Magazine Le Mensuel

Nº 2998 du vendredi 24 avril 2015

general

Quand le nid se vide. Tristesse, solitude, confusion

Le départ des jeunes du nid familial suscite très souvent une foule d’émotions chez les parents. Ces derniers éprouvent de la tristesse, de la confusion, de la désorientation ou encore de la solitude. Bien que la séparation soit douloureuse, il est important de garder une attitude positive et d’accepter la réalité.
 

Voir le bon côté de cette nouvelle étape de votre vie est essentiel pour s’adapter à cette séparation trop souvent inévitable. Il est conseillé aux parents de dédramatiser la situation et d’accepter la réalité. Sachez toutefois qu’il est important de garder le contact avec vos enfants et leur offrir votre soutien. Evitez surtout de leur transmettre vos angoisses et faites-leur confiance. Il faut avoir conscience que vos enfants sont devenus de jeunes adultes et que vos nouvelles relations doivent se baser sur l’écoute, la confiance et le soutien.
L’autonomie est le but de toute éducation. L’encourager à voler de ses propres ailes et lui faire confiance aidera votre enfant à devenir autonome et à aller de l’avant. Le jeune apprendra à découvrir la vie et à vivre des expériences enrichissantes. La réussite de votre enfant et la réalisation de ses désirs pourront être une satisfaction aussi bien pour vous que pour lui. Profitez de son départ pour avoir plus de temps pour vous et plus d’espace. Pensez à vous occuper de vous et de vos projets personnels. La poursuite de vos activités et de vos passions est importante. Pensez à votre couple et veillez à avoir plus d’intimité avec votre conjoint. Le départ de l’enfant est une occasion de redonner une place au couple qui se retrouve très souvent seul. Renouer des liens un peu oubliés, partager des activités ensemble ou s’interroger sur la force du couple sont autant d’actions qui pourront définir cette nouvelle étape de votre vie. Le départ des jeunes implique un réajustement. Il s’agit d’une période de changement qui peut, en revanche, avoir un côté positif. Les parents gagneront en liberté et en temps et l’enfant deviendra plus mature et plus autonome.

 Nada Jureidini
 

Trois questions au Dr Josiane Madi Skaff
Le chef du département de psychiatrie à l’Hôpital libanais-Geitaoui, le Dr Josiane Madi Skaff, répond aux questions de Magazine.

Quel est l’impact du départ des enfants sur la famille?
Tous les membres de la famille, sans exception, sont concernés par ce départ. Les familles fonctionnent comme un système. Dès qu’il y a un changement, tout le système réagit. Ce qui est étonnant, c’est que ce n’est pas uniquement les parents qui en sont affectés, mais également les frères et sœurs. Les pères, aujourd’hui, sont très présents et s’occupent davantage de leurs enfants. Ceci dit, les hommes réagissent différemment au départ de leurs enfants. Il est très rare qu’un homme manifeste sa tristesse. Il sera amené à vouloir travailler davantage, alors que la mère aura plus de facilités à exprimer ses émotions.

Quels sont les conseils que vous donnez aux parents?
Il est essentiel de se préparer au départ des enfants. Il faut, par exemple, garder une activité professionnelle ou personnelle et poursuivre ses intérêts et ses activités. Il est très important de garder son identité et son espace privé. Il faut par ailleurs préserver le couple, sachant que les enfants vont partir et il va se retrouver seul. Il faut le reconstruire dans cette période difficile. Le partage et la communication dans le couple l’aideront à y faire face. Il est primordial d’avoir des expériences et des activités ensemble en tant que famille et de maintenir ces liens privilégiés, même après le départ des enfants.

Pouvons-nous surmonter cette étape difficile?
Le départ des enfants est une période de changement. Il faut s’y préparer. C’est une séparation très douloureuse. C’est une période de transition qui, très souvent, prend plusieurs mois et, petit à petit, on s’y fait avec. Mais lorsqu’on n’arrive pas y à faire face, cela se répercute sur la santé physique et morale. On ne se sent pas bien physiquement et moralement. C’est à ce moment qu’il faut consulter un médecin de famille. Avec un bon soutien, on peut surmonter cette épreuve difficile. Sinon il est conseillé de voir un psychiatre qui recommandera alors la bonne thérapie.

Propos recueillis par N.J.

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