Magazine Le Mensuel

Nº 2997 du vendredi 17 avril 2015

Associations

Ghassan Hajjar, entrepreneur. Apporter une pierre à l’édifice

Il œuvre dans la promotion immobilière et a choisi de courir le Marathon des sables (MDS) qui a eu lieu dans le désert marocain, du 3 au 13 avril 2015, afin de soutenir l’action de l’Afel et d’assurer 50 000 dollars à cette ONG. Défi relevé. Interview d’un battant, mais aussi d’un homme engagé. Slogan de la campagne «Une course extrême pour une cause extrême».
 

Pourquoi un entrepreneur décide-t-il de courir un marathon et de lever des fonds pour une ONG?
Je suis amateur de course à pied depuis près de deux ans. En 2014, et après avoir couru trois marathons dans la même année, j’ai proposé à l’Afel de courir un quatrième – à Beyrouth en novembre dernier – afin d’organiser une levée de fonds pour l’association. Cette action a été préparée en moins de trois semaines avec, pour objectif, de recueillir 5 000 dollars. A la fin des 42,195 km du marathon, le résultat atteint était de 12 000 dollars entièrement versés à l’ONG. Ceci m’a amené à lui proposer un projet de plus grande envergure, celui de ma participation au challenge de courir les 250 km du Marathon des sables, de lever des fonds en plaçant la barre plus haut cette fois, jusqu’à atteindre le palier de 50 000 dollars.

En quoi consiste le Marathon des sables?
Il s’agit, en fait, d’une course de 250 km étalée sur six jours en autosuffisance. Elle a lieu dans le désert marocain, à 300 km d’Ouarzazate. La notion d’autosuffisance consiste à porter ses propres affaires et ses besoins en alimentation pendant toute la durée de la course. Seule l’eau est fournie par les organisateurs, ainsi que la tente pour y passer les nuits qui séparent une étape de l’autre. Pour cette édition du MDS, les étapes étaient les suivantes: étape 1 – 36 km; étape 2 – 33 km; étape 3 – 36 km; étape 4 – 92 km; étape 5 – 42 km; étape 6 – 12 km. La nature du terrain à parcourir est hostile, composée de couches de sable très fin mais aussi de sol rocailleux, de dunes et de montagnes. J’ai participé à l’étape 4 du parcours, la plus longue. Elle était divisée en deux parties: l’une le jour et l’autre la nuit. Elle a démarré à 8h15 et s’est achevée d’un trait le lendemain à 5h45. Il y avait 1 400 participants venant de partout. J’étais le seul à représenter le Liban. 100 personnes ont abandonné la course.

Comment la levée de fonds a-t-elle été faite?
J’ai assuré tous les frais relevant de ma course. L’objectif des 50 000 dollars a été divisé en deux. 25 000 dollars ont été sollicités auprès des sponsors (entreprises, marques, groupes…), l’autre moitié étant sollicitée auprès de donateurs individuels et privés. Nous avons donc mis en place une équipe de volontaires professionnels afin de préparer, de lancer et de gérer cette campagne de levée de fonds. Elle était formée de Danièle Rizkallah, ancienne de Leo Burnett, Jessie Hélou, spécialiste en gestion des réseaux sociaux, Syma Abou Adal Kupelian, Agnès Tamraz, Joëlle Hajjar, Mireille Hajjar…

Votre slogan est très significatif: «Une course extrême pour une cause extrême»…
Le slogan a été proposé par Danièle Rizkallah dans l’idée de mettre, dans un même message simple et concis, les deux notions d’extrême qui évoquent aussi bien cette course mythique qu’est le MDS que la noble cause de l’Afel.

Parlant de l’Afel, pourquoi avez-vous décidé de soutenir précisément cette ONG?
Mon père Jean Hajjar ayant contribué à assurer des levées de fonds pour l’Afel, depuis une vingtaine d’années, il me semblait naturel d’apporter, à ma manière, une pierre à l’édifice. Il va de soi aussi qu’il m’a semblé, au-delà de la levée de fonds, que l’on pouvait accroître la visibilité de l’Afel à travers ce projet. Cette association travaille, depuis près de 40 ans, avec une discrétion quasi totale, alors que d’autres ONG, bien moins importantes et beaucoup plus récentes, sont beaucoup plus connues du grand public.

Comment les enfants ont-ils accueilli votre démarche?
Ils étaient surpris de savoir que quelqu’un qui ne les connaît pas veuille entreprendre un projet aussi «fou». Il va sans dire qu’un enfant, tel que ceux pris en charge par l’Afel, se laisserait aller à rêver d’une certaine figure du père qui ferait ce genre de sacrifices pour lui.

Comment peut-on contribuer à soutenir votre action?
Il y a un mode dit offline: verser sur le compte bancaire à la Bank Audi, Afel, ou la banque Bemo, compte AFEL-XTRM.
Quant aux sponsors, ils sont Holdal, Saradar, SGBL, Rotary, Avene, Printpack et Toyota. Toutes les informations sur le projet sont mises à jour de façon quotidienne sur le site Facebook/AFELXTRM.

Propos recueillis par Danièle Gergès

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