absence d’une demande sur les titres libanais sur le double plan local et international. De leur côté, les banques libanaises affichent un appétit mesuré pour la souscription aux émissions hebdomadaires des bons du Trésor, leur préférant la souscription aux certificats de dépôts en livres émis par la Banque du Liban. Ces certificats ont des dates de maturité variant entre douze et quinze ans et un taux d’intérêt d’un peu plus de 8%. Pour ce qui est de la demande sur le dollar, elle reste normale, celle d’ordre commercial étant relativement faible. Ainsi, la valeur du dollar contre la livre sur le marché de change domestique est demeurée dans la limite inférieure du taux fixé par la Banque centrale, soit entre 1 503-1 506 livres contre un dollar.

Investissements

Peut-on faire de l’argent dans un contexte morose?

Est-il possible de faire de bonnes affaires dans un contexte macroéconomique morose? La réponse est affirmative bien qu’elle ne soit pas évidente pour tous. Interrogé à ce sujet, un entrepreneur et professeur universitaire qui a requis l’anonymat a estimé qu’en dépit d’une conjoncture de ralentissement, voire de récession, vu les conditions macroéconomiques mondiales qui viennent s’ajouter à celles de la situation locale, il n’est pas dit qu’un entrepreneur n’est plus en mesure de faire prospérer son entreprise. D’après lui, il s’agirait d’ajuster quelque peu sa stratégie de gestion. C’est que la plupart des hommes d’affaires sont en même temps des fournisseurs et des clients. Il faut réfléchir loin des sentiers battus lorsqu’un entrepreneur cherche à satisfaire les besoins de ses clients et, dans le même temps, ses propres besoins en tant que client. Il y aurait à trouver un terrain commun de juste milieu où les besoins de toutes les parties prenantes seraient satisfaits. La réduction des prix des produits ou services n’est pas le seul et unique moyen. Il y aurait à gagner à être concurrentiel au niveau de la qualité et des services, du fait que la compétition est plus dure en période de vaches maigres, lorsque la demande est faible. Dans un contexte de morosité, les individus tentent de trouver de nouvelles ressources de financement de leurs dépenses et, par conséquent, les coûts de création de start-up sont à la baisse et le nombre des concurrents est à la hausse. Selon la même source, ce n’est pas parce que la demande sur un certain produit ou service est en régression que la demande n’existe plus. Si la demande sur la consommation de viande de bœuf est en recul et celle du poulet est en progression, ceci ne veut pas dire que l’entrepreneur ne devrait plus disposer de viande de bœuf dans son magasin. Il vendra moins de viande et plus de poulets. Il s’agirait donc d’ajuster le ciblage de ses produits en concordance avec les nouveaux besoins de la clientèle dans un environnement non propice aux affaires.

Liliane Mokbel

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