Magazine Le Mensuel

Nº 2965 du vendredi 5 septembre 2014

general

Immobilier. Manque d’appétit des étrangers

Les dernières statistiques publiées sur l’industrie immobilière couvrant les sept premiers mois de 2014 montrent que le nombre de transactions a accusé une légère hausse de l’ordre de 1,06% en glissement annuel, atteignant ainsi 39 255 fin juillet 2014. Quant à la valeur totale de ces transactions, elle a progressé de 9,68% sur un an, totalisant 5,10 milliards de dollars à fin juillet 2014. Les appels à la prudence lancés par les gouvernements des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à leurs ressortissants et leurs instructions strictes d’éviter de se rendre au Liban, ainsi que l’instabilité politique et les incidents sécuritaires sont autant de facteurs qui ont fini par dissuader les Arabes d’investir dans l’immobilier libanais.
Le nombre de transactions immobilières conclues par des étrangers a plongé de 20,33% à fin juin 2014 sur un an, se fixant à 510 seulement. De plus, la part des étrangers n’a constitué que 1,46% du total des transactions conclues jusqu’à fin juin 2014, contre une part de 1,83% (594 transactions) sur la même période un an auparavant, 1,86% (650 transactions) en 2012, 1,58% (601 transactions) en 2011 et 1,89% (864 transactions) en 2010. La tendance à la baisse des transactions effectuées par des étrangers a été amorcée en 2010, à l’exception de l’année 2012 lorsque le mouvement des transactions a repris quelque peu avec l’arrivée des déplacés syriens, dopant un tant soit peu la demande. Néanmoins, le flux des investissements directs étrangers vers le Liban est demeuré hautement concentré sur le secteur de l’immobilier, avec un total de 2,83% en 2013.
Dans le même ordre d’idées, il est à noter que Beyrouth a été la région qui a souffert le plus de la baisse des investissements des étrangers. Une conséquence évidente puisqu’il faut appartenir à la classe sociale aisée pour acquérir un appartement dans la capitale. L’enquête menée par Global Property Guide a classé la capitale libanaise à la 43e position sur un total de 94 cités en termes de prix d’achat du mètre carré bâti, indiquant que ce prix est de 3 693 dollars le mètre carré pour un appartement de 120 m2. Sachant que les prix/m2 affichés à Beyrouth varient entre 1 925 et 7 647 dollars. Deux promoteurs immobiliers contactés par Magazine ont minimisé l’impact de la baisse des investissements étrangers dans le secteur, s’accordant à insister sur le fait que la prospérité de cette industrie se base principalement sur les locaux. L’un des développeurs interrogés a considéré que le placement dans l’immobilier au Liban est toujours rentable, mettant l’accent sur le fait qu’il est certainement plus rentable qu’un dépôt bancaire. Il a ajouté que ce secteur tient la route malgré les aléas de la conjoncture, à condition que le développeur choisisse le bon emplacement et, surtout, le produit adéquat mis à la vente. L’autre expert, qui a également requis l’anonymat, s’est montré moins optimiste. Il a considéré que la hausse du nombre des transactions au cours du premier semestre n’est que le résultat de l’enregistrement des titres de propriétés auprès des services du cadastre qui ont fait suite à des promesses de vente signées il y a quelques années. Il a expliqué que nombreux ont été les développeurs immobiliers à avoir ralenti le rythme de leurs travaux de construction en attendant que leur stock d’offres soit épuisé, la livraison des appartements ayant par conséquent été retardée.

 

Liliane Mokbel

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