Magazine Le Mensuel

Nº 2948 du vendredi 9 mai 2014

Confidences Moyen-Orient

Confidences Moyen-Orient

Moussavi restera en prison
Malgré les pressions exercées par la communauté internationale, le leader de l’opposition iranienne, Mir Hossein Moussavi, détenu par les autorités iraniennes depuis 2011 sans jugement, n’est pas près d’être libéré. La justice de son pays vient de rejeter la requête présentée par l’ancien président réformateur, Mohammad Khatami. Pire encore, le procureur général Gholamhussein Mohseni Ezhei a menacé les leaders de l’opposition de centaines de procès à la suite des plaintes présentées contre eux par un grand nombre de citoyens. Le Robespierre iranien, nommé à son poste en 2009 par le camp ultraconservateur, ne semble pas vraiment impressionné par la victoire des réformateurs aux élections présidentielles de juin 2013 et promet de maintenir sa ligne dure contre ces derniers qu’il accuse d’être des agents du Grand Satan.

 

La démocratie à la koweïtienne
L’émirat du Koweït a toujours été pris pour exemple d’un système démocratique supposé être suivi par ses voisins autocratiques du Golfe. Mais la démocratie a ses limites et, l’une d’elles, est que les parlementaires n’ont pas le droit de questionner le Premier ministre qui, d’office, est membre de la famille princière. C’est ce qui a poussé, d’ailleurs, trois députés à présenter leurs démissions, après le refus du président du Parlement d’auditionner cheikh Jaber Moubarak al-Sabah, le chef du gouvernement. Une décision anticonstitutionnelle du fait qu’elle ne résulte pas d’un vote des députés, comme l’exige la loi du pays.

Moussa Abou Marzouk membre du bureau politique du Hamas palestinien, a reconnu ouvertement que son mouvement et le Fateh s’étaient réconciliés par nécessité et non pas volontairement. L’homme, connu pour ses déclarations fracassantes, a ajouté: «Le fait que nous soyons dos au mur et que nous n’ayons d’autre choix, nous a poussés à nous réconcilier». Pour la première fois, un dirigeant palestinien n’utilise pas la langue de bois pour décrire la réalité sur la scène politique palestinienne. Il fallait bien que quelqu’un le fasse! 

 

Abdallah Ocalan leader historique de la communauté kurde en Turquie, avait donné l’ordre, l’année dernière, à ses partisans de jeter les armes et de cesser de combattre l’armée turque. Il espérait ainsi un geste de remerciement de la part du Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, comme sa libération de prison ou son assignation à résidence. Il n’en fut rien. Le dirigeant turc, n’étant pas connu pour sa générosité de cœur, veut faire d’Öcalan un exemple en poussant ce dernier à reconsidérer sa position. Des sources du Parti des travailleurs du Kurdistan (le PKK) assurent que le prisonnier le plus médiatisé de l’histoire de la Turquie pourrait revoir sa position et rappeler ses combattants à reprendre les armes, constituant un échec cuisant des efforts de réconciliation entre les deux communautés.   
          
En pointillé…
A l’occasion de sa visite en Turquie, le président allemand Joachim Gauck, dont la position est honorifique, a été très sévère envers ses hôtes sur les dernières décisions prises par le gouvernement islamiste contre les libertés de la presse et l’indépendance de la justice. Dans une conférence de presse commune avec son homologue, Abdallah Gül, il a déclaré: «Nous avons posé aux autorités turques les questions que tout le monde se pose. Etaient-elles obligées de bloquer l’accès à Twitter et YouTube?». Gauck, qui évite d’habitude les questions de politique internationale, qui sont du ressort de la chancelière, a cette fois agi en coopération avec Angela Merkel, très gênée par la dérive autoritaire du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Rappelons que Berlin est considéré comme seul allié d’Ankara dans l’Union européenne.  

 

L’Egypte veut reprendre sa place
Le régime égyptien tente de se faire pardonner par l’Union africaine, qui avait mis Le Caire sur le banc de touche à la suite du coup d’Etat qui avait entraîné la destitution du président démocratiquement élu, Mohammad Morsi. Mais les militaires et les proches du candidat Abdel- Fattah el-Sissi veulent réhabiliter leur régime avant l’élection de ce dernier à la tête de l’Etat. Ceci explique la visite du Premier ministre Ibrahim Mahlab au Tchad, en Tanzanie et en Guinée équatoriale, où il a assuré que son pays n’avait pas dévié de la voie démocratique et que le peuple choisirait son nouveau président avant le début de l’été. Des observateurs ont noté que lors de cette tournée, Mahlab a demandé qu’un vote soit organisé par les pays membres de l’Union africaine, pour réadmettre l’Egypte au sein de l’organisation. Il faut rappeler que c’est le président Gamal Abdel-Nasser qui avait préconisé la création de l’Organisation de l’Union africaine en 1963.

Maroc: où est l’ambassadeur de Mauritanie?
L’absence de l’ambassadeur de Mauritanie au Maroc se fait sentir de jour en jour, car il a quitté ses fonctions depuis plus de deux ans. Le président Mohamed Ould Abdel-Aziz avait alors ordonné à son représentant de rentrer au pays en signe de protestation contre la politique du roi Mohammad VI dans le Sahara occidental. Résultat, les deux pays ont rompu leurs relations et la crise, qui devait être discrète, préoccupe désormais les politiciens dans les deux pays. Si les responsables marocains refusent de répondre aux questions des journalistes à ce sujet, Ould Abdel-Aziz a choisi, quant à lui, de nier le problème, assurant que les relations avec le Maroc sont normales.

Khartoum nie tout en bloc
Le régime du président soudanais, Omar Hassan el-Bachir, se trouve en première ligne sur plusieurs fronts chauds du continent africain, où il tient des rôles pour le moins ambigus. En effet, Khartoum soutient les Janjaweed au Darfour, attise la guerre civile au Soudan du Sud et entraîne les rebelles ougandais. Ceci explique la colère du Premier ministre de Kampala, Amama Mbabazi, qui a accusé les leaders soudanais de soutenir le criminel de guerre Joseph Kony, chef de l’Armée de Dieu. Un mouvement terroriste qui ravage tout sur son passage depuis près de vingt ans et qui a formé 30000 soldats, à majorité des enfants enlevés à leurs parents de force et rendus dépendants aux drogues dures. Kampala a déposé une plainte auprès de l’Organisation de coopération islamique contre Khartoum qui a réfuté ces accusations, prétendant même que c’était l’Ouganda qui soutenait les rebelles soudanais.      

Barzani, un vrai machiavel
Les élections parlementaires organisées dans la province du Kurdistan irakien avaient abouti à la victoire du Parti démocratique du Kurdistan, présidé par Massoud Barzani. Lors du scrutin, l’opposition avait réussi à faire une percée aux dépens du Parti de l’Union du Kurdistan, présidé par Jalal Talabani, lequel se trouve depuis de longs mois dans un état de santé critique. Traité dans un hôpital allemand, son absence sur la scène politique a lourdement pesé sur ses partisans, qui se retrouvent désormais minoritaires. Son ennemi de toujours, Barzani, a saisi l’occasion de conclure un accord avec l’opposition, permettant à cette dernière de voir l’un des siens, Youssef Mohammad Sadek, élu chef du nouveau Parlement. Fureur dans le camp Talabani qui a boycotté la séance et crié au complot.

 

Un fantôme à la tête de l’Etat
Le résultat des élections présidentielles algériennes n’a surpris personne, la machine de l’Etat était au service de la candidature de Abdel-Aziz Bouteflika, qui a assuré un quatrième mandat à la présidence du pays. Alors que le candidat a été absent pendant toute la campagne vu son état de santé, tout le monde se demandait s’il pourrait prêter serment devant la Cour constitutionnelle, une étape obligatoire pour valider son élection. D’ailleurs, c’est le seul moment où les Algériens ont pu entendre sa voix à peine audible. Quelques heures plus tard, les spéculations ont repris autour de la personnalité du vice-président qui sera nommé car, en réalité, il lui reviendra d’achever le mandat présidentiel si Bouteflika succombait à sa maladie.  

9000 enfants soldats sont impliqués dans le conflit qui déchire le nouvel Etat du Soudan du Sud. Selon les Nations unies, le camp du président Salva Kiir Mayardit et celui de son opposant Riek Machar se sont livrés à des atrocités contre les populations civiles depuis le déclenchement des hostilités, il y a près de cinq mois. Pire encore, selon l’envoyée spéciale de Ban Ki-Moon, Navi Pillay, si les belligérants ne jetaient pas les armes ou n’arrivaient pas à conclure un accord de paix, près de trois millions de personnes pourraient connaître la famine, car les combattants bloquent l’accès à l’eau et ferment les routes principales reliant les différentes régions du pays. De leur côté, les deux chefs de guerre ne semblent pas prêts à entendre la voix de la raison et se livrent à des massacres qui rappellent les atrocités commises au Rwanda il y a près de vingt ans. La communauté internationale, elle, reste muette. Jusqu’à quand?  

2 milliards de dollars est le montant des pertes subies par le gouvernement marocain, qui avait prédit la baisse du déficit budgétaire pour l’année 2014. Une projection très optimiste, puisque selon des experts financiers, le royaume connaîtra une année très difficile, vu que les revenus ne seront pas à la hauteur des espérances du cabinet de Abdel-Ilah Benkirane. Sachant que ce dernier bénéficiait, quelques mois après sa nomination à son poste, de 75% d’opinion favorable. Or, ce n’est plus le cas, puisqu’il a perdu la confiance de son peuple qui le crédite désormais de 52% d’opinion négative. La raison principale de ce retournement de situation? Le fait que le taux de chômage est à la hausse, surtout parmi les jeunes forcés de traverser la Méditerranée pour subvenir aux besoins de leurs familles sur le continent. 

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