Magazine Le Mensuel

Nº 2950 du vendredi 23 mai 2014

En Couverture

Présidentielle. «La France n’a pas de candidat»

Le fonctionnement des institutions demeure la priorité de la France qui ne s’ingère pas dans l’élection présidentielle. Le scrutin reste, selon une source informée, une affaire libanaise. «La France n’a pas de candidat. Elle accepte le choix des Libanais».
 

«Nous nous sommes réjouis de la formation du gouvernement le 15 février, qui a obtenu la confiance du Parlement et relancé l’activité politique: il y a eu deux plans de sécurité, l’un pour Tripoli, l’autre pour la Békaa, des nominations administratives et un travail de législation a été fait», précise notre source. Elle ajoute que la présidentielle serait la suite logique de ce qui s’est fait. «Si ce qui s’est passé au gouvernement peut être transposé à la présidence, ce serait très bien. Nous refusons de nous ingérer dans les formules, ceci étant une affaire entre Libanais», souligne-t-elle.
La France exprime le souhait que la Constitution soit respectée et regrette que le Parlement ne se réunisse pas normalement et que les députés n’assument pas leurs rôles. «Les Libanais ont, pour la première fois depuis longtemps, une grande marge de manœuvre pour élire eux-mêmes leur président, avec beaucoup de feux verts et une couverture internationale. Nous les encourageons à trouver une entente», déclare cette source, tout en précisant que la France n’a pas de candidat. S’exprimant sur la signification des feux verts, elle précise que lorsque le gouvernement a été formé, c’était une équation purement libanaise. «Notre souci est de privilégier les institutions. Ce n’est pas à nous de définir ce que les gens doivent faire».
La France insiste sur un minimum de cohésion intérieure concernant la sécurité, l’économie et la question des réfugiés, précisant que les Libanais doivent s’entendre sur une formule. La priorité, selon toujours la même source, est de reconstruire les institutions et sur cette base trouver le candidat pour ce faire. Elle ajoute qu’une «vacance à la tête de l’Etat» après le 25 mai ne peut pas être assimilée à un «vide institutionnel», puisque la Constitution prévoit que, le cas échéant, les fonctions présidentielles reviennent de façon intérimaire au gouvernement.

 

Neutralité bienveillante
Concernant le rapprochement irano-saoudien, la source poursuit que la France a des relations avec les deux pays et souhaite un dialogue entre eux. Mais elle précise «qu’il ne faut pas se laisser intoxiquer», les négociations entre les deux pays prendront du temps. «C’est illusoire d’attendre que l’échéance présidentielle soit réglée par ce dialogue. Il y a une neutralité bienveillante à l’égard du Liban et il faut que les Libanais saisissent cette chance».
La France estime qu’on ne peut élire un président sans consensus. Mais quoi qu’il en soit, il est difficile de faire élire un président qui ne soit pas le fruit d’un consensus avec la règle du quorum telle qu’elle a été décidée, c’est-à-dire les deux tiers de la Chambre, dans tous les cas. Paris appelle au respect de la Constitution tout en spécifiant qu’il n’appartient pas aux puissances étrangères de dire ce qui est conforme à la Constitution et ce qui ne l’est pas. «En tant qu’observateur, on peut cependant déplorer que ce ne soit pas le Conseil constitutionnel qui, au Liban, a la charge d’interpréter la Constitution», ajoute cette source, en référence à la disposition en vertu de laquelle c’est la Chambre elle-même qui est habilitée à interpréter la loi fondamentale.

Joëlle Seif

Les élections en Syrie
Concernant une éventuelle prorogation du mandat du président Michel Sleiman, toujours de source informée on souligne que Paris n’est pas en mesure de se prononcer, mais note que la Constitution ne prévoit pas une telle prorogation. Pour autant, chaque Etat a le droit d’amender sa Constitution comme il l’entend. Cette source a également exprimé le souhait que la présidentielle syrienne n’ait pas de répercussions sur le Liban. «Nous souhaitons que les Libanais décident entre eux sans attendre les échéances politiques constamment». Quant à un éventuel report de l’échéance présidentielle, la source précitée précise: «Il vaut mieux que cette élection se fasse tôt que tard».

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