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Nº 2982 du vendredi 2 janvier 2015

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Machu Picchu: lieu historique ou sacré? Un tourisme vers la sérénité

Dans l’une de ses œuvres les plus célèbres, le poète chilien, Pablo Neruda, chante les hauteurs de Machu Picchu: «Machu Picchu est un voyage vers la sérénité de l’âme, vers la fusion éternelle avec le cosmos, là où nous sentons notre propre fragilité. C’est l’une des plus grandes merveilles d’Amérique du Sud. Un havre de papillons à l’épicentre du grand cercle de la vie. Un miracle de plus».

Son ascension jusqu’au Machu Picchu a permis à Neruda de contempler l’un des sites les plus étonnants de la planète. En 1911, l’historien américain, Hiram Bingham, publie son livre Lost City of the Incas, qui rend ce lieu célèbre dans le monde.
La vallée sacrée de Machu Picchu, ou vieille montagne, est une ancienne cité inca au Pérou. Elle aurait été une des résidences de l’empereur Pachacútec. Cependant, la nature du lieu, la présence de quelques grandes constructions et la principale voie d’accès démontreraient que la vallée était utilisée en sanctuaire religieux. La Vallée sacrée des Incas est située au-dessus de la ville de Machu Picchu. Elle était autrefois appréciée pour ses caractéristiques géographiques et climatiques.
Machu Picchu a été abandonné dans l’effondrement de l’empire inca, il reste reconnu pour ses caractéristiques architecturales qui en ont fait l’une des destinations touristiques les plus prisées de la planète.
En 1983, le site s’inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco. Et le 7 juillet 2007, la «New Open World Foundation» le désigne une des sept nouvelles merveilles du monde.
Les ruines de Machu Picchu se trouvent à l’est de la cordillère des Andes, aux limites de la forêt amazonienne. A 2 438 mètres d’altitude, les ruines sont sur la crête entre deux sommets: le Huayna Picchu (jeune montagne) et le Machu Picchu (vieille montagne). Autour du Huayna Picchu et sur les deux côtés de la cité coule la rivière Vilcanota-Urubamba qui forme un grand arc en contrebas d’une falaise de 600 mètres.
Sur le site, 172 constructions s’étendent sur 530 mètres de long et sur 200 mètres de large. Elles ont été inclues dans le «Sanctuaire historique de Machu Picchu».
On peut y accéder à travers différents chemins de randonnée. Le village le plus proche est Aguas Calientes. Un service de bus y mène à travers la route «Hiram Bingham». Son climat est chaud et humide le jour, alors que les nuits sont généralement fraîches. Les pluies sont abondantes, tout particulièrement entre novembre et mars.
La région du Machu Picchu a été peuplée de montagnards venant de celles de Vilcabamba et de Cusco, toujours en quête de nouvelles terres cultivables. L’emplacement actuel de la ville ne présente aucune trace de constructions avant le XVe siècle.
Sous le règne de l’empereur Pachacútec, la ville était habitée par une élite religieuse et politique. Des travailleurs venus des différentes provinces de l’empire Inca assuraient le travail agricole. Mais l’insuffisance des productions imposait des importations depuis d’autres provinces.
A la mort de Pachacútec, et selon les coutumes royales incas, la ville passa à son clan qui réservait les rentes produites au culte de la momie du défunt roi. Elle a perdu peu à peu de son importance, en raison du désintérêt des empereurs qui ont succédé à Pachacútec.
La guerre civile inca entre 1531 et 1532, ainsi que l’arrivée des Espagnols à Cusco en 1534 laissèrent leurs empreintes sur Machu Picchu qui se vidait de ses activités. En 1536, avec la résistance inca dirigée par Manco Inca, les principaux nobles ont abandonné la ville. La région est dépeuplée et passe aux mains des Espagnols. Le premier chef en fut le conquistador Francisco Pizarro. Le soldat espagnol Baltasar de Ocampo décrit à la fin du XVIe siècle une cité «au sommet d’une montagne», avec des constructions «extrêmement somptueuses».
Après la consolidation du pouvoir espagnol dans les Andes centrales, Machu Picchu devient un lieu à part, éloigné des nouvelles routes et axes économiques du Pérou. Elle est ignorée par le régime colonial et le restera jusqu’en 1870, date à laquelle l’Américain Harry Singer indiqua pour la première fois sur une carte le Machu Picchu et le Huayna Picchu. Le voyageur français Charles Wiener en évoque en 1880 les ruines.
Le 14 juillet 1902, ce fut la première visite guidée organisée par Augustin Lizarraga, originaire de Cusco. Quelques années plus tard, l’historien américain Bingham est très impressionné par ces ruines. Il participa aux premières fouilles sur le site. Depuis, le sanctuaire historique de Machu Picchu est considéré comme l’une des plus grandes réalisations artistiques, architecturales et d’aménagement du territoire au monde et le plus important patrimoine matériel laissé par la civilisation inca.
En 1948, avec l’ouverture d’une route qui permet d’aller de la gare aux ruines, Machu Picchu devient le principal lieu touristique du Pérou. Mais c’est à partir de 1970 que de nouvelles générations d’archéologues, d’historiens, d’astronomes et d’anthropologues s’intéressent aux ruines et à leur passé.
En 2004, quelque 400 000 touristes visitèrent le Machu Picchu, dont les limites naturelles difficiles d’accès mettent un frein à l’expansion du tourisme.
Divisée en deux grands secteurs, la ville comprend: une zone agricole au sud, formée par un ensemble de terrasses de cultures, constructions constituées d’un mur de pierre et d’un empilement de couches de matériaux divers, sont comme de grands escaliers sur le flanc de la montagne.

 

La cité des mystères
Deux axes divisent la ville. La zone sacrée est principalement consacrée à Inti, le dieu soleil, divinité principale du panthéon inca. C’est dans cette zone que se trouvent les trésors archéologiques les plus importants: le cadran solaire ou astronomique et le temple du Soleil, consacré dans l’une des œuvres d’Hergé, Les aventures de Tintin: le temple du Soleil. Ce temple, dit aux trois fenêtres, a joué un rôle important. C’est le signe des dates des solstices du printemps, d’été et d’automne. Le soleil illumine tour à tour une fenêtre et marque un point sur le sol.
Dans le quartier des nobles se situe le Torréon ou le «Tombeau royal». Il est construit sur une grande roche. Dans la tour, se trouvent plusieurs autels sacrificiels. 142 squelettes ont été trouvés à proximité. Ce seraient, disait-on, des jeunes filles sacrifiées au culte du Soleil. Une hypothèse contestée par l’anthropologue américain John Verano qui affirmait que ces squelettes seraient répartis équitablement entre les deux sexes et auraient appartenu à des personnes de tous âges.
Toutes les constructions du Machu Picchu sont de style classique inca, avec une surface légèrement plus importante à la base qu’au sommet. L’ensemble des constructions est formé de pierres non ajustées, très irrégulières et remplies de terre entre elles.
Leur plan semble avoir la forme d’un animal. On en distingue plusieurs. La plus fréquente est celle d’un condor, les ailes déployées. Une autre étude accorde à la cité l’allure d’un oiseau vu de profil, et les deux zones sont séparées par les formes d’un caïman d’un côté et d’un serpent de l’autre.
Tous les secrets du mystérieux Machu Picchu n’ont pas encore été percés. Ainsi, son rôle dans la connaissance approfondie qu’avaient les Incas de l’astronomie et de l’acclimatation d’espèces végétales sauvages reste flou. Le Sanctuaire historique de Machu Picchu est un témoignage unique de la civilisation des Incas qui montre une répartition bien planifiée des fonctions dans l’espace, un contrôle du territoire et une organisation sociale, productive, religieuse et administrative.
Le Sanctuaire historique du lieu appartient à l’Etat et fait partie intégrante du réseau national péruvien d’aires protégées. Cité entourée de mystères, Machu Picchu est déclaré Patrimoine culturel de l’humanité. Entre la nature et la citadelle des Incas, le lieu est qualifié d’unique au monde.

Arlette Kassas

Les 3 parties de la vallée sacrée
La vallée sacrée au Pérou se divise en trois parties:
Une partie assez éloignée de Cusco, où un moyen de transport est indispensable, et constituée des sites de: Ollantaytambo, Moray, Chinchero, Salinas de Maras, Pisac, Pikilaqta et Tipon.
Une partie autour de Cusco qui peut se faire à pied est constituée des sites de Saqsaywaman, Q’enqo, Puka Pukara et Tambomachay
La troisième partie est celle de Machu Picchu.

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