Magazine Le Mensuel

Nº 2983 du vendredi 9 janvier 2015

general

The Theory of everything. D’amour et de vie

The Theory of everything est un biopic signé James Marsh autour de la vie de couple de Stephen Hawking, physicien célèbre, auteur notamment de A brief history of time. Un drame romantique qui fait passer le temps.

A quelques semaines de la course aux Oscars, les pronostics commencent à aller bon train et les films, potentiellement en liste, à être dévoilés. The Theory of everything fait partie de ceux-là, de ceux qui risquent de faire du bruit et de faire couler beaucoup d’encre. Peut-être pas pour les qualités intrinsèques du film, mais en raison essentiellement du personnage qu’il met à l’écran et qui n’est autre que Stephen Hawking, physicien, théoricien et cosmologiste britannique, connu pour ses travaux sur les trous noirs, la cosmologie quantique et ses livres de vulgarisation sur le sujet. Oui, il semble que ce serait essentiellement la raison principale qui poussera les gens dans les salles de cinéma. Parce que, mise à part la curiosité répandue de pénétrer dans l’intimité des gens, que serait-ce s’il s’agit d’une sommité comme Hawking, le film n’a vraiment rien de bien particulier, d’innovant ou d’inoubliable. Un simple drame romantique, certes basé sur une histoire vraie, celle de Stephen Hawking et de sa première femme Jane.
The Theory of everything est adapté du livre de Jane Hawking, Voyage vers l’infini, ma vie avec Stephen (Travelling to Infinity: My Life with Stephen). Selon le site Allociné, le scénariste Anthony McCarten aurait passé trois ans à la convaincre d’accepter cette adaptation, réalisée par le Britannique James Marsh, connu pour ses documentaires Man on Wire et Project Nim. C’est que le film suit une histoire personnelle plus qu’autre chose, plus qu’une quelconque approche scientifique autour des travaux de Hawking. Raison supplémentaire pour attirer tout spectateur lambda qui chercherait encore à croire en l’espoir d’une vie animée par un amour impérissable, malgré toutes les embûches de l’existence.
Et le film débute. 1963, Angleterre. Stephen est étudiant en cosmologie à l’Université de Cambridge. Dès les premières minutes, il semble se distinguer de ses camarades par son intelligence et sa détermination à donner une réponse simple et efficace au mystère de la création de l’univers. Accompagné de son ami Brian (Harry Lloyd) − la complicité qui liera ces deux compères illuminera le film à plus d’une reprise −, il se rend à une soirée entre amis-collègues. Là, comme surgie dans un monde qui lui est étranger, Jane, très touchante Felicity Jones, jeune fille à l’allure sage, accompagnée d’une amie qui lui lancera au passage: «Rien que des scientifiques à cette soirée». Le regard de Stephen croise celui de Jane. Leur idylle commence; tout pourrait porter à croire qu’il s’agit d’un conte de fées romantique et que cet amour ne fera que renforcer la carrière de Stephen.

 

Rien qu’une romance
Mais le verdict tombe, un verdict médical implacable. Agé à peine d’une vingtaine d’années, il ne lui reste plus que deux ans à vivre dans la souffrance; il est atteint d’une dystrophie neuromusculaire, plus connue sous le nom de maladie de Charcot, qui va progressivement s’attaquer à ses membres, sa motricité et son élocution, avant de le tuer. Pourtant, lui assure le médecin, son cerveau ne sera pas touché. Mais personne ne pourra comprendre ce qu’il a à dire, puisqu’il ne pourra pas parler. Si Stephen est prêt à baisser les bras, Jane, elle, est déterminée; ils saisiront ensemble chaque minute de ce temps imparti. Une déclaration qui résonne, puissante et tonnante, auprès du spectateur, et qu’on retrouvera plus loin dans le film, dans l’une de ses scènes les plus impressionnantes humainement et sentimentalement.
Pétri de bons sentiments et de romance presque trop belle pour être vraie durant la première partie, le film devient plus tendu à mesure que les minutes s’écoulent, que la dégénérescence physique du physicien s’accélère, que les premiers problèmes de couple et de vie familiale commencent à apparaître.
On pourrait redouter, l’histoire s’y prêtant aisément, que le film ne tombe dans un drame pathétique et lassant. Mais le réalisateur parvient à éviter à chaque scène particulièrement poignante toute dose de pathos, relevant bien haut son défi à ce niveau-là. La critique s’accorde en tout cas à dire que le pivot principal du film reste la prestation de ses acteurs principaux. Felicity Jones et Eddie Redmayne. Ce dernier s’est notamment fait remarquer en 2011 pour son rôle de Colin Clark qui tombe sous le charme de Marilyn Monroe dans My week with Marilyn de Simon Curtis et l’année suivante dans l’adaptation musicale des Misérables, signée Tom Hooper. Ses chances semblent actuellement fortes pour empocher l’Oscar du meilleur acteur, déjà de par sa transfiguration physique et sa préparation au rôle; il a perdu 6 kilos, s’est entraîné avec un danseur pour maîtriser son corps et a rencontré des patients souffrant de la même maladie que Stephen Hawking, tout en redoutant à chaque moment la réaction de ce dernier.
Si la prestation d’Eddie Redmayne a été souvent comparée par la critique à celle de Daniel Day Lewis dans My left foot, le film dans son entité pourrait également présenter une comparaison avec A beautiful mind de Ron Howard, mettant à l’écran Russell Crowe et Jennifer Connelly, respectivement dans le rôle du prix Nobel d’économie John Forbes Nash Jr., atteint de schizophrénie, et de sa femme. Loin d’atteindre la beauté poignante de l’Oscar du meilleur film en 2002, The Theory of everything reste, malgré tout, un film agréable à voir.

Nayla Rached

En salles la semaine prochaine.

Omar au cinéma Métropolis
Dès le 15 janvier et pour deux semaines seulement, le cinéma Métropolis projettera le film Omar de Hany Abu-Assad. Nommé pour l’Oscar du meilleur film étranger en 2014, le long métrage nous ramène en Palestine, en Cisjordanie, où vit Omar. Habitué à déjouer les balles des soldats, il franchit quotidiennement le mur qui le sépare de Nadia, la fille de ses rêves et de ses deux amis d’enfance, Tarek et Amjad. Les trois garçons ont décidé de créer leur propre cellule de résistance et sont prêts à passer à l’action. Leur première opération tourne mal. Capturé par l’armée israélienne, Omar est conduit en prison. Relâché contre la promesse d’une trahison, parviendra-t-il malgré tout à rester fidèle à ses amis, à la femme qu’il aime, à sa cause?

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