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Nº 2982 du vendredi 2 janvier 2015

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Gouverneurs, députés, maires. Des Libanais à l’heure de l’«American Dream»

Ils ont eu la part belle aux dernières élections américaines du mi-mandat. Ces Américains d’origine libanaise, ou ces Libano-Américains, sont devenus membres ou ont été réélus dans les deux Chambres du Congrès. D’autres sont gouverneurs d’Etat, maires ou représentants locaux. Qui sont donc ces républicains convaincus et dans quels Etats sont-ils le plus présents? Tour d’horizon de Magazine de la Californie jusqu’à New York.

Depuis 2001, Darrell Issa règne en véritable maître sur le 49e district de la Californie. C’est sans doute le membre du Congrès d’origine libanaise le plus connu aux Etats-Unis. Les démocrates et l’Administration Obama ne le portent pas dans leur cœur car il est l’instigateur de plusieurs enquêtes menées contre eux. Omniprésent dans les Chambres du Congrès, il est membre du Comité judiciaire, du Comité de surveillance et de réforme du gouvernement, et celui des Affaires étrangères. C’est dans ce cadre qu’il s’est rendu plusieurs fois au Moyen-Orient. Ses racines libanaises remontent à ses grands-parents. Il n’en parle pas dans sa biographie officielle, mais il s’est montré, dans diverses occasions, intéressé par la situation au Liban. Membre de l’ATFL (American Task For Lebanon), il a même été président de cette organisation.
Autre personnalité importante en Californie, le maire d’Escondido, Sam Abed. Ce Libanais, émigré en 1987, a fait du chemin. Arrivé illégalement en Californie, il a travaillé durant douze ans dans l’ingénierie et le management et a créé sa propre entreprise familiale. De cette ascension, Abed aime beaucoup parler et, particulièrement, de ce que son pays d’adoption a fait pour lui. «L’un des jours où je me suis senti le plus fier est celui où je suis devenu citoyen de cette grande nation», reconnaît-il. Le revers de la médaille, c’est que ce républicain mène campagne sans relâche contre les immigrés. Le Los Angeles Times critique les messages très durs contre les clandestins distillés par ce migrant.
A l’instar d’Abed, son compatriote libanais Sid Saab a suivi presque le même itinéraire. Il est d’ailleurs convaincu de vivre maintenant le rêve américain. Il a quitté son pays alors qu’il était adolescent. Il a passé aux Etats-Unis douze ans dans l’illégalité avant que sa situation ne soit régularisée. Il fonde alors sa petite entreprise. Vivant, depuis, dans une petite ville du Maryland, il vient d’être élu délégué du 33e district de cet Etat.
Un peu plus au sud-est du pays, la Louisiane a eu droit, elle aussi, à un membre d’origine libanaise siégeant au Congrès. Son nom est Charles Boustany Jr. Beaucoup
ont sans doute croisé ou entendu parler de ce chirurgien, représentant du 3e district de la Louisiane, à travers une chaîne de télévision libanaise. Et pour cause, il s’est rendu plusieurs fois au Liban. Avec lui, vous pouvez parler facilement du pays des ancêtres. A maintes occasions, il s’est attardé sur son attachement à ses origines culturelles et sur ses multiples visites politiques au Liban. En 2006, durant la guerre de juillet, il a même tenté une médiation entre le gouvernement libanais et l’Etat israélien. Au Congrès, il est surtout connu pour ses positions conservatrices et son implication dans les questions de politique fiscale, d’énergie, de santé et d’assurance maladie.
A Michigan, un bastion
A Michigan, un congressman est une véritable star depuis son élection en 2010. A 32 ans, il est l’un des plus jeunes membres de la Chambre. Justin Amash est tout autant conservateur et charismatique que son concitoyen Boustany. Représentant du 3e arrondissement de Michigan, il œuvre au sein de trois comités: celui de l’économie, du budget et de surveillance et de réforme du gouvernement. Amash préside également Liberty Caucus, un groupe libertaire du Parti républicain. Il a déjà démontré plusieurs fois son indépendance en votant contre son parti beaucoup plus fréquemment que la plupart des autres membres. C’est un bon exemple pour les représentants dans les districts d’origine libanaise, tout comme ceux qui siègent auprès du tribunal, de plus en plus nombreux dans cet Etat comptant une grande partie de migrants du Liban.
L’anti-israélien Richard Hanna
A New York, Richard Hanna lutte sans merci pour la promotion d’une meilleure image du Liban. Ce fils de Libanais est représentant auprès de la Chambre du 24e district de New York. Dans sa communauté d’origine, il est surtout connu pour avoir critiqué l’intervention américaine en Irak et apporté son soutien au retrait de l’armée de ce pays. Il est, par ailleurs, célèbre pour ses critiques de la politique israélienne envers les Palestiniens. Il a apporté, récemment, son soutien à une résolution honorant la vie et l’œuvre de l’écrivain libanais Amine Rihani. D’ailleurs, avec Boustany et l’ancien membre du Congrès Nick Rahall, ils ont pesé de tout leur poids auprès de la Chambre pour faire célébrer le centenaire de la publication du premier essai de cet auteur libano-américain, Le livre de Khalid.
A l’heure où les confusions entre arabisme, libanisme et terrorisme sont nombreuses, il est bon de savoir que des membres du Congrès cherchent à défendre l’histoire et la culture libanaises.

Pauline Mouhanna, Illinois, Etats-Unis

Le juge Damon Shadid
Premier Libanais à servir comme juge à Seattle, il a été élu par 76% des voix. Cet avocat est le frère d’Anthony Shadid, deux fois lauréat du prix Pulitzer et journaliste du New York Times décédé d’une crise d’asthme en 2012, alors qu’il couvrait la guerre en Syrie. Très fier de ses origines, Damon Shadid est membre de la Middle Eastern Legal Association de Washington et de l’Arab American Community Coalition de Seattle.

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