Magazine Le Mensuel

Nº 2998 du vendredi 24 avril 2015

Dossier

Guy Manoukian. La musique, le sport, le business

Compositeur et pianiste de renommée internationale, Guy Manoukian est un prodige de la musique. A quatre ans, il apprend le piano et à jouer de la musique classique. A six ans, il fait sa première apparition à la télévision et, à sept ans, il est invité à jouer au palais présidentiel.
 

Guy Manoukian est né dans une famille arménienne très ouverte, installée au Liban depuis 1863. Il vit ses premières années à Ras Beyrouth avant que la guerre ne pousse la famille à déménager à Aoukar. Sa mère ne parle pas arménien, mais son père tient à ce que les enfants parlent et écrivent cette langue et les inscrit dans une école arménienne. «Il y avait un grand équilibre dans notre vie. Notre famille était différente des autres familles arméniennes qui vivaient dans une ambiance exclusivement arménienne et n’avaient pas besoin d’apprendre une autre langue pour se débrouiller».
Après le brevet et avec son déménagement à Aoukar, Guy Manoukian poursuit sa scolarité à l’école Jesus and Mary. «C’était un tournant décisif dans ma vie. L’ambiance avait totalement changé, mais je n’ai pas pour autant oublié mes racines arméniennes. J’ai amené l’entraîneur de basket de mon ancienne école à Jesus and Mary». Très fier de ses origines, le compositeur musical insiste sur son identité: «Je suis libanais d’origine arménienne». Fanatique de nature selon ses dires, il se rendait tous les 24 avril à l’école, non pas pour assister aux cours, mais pour s’assurer que personne ne rentrait en classe.   

 

La passion du basket
Ce virtuose de la musique a plus d’une corde à son piano. Après la musique, Guy Manoukian a une autre grande passion qui est le basket-ball et il a joué pendant de nombreuses années en première division dans l’équipe Homentmen. «Dès que j’ai commencé à gagner de l’argent, la première chose que j’ai faite était la réhabilitation et la rénovation du stade Sofia Hagopian à Bourj Hammoud». Ce quartier arménien occupe une place très importante dans le cœur de Guy Manoukian. «Bourj Hammoud c’est toute mon enfance. Très souvent, je prenais le bus pour m’y rendre afin de me balader dans les petites ruelles, manger des spécialités arméniennes et écouter parler arménien».
Depuis trois ans, il n’a pas pu supporter de voir le club Homentmen reculer et a pris la décision de le ramener dans le cercle des clubs de première division. «Ce n’est pas seulement pour le sport que j’ai agi dans ce sens. Je ne voulais pas que les Arméniens se sentent des citoyens de seconde zone et ne puissent pas, à l’instar de tous les Libanais, se passionner pour un club ou un autre. Je voulais les impliquer et leur donner le sentiment d’appartenance à une équipe».

 

Le tour du monde  
Lorsqu’il commence à étudier le piano à l’âge de quatre ans, c’est surtout par jalousie, pour imiter ses aînés. Ensuite, c’était surtout pour plaire à ses parents. «Mes prouesses au piano me faisaient tout pardonner même un mauvais carnet et de mauvaises notes. C’était aussi devenu comme une espèce de carte de crédit grâce à laquelle j’achetais tout ce que je désirais», dit-il en souriant. A 16 ans, il donne son premier concert en solo et au lieu des 400 curieux attendus, 1 000 personnes répondent présentes. Depuis, il s’est produit au Liban, au Caire, à Dubaï, au Koweït, à Abou Dhabi, à Erevan, à Los Angeles et à Sydney.
Marié à Lara Zard Abou Jaoudé, ils ont deux garçons, Gio (5 ans) et Luca (3 ans). Reconverti aussi en entrepreneur, il fonde, avec son beau-père, la société Zardman. Mais pour ses enfants, c’est la musique qu’il veut laisser en héritage. D’ailleurs, ceux-ci sont fiers de la signature de leur père sur leurs carnets. Les études de droit qu’il a entreprises lui ont servi de base dans tout ce qu’il fait. «Chez moi, il n’y a pas de zones grises. Tout est ou blanc ou noir». Tout ce qu’il a fait contribue à améliorer la musique, qui demeure sa grande passion. Le droit lui a appris le management de la musique et le basket-ball lui a surtout inculqué le travail d’équipe et cette aptitude à déléguer. «Lorsque je joue sur scène, il y a plus de 63 personnes qui m’accompagnent et travaillent avec moi».

Joëlle Seif

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