Magazine Le Mensuel

Nº 3015 du vendredi 21 août 2015

Semaine politique

Diplomatie. Moscou ouvre les portes de l’Europe à Hamas

A l’occasion d’une rencontre, il y a quelques jours, de Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, avec le président du bureau politique du mouvement Hamas, Khaled Mechaal, une invitation à se rendre en Russie lui a été remise. Ce n’est pas la première, mais la quatrième, que Moscou adresse à la direction palestinienne, depuis 2005. Celle-ci  prend toutefois une importance particulière pour plusieurs raisons. Les contacts indirects, via des intermédiaires internationaux, entre Hamas et Israël coïncident avec les rumeurs sur une trêve sur le front de Gaza. A cela il faut ajouter l’action de la diplomatie russe sur plusieurs dossiers dans la région et, en priorité, le dossier syrien et les relations certaines connues et d’autres non affichées entre Hamas et des officiels européens. L’ouverture européenne sur Hamas a débuté en coulisse depuis les élections du Conseil législatif palestinien en début d’année. Les réunions officielles ou secrètes de consuls et de responsables européens venus de Jérusalem et de Tel-Aviv rencontrer des dirigeants de Hamas à Doha et à Beyrouth, ainsi que dans d’autres capitales se sont multipliées. Pour casser la décision des pays de l’ancienne Union européenne de boycotter Hamas à la mi-août de 2003 lorsque le bureau politique du mouvement était inscrit sur la liste du terrorisme. Un sondage, dont les résultats ont été publiés récemment par l’institution ICM, a démontré que la prise de conscience européenne s’est éveillée sur les événements de la région et notamment en Palestine en comparaison avec un sondage effectué par l’université de Glasgow d’Ecosse en 2004. Ainsi est apparu un changement relatif dans les positions européennes face au confit arabo-israélien et 45% de ceux qui ont été sondés étaient d’accord sur la participation du mouvement Hamas aux négociations. Les résultats de ce sondage correspondent à ceux entrepris auprès de juifs britanniques par l’institut juif de la politique dont les résultats ont donné 52% des participants qui soutiennent les négociations avec Hamas en vue d’un compromis?

Communauté
Que craignent les chiites du 14 mars?

Des personnalités chiites du 14 mars font une lecture politique de l’état de la communauté chiite, du Hezbollah et de son plan pour la prochaine étape.
Le Hezbollah, disent-elles, est confronté aux plaintes des chiites et ne trouve pas de réponses convaincantes à leurs questions. Ces murmures de mécontentement sont parvenus au commandement du parti. La nouvelle situation est due à la recrudescence des victimes, d’une part, et à une guerre d’usure, d’autre part. La tentative du Hezb et son plan de mobilisation de Baalbeck-Hermel n’ont pas réussi, obligeant la direction à abandonner son projet de former la brigade de la citadelle.
En dépit des plaintes qui parviennent aux oreilles des dirigeants de la communauté, celle-ci reste sous le contrôle du Hezbollah, du moins dans sa majorité. Alors qu’il existe une minorité chiite silencieuse ne dépassant pas les 20%. L’hégémonie du Hezbollah tient à de multiples raisons: la force armée, l’argent, les services sociaux…  Il tire son succès de sa mobilisation sur le thème d’une bataille pour  la survie. Et  son approche populaire.
Les chiites opposés au Hezb vivent dans un climat d’inquiétude sinon de franche peur. Les développements de la bataille de Ersal, telle que traitée par le Hezbollah, n’aboutiront qu’à entraîner al-Nosra dans la région. Par conséquent, placer l’armée face à une situation tragique et dans un combat direct contre les miliciens armés. Si cette situation venait à prendre cette tournure, elle sera particulièrement inquiétante.
La crainte découle des développements syriens entraînant la chute de Bachar el-Assad. Auquel cas, le Hezbollah se retournerait vers le Liban et l’Iran y deviendrait encore plus présent.
Les chiites ont peur pour eux-mêmes et craignent de devenir des cibles s’ils sont pris au piège dans leur communauté. Ces derniers craignent l’escalade intérieure voulue du fait du vice présidentiel. Ce plan peut provoquer un nouveau 6 mai et des pressions de rues contre le gouvernement.

Chaouki Achkouti

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