Magazine Le Mensuel

Nº 2984 du vendredi 16 janvier 2015

Confidences Liban

Confidences Liban

Optimisme mal placé
L’optimisme affiché, il y a quelques semaines par des diplomates, concernant l’imminence de l’organisation de la présidentielle était mal placé, comme ils le reconnaissent aujourd’hui. Ils avaient bâti cet espoir sur un pressentiment plutôt que sur des données tangibles. Ils admettent qu’il est impossible que cette élection ait lieu avant plusieurs mois pas avant, en tout cas, de savoir si le dialogue entre le régime syrien et l’opposition, parrainé par la Russie, va progresser pour aboutir à un rapprochement syro-américain et irano-saoudien. Les actes terroristes qui ont eu lieu récemment en France risquent de ralentir son initiative en faveur du Liban, pour le moment.

 

Les «Saraya» au cœur du dialogue
Le problème des perturbations sécuritaires dans nombre de régions menées par les Saraya de la Résistance, relevant du Hezbollah, a été soulevé par la délégation du Moustaqbal à l’occasion du dialogue à Aïn el-Tiné. Une entente a ainsi été scellée sur l’expansion du plan sécuritaire, appliqué à Tripoli et à Beyrouth, sur la région du nord de la Békaa. Le ministre de l’Intérieur, Nouhad Machnouk, qui a longuement abordé ce dossier en s’arrêtant aux raisons qui entravent l’exécution du plan dans cette zone, est sorti de la réunion plus rassuré vu l’attitude positive affichée par ses interlocuteurs.

Réfugiés: aide disproportionnée
Une étude élaborée par le Haut-Commissariat pour les réfugiés rapporte les chiffres suivants: les déplacés syriens constituent 26% des habitants du Liban, contre 9% en Jordanie, 3% en Turquie et moins de 1% en Egypte, en Irak et dans les pays de l’Afrique du Nord. Le rapport révèle, par ailleurs, que les aides internationales dont le Liban bénéficie pour subvenir aux besoins de ces réfugiés sont les plus modiques comparativement à celles octroyées à la Jordanie et à la Turquie.

La SG respecte la parité
Hommage du père Toni Khadra, responsable de l’institut Labora (chargé de l’orientation des jeunes chrétiens et de leur enrôlement dans le secteur public), à l’institution de la Sûreté générale. Le prêtre met en avant le respect de la parité et de l’équilibre communautaire au niveau du recrutement des jeunes à la SG, contrairement à la Direction des douanes où le taux de chrétiens ne dépasse pas les 24%.
Le père Khadra dévoile un projet de loi pour les Forces de sécurité intérieure (FSI) visant à promouvoir 360 sous-officiers au grade de lieutenant, dont quarante chrétiens uniquement.

Veto en vrac
Ce ne sont pas les candidats (et ils sont nombreux) qui sont à l’origine de la crise présidentielle au Liban, mais les grands veto qui frappent les présidentiables les plus importants, aurait déclaré l’ambassadeur d’une grande puissance. Il pointe du doigt la valse des veto menée par les quatre grands négociateurs. Le Futur met un veto sur le général Michel Aoun qui, à son tour, rejette toute autre candidature qui n’est pas la sienne. Le veto du Hezbollah concerne le Dr Samir Geagea qui réclame un troisième candidat tout en s’opposant à n’importe quel présidentiable du 8 mars. Le diplomate a ajouté: l’échéance présidentielle ressemble à une porte à deux battants, l’un nommé Aoun et l’autre Geagea. Tant que les deux battants ne seront pas ouverts simultanément, on ne pourra pas entrevoir qui est caché derrière la porte.

Dialogue: craintes Kataëb-Marada
Les Kataëb et les Marada n’appuient que formellement le dialogue CPL-FL en gestation. En fait, ils craignent qu’un éventuel accord entre les deux composantes chrétiennes se fasse à leur détriment. Il faut reconnaître que les Marada ont plus d’une remarque à faire sur le comportement du général Michel Aoun, alors que les appréhensions des Kataëb portent sur l’expansion du courant des FL de façon à s’ériger en premier et véritable représentant des chrétiens du 14 mars… Le dialogue bilatéral qui se prépare a renforcé la tension entre les alliés des deux camps chrétiens, surtout qu’une rencontre susceptible de donner des garanties aux quatre pôles maronites à Bkerké n’est pas au programme.
En attendant la rencontre Aoun-Geagea et les résultats qui pourraient en découler, la marge de manœuvre du président Amine Gemayel et de l’ex-ministre Sleiman Frangié est étroite. N’empêche que tout accord conclu entre les deux leaders ne résoudra pas le problème présidentiel, le règlement de ce dossier sera régionalo-international global. Parallèlement, tout rapprochement entre les Kataëb et les Marada ne modifiera en rien la carte politique et électorale chrétienne. Parce qu’il n’est pas question d’élections législatives à court terme et que la distance géographique qui sépare les deux partis ne facilite pas les choses.

Rencontre dans une salle fermée
Accueillie chaleureusement par le patriarche Béchara Raï à Bkerké, la délégation du Hezbollah a rencontré ce dernier, et à sa demande, dans une salle fermée. La visite s’est prolongée 90 minutes, alors que le salon était plein de personnalités venues exprimer leurs vœux au patriarche à l’occasion des fêtes. Mgr Raï aurait tenté de convaincre le parti chiite d’intervenir auprès du général Michel Aoun pour qu’il renonce à sa candidature, accepte un candidat de compromis et se présente aux séances consacrées à la présidentielle… Mais le Hezbollah a reconfirmé au prélat maronite qu’il appuiera jusqu’au bout la candidature de Aoun et qu’il restera à ses côtés quelle que soit l’orientation qu’il prendra.

 

Gouvernement: unanimité paralysante
Le comportement de certains ministres, éternels opposants aux décisions de la majorité, en Conseil des ministres, finit par agacer le chef du gouvernement Tammam Salam. Plusieurs parmi eux reconnaissent que c’est la patience du président Salam qui maintient le gouvernement en vie, mais ils estiment que le mécanisme appliqué qui consiste à la prise des décisions à l’unanimité des vingt-quatre ministres est contraire à l’esprit de la démocratie, du fait que c’est finalement la minorité qui prend le contrôle plutôt que la majorité.
Le problème se situe surtout, au niveau de l’ordre du jour, dans le report du débat autour de certaines clauses sur lesquelles les avis divergent.
Un ministre de l’équipe Salam se dit écœuré par la situation. L’unanimité est contraignante pour le gouvernement qui, paralysé, ne peut pas mener à bien sa mission, les institutions à l’ombre des divergences n’accomplissent pas leurs devoirs et les crises socioéconomiques s’intensifient, alors que des problèmes économiques et financiers pointent à l’horizon. Problèmes que le Liban ne pourra sans doute pas dépasser.

 

Les réflexions de Berry
Après le coup d’envoi du dialogue Hezbollah-Moustaqbal, le président Nabih Berry semble plus rassuré. Son entourage estime, en revanche, qu’il est peu satisfait de la conjoncture gouvernementale qui paralyse l’Exécutif. Il y en a, ajoute-t-on, qui cherchent à exploiter la patience du président Tammam Salam qui agit avec précaution, citant surtout la séance consacrée au dossier des déchets. Le chef de l’Assemblée demeure attaché au maintien et au renforcement du cabinet en place et il pense que le dialogue de Aïn el-Tiné contribue à la consolidation du gouvernement et de la stabilité politique à l’heure des incendies régionaux et internationaux. Par ailleurs, le président Berry développe une autre approche des relations irano-américaines basée sur des données qu’il détient. D’après lui, Washington et Téhéran se sont accordés sur le dossier nucléaire, mais l’Administration du président Barack Obama veut ménager ses citoyens après l’échec enregistré aux dernières élections du Congrès. C’est pourquoi, les négociations ont été prolongées ou, plutôt, l’annonce du règlement a été reportée. La détente sur le front sunnite-chiite et la stabilisation préparent le Liban à accompagner cette étape future.

 

L’incontournable Fayçal Karamé
Plusieurs indices politiques ont été relevés par les observateurs à Tripoli, lors des funérailles du président Omar Karamé. Le ministre Fayçal Karamé, ont-ils remarqué, a été fortement sollicité à la fois par le Moustaqbal et par le président Najib Mikati, augurant ainsi de nouvelles alliances électorales à l’étape à venir. Nul, dans le chef-lieu du Liban-Nord, ne peut plus ignorer le ministre Karamé qui, d’après les milieux de Mikati, est désormais celui qui fera pencher la balance à Tripoli. Alors que du côté de Saad Hariri, on dit que rien n’entrave une alliance avec Karamé. Des sources proches de ce dernier rapportent qu’il compte prendre une période de repos pour relire les données politiques à tête reposée avant de reprendre ses activités publiques. La participation massive de la base du Moustaqbal aux condoléances a suscité des interrogations surtout que la consigne avait été donnée par le président Hariri lui-même. De même pour l’ex-Premier ministre, Najib Mikati, qui a reçu les condoléances aux côtés des Karamé et demandé à l’association de la Détermination et de la joie qu’il préside de dépêcher une grande délégation aux funérailles.

 

Maher Hammoud dénigre les Ikhwan
Après la tentative d’assassinat ratée du cheikh Maher Hammoud à Saïda, il y a quelque dix-huit mois, les milieux takfiristes à Saïda et Aïn el-Heloué reprennent aujourd’hui leur manœuvre d’incitation contre cette personnalité sunnite en vue dans la ville. Des sources sécuritaires mettent en garde contre la dimension que pourrait prendre la participation à cette entreprise de Bassam Hammoud, responsable des Ikhwan à Saïda, et son rôle dans les attaques morales ciblant le cheikh Hammoud qui combat l’extrémisme et la division communautaire dans la ville et dans le camp. Bassam Hammoud, de concert avec le mouvement Hamas dans la région, cherche à isoler le cheikh Maher dont l’approche islamo-nationale des conjonctures syrienne et égyptienne lui déplaît. Sachant que les Ikhwan sont alliés à la Turquie qui s’oppose aux gouvernements égyptien et syrien. Le cheikh Hammoud avait dénigré la position du Hamas sur le dossier égyptien et l’implication du mouvement dans la crise syrienne dans le cadre d’une réception donnée par les «Forces de l’aube» à Saïda, ce qui a dérangé le représentant du Hamas qui s’est retiré de l’événement.

 

Querelles intestines à Amal
Règlement de la querelle interne au sein du mouvement Amal qui a eu lieu dans la bourgade de Kfarremman, proche voisine de Nabatié. Cette querelle avait opposé le député Hani Kobeissy au chef de la municipalité Kamal Ghibriss. Mais la réconciliation a fini par être scellée, preuve en est la présence de Kobeissy à la commémoration du décès du père de Ghibriss. A l’origine de la discorde, les connexions de ce dernier avec les instances supérieures de Amal, ce qui a déplu à Kobeissy qui s’est senti écarté du jeu. Les éléments armés, qui avaient occupé et vandalisé le dispensaire et le club Alrissala, étaient supposés être des sympathisants de Kobeissy, mais les sources de ce dernier ont démenti cette version… La force de Ghibriss dans son village, où il bénéficie du soutien des adeptes d’Amal, a amené Kobeissy à céder et à revenir sur sa décision d’évincer le chef de la municipalité des rangs du mouvement chiite.

 

 

 

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