Magazine Le Mensuel

Nº 3000 du vendredi 8 mai 2015

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Questions à Tony Abou Khater

La bataille du Qalamoun semble proche. Quelles sont les répercussions probables sur la région de la Békaa et sur le Liban?
La bataille du Qalamoun est une affaire purement syrienne. Elle n’aurait pas dû toucher le Liban. Malheureusement, une partie libanaise armée s’ingère en Syrie, malgré les avertissements continus. De ce fait, le Liban en subira des répercussions. On a subi, par le passé, beaucoup de dommages, mais c’était une guerre contre l’ennemi et on était prêt à assumer toutes les conséquences. Aujourd’hui, c’est une guerre dans un pays frère et avec un peuple arabe qui n’est pas ennemi du Liban. La situation est différente, et on aurait souhaité n’avoir pas à vivre les répercussions qui s’annoncent.

Comment les Libanais pourront-ils limiter les conséquences de la bataille prévue?
Le début de la guerre peut être défini, mais personne ne peut prévoir les conséquences. D’ailleurs, dans toutes les guerres de la région, les donnes ont été faussées. Il n’y a plus de critères et pas de limites à ces guerres. Lorsqu’on avait opté pour la politique de distanciation, ce n’était pas pour rien. Nous sommes avec les Arabes quand ils sont d’accord, mais généralement nous payons le prix quand ils sont en désaccord. La distanciation était la meilleure politique à suivre pour ne pas payer le prix de ce qui ne nous concerne pas. Sur les frontières, l’Armée libanaise a prouvé son efficacité et elle possède les armes nécessaires pour défendre l’intérieur libanais.

Et la situation interne?
Nous vivons un statu quo depuis quelque temps. La situation est gelée. Les dialogues en cours servent à calmer le jeu au niveau interne, sans plus.

L’absence d’un président de la République sera-t-elle longue?
Comme je l’ai dit, il existe une entente internationale, régionale et interne pour calmer la situation au Liban sans plus. Donc, je ne crois pas qu’il y aura prochainement un président de la République.

Vous n’espérez pas que le dialogue entre les Forces libanaises et le Courant patriotique libre puisse aboutir à une solution à ce niveau?
Nous l’espérons bien sûr. Mais, malheureusement, l’élection n’est pas une simple affaire interne. La Constitution nous impose d’élire un président mais, jusqu’à maintenant, nous n’avons pas réussi à le faire après 22 séances. L’histoire ne sera pas clémente avec nous. Cette situation est regrettable et prouve que nous ne sommes pas adultes.

Arlette Kassas

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